‹ Le trompette de M. le Prince, opéra-comique en un acteChapitre 35 sur 37 · TOUS TROIS · texte numérisé non relu

TOUS TROIS

Au repos de la France, Travaillons tous les trois î La paix vaut mieux, je pense, Que les plus beaux exploits !

Ils s'asseoient. Fabien et Goulard échangent leurs pouvoirs; Fabien, qui regarde toujours le Marquis, lui montre ceux de Goulard; le marquis approuve.

GOULARD

Il ne nous manque rien î

TABiEN, d'un air grave.

Très -bien...

LE MARQUIS, baS,

C'est en règle...

TOUS

Commençons!

Ecoutons !

LE MARQUIS, tenant les pouvoirs de Varmée royale. La garnison se rendra prisonnière !

GOULARD, bas et le poussant.

Que dis-tu donc ? Le maladroit !

LE MARQUIS

Quand on est vaincu, c'est de droit, Cher oncle !

GOULARD, bas.

Veux-tu bien te taire ?

FABIEN

On peut adoucir cet endroit !

Mettez : La garnison entière...

Sans armes, se rendra...

Dans le lieu... que l'on fixera...

Avec les honneurs de la guerre !

LE MARQUIS, à part, souriant, Ca revient au même...

52 SCENE XVlf.

GOULARD, qui a écrit sous la dictée de Fabien. Adopté !...

TOUS

Adopté Sans di/ïïculté !...

ENSEMBLE, à part.

Courage, espérance!

Cela marche au mieux!

Et j'obtiens d'avance Tout ce que je veux !

FABIEN, gravement en se levant.

Pardon... une cause secrète, Dont ma signature dépend...

GOULARD, se levant aussi. Quoi donc?

FABIEN

Fabien, ici, présent, Aujourd'hui même épousera Fanchette !...

GOULARD, souriant.

C'est presque fait!...

FABIEN, insistant.

Non pas... j'y tiens... (Au marquis.) pour vous ! GOULARD, admirant Fabien.

Quelle âme noble et grande !...

Montrant le traité.

Oui, mais cet article, entre nous, Ne saurait figurer...

LE MARQUIS, souriaut.

Si... puisqu'on le demande...

Dictant à gauche.

Et monsieur le marquis dote les deux époux... De quatre mille écus !

FABIEN, vivement.

Oh ! non...

LE MARQUIS, avec intention et se levant.

J'y tiens pour vous !

GOULARD, bas et bourrant le marquis.

Ah ! quel scandale !

Ame vénale...

SCLNK XVII. 55

On accepte ces choses-là...

Mais jamais on ne les demande!

FABiEiv, se résignant.

Puisqu'on le veut comme cela !

GOULARD, l'admirant avec entliousiasme et écrivant. Quelle àme noble et grande!...

lis se rasseoient.

TOUS

Adopté Sans difficulté !

ENSEMBLE

Courage, espérance ! etc.

LE MARQUIS, sècA^^mew^.

Les remparts de la vil'c Seront rasés...

GOULARD, se levant furieux.

Mais qu'a-t-il donc?

Donnant un coup de poing au Marquis.

Cet imbécile?...

Haut.

Un moment...

FABIEN, se levant aussi.

Permettez !...

LE MARQUIS, Se levant.

C'est le prix du pardon Des rébelles!...

GOULARD, furieux.

Morbleu !

FABIEN

De braves citoyens !

GOULARD, le remerciant.

Bien dit!...

Regardant !e Marquis de travers.

On n'est trahi que par les siens !

FABIEN, les calmant.

Nous pouvons arranger cela!...

Les fossés, on les comblera ! GOULARD, écrivant.

C'rst tics-facilo !

U SCH.Nfc:XVII.

FABIEN

Avec les murs, on bâtira De jolis faubourgs à la ville !

Ce qui Tagrandira! ...

GOULARD, qui a continué à écrire et baisant la main de Fabien, Ah! monseigneur!... Très-bien cela !

LE MARQUIS, à purt.

Ça revient au même...

FABIEN

Signons î GOULARD, signant.

Avec plaisir!...

LE MARQUIS, à part.

Nous le tenons !..- TOUS TROIS, se levant et sur le devant de la scène. Victoire complète.

Et c'est de sa main Que la paix est faite!

Je l'emporte, enfin !...

Goulard a signé le premier et a gagné la droite en se frottant les mains; au moment où il se retourne, il aperçoit le Marquis qui signe aussi. 11 se frappe le front comme étourdi d'un souvenir subit.

GOULARD, avec force.

Arrêtez 1...

FABIEN

Qu'avez-vous ?...

GOULARD, montrant le Marquis.

Fabien ne savait pas écrire !... et voilà qu'il signe couramment !

FABIEN et LE MARQUIS, à part.

Ah!... diable!...

GOULARD, voulant saisir le traité.

Donnez-moi ce papier...

LE MARQUIS, le saisissant.

Un moment!

GOULARD, voulant se jeter sur lui.

Trahison !..,

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