SCÈNE VI l
FLORA, MAC-RAZOR, JÜLIA.
JULIA
Vous n’entrerez pas.
MAC-RAZOR.
J’entrerai !... Moi et ma fille, nous entrerons.
JULIA
Quels sont vos titres pour entrer chez la reine? mac-razor, regardant Julia.
Quels sont mes litres?... il ou elle le demande?... Tiens, au fait, je n’en ai pas de titres!... et j’en suis bien aise, parce que si j’avais un titre, je le porterais... et je ne peux pas les souffrir... n’est-ce pas, ma fille?...
flora, distraite .
Oui, mon père.
mac-razor, l'imitant.
Oui, mon père!.,. Elle devient abrutie, cette enfant-là !
JULIA
Mais pourtant...
Quoi?... mon titre?... Ah!... puritain d’Écosse... cela suffit!... Va dire à ta maîtresse, serviteur ou servante du despotisme, que c’est moi, Razorl... et que ce nom lui apprendra mon caractère !... Va lui dire que si elle n’a pas vu encore un montagnard qui n’a jamais fait de concessions, elle peut s’en payer l’agrément. Et puis, comme le vent de la montagne a soufflé dans nos cheveux et nous a creusés, fais-moi servir un bouillon!
julia, à part.
Cet homme me domine... Je vais lui commander son bouillon! ( Elle sort par la droite.)
LE THONE D’ÉCOSSK ts;l
MAC-RAZOR.*
Crois-tu, ma fille, qu’ils ont convoqué les Écossais à un congrès... comme qui dirait le ban et le petit ban montagnard... et que moi seul... moi qui suis le chef des Highlanders, moi qui représente la barre de fer de l’opposition, ils ne m’ont pas seulement envoyé un billet de faire part? Aussi, je veux leur dire leur fait!... et voilà pourquoi je suis icil (Il s’arrête et regarde Flora absorbée.) Enfin, par ma vieille cornemuse! est-ce que tu ne vas pas m’écouter?... Tu es hébétée, ma fille I... As-tu des raisons?... Je n’en vois point... C’est donc à propos de bottes...
FLORA
De bottes! Vous l’avez dit, mon père, — de bottes!... Oh! ses bottes!... elles m’ont éblouie!
MAC-RAZOR.
Encore!... les bottes d’un Anglais !... Ah ! ma fille, est-ce ainsi que je t’ai dressée?
plora, pleurnichant.
Je l’aime, papa, je l’aime !... Qu’est-ce que vous voulez?... ce n’est pas de ma faute... et si vous saviez comme ça me rend poétique. Ah!...