‹ Le Trou de Conjugaison vertébral et l'Espace epiduralChapitre 30 sur 61 · I. — RADIOGRAPHIE DIRECTE DES TROUS DE CONJUGAISON · texte numérisé non relu

I. — RADIOGRAPHIE DIRECTE DES TROUS DE CONJUGAISON

La radiographie des trous de conjugaison obéit à un certain nombre de règles techniquesapplicables à toute radiographie vertébrale.

Nous les empruntons à la thèse de notre collègue Galland, faite dans ce même laboratoire (14). Bien entendu, seules les radiographies de profil ou obliques permettent d'obtenir une image directe de la région que nous étudions. Une seule exception : l’interligne des articulations apophysaires lombaires est visible en radiographie de face.

Règles techniques

1° Ilest de toute nécessité (Contremoulins) d'indiquer sur la plaque le rayon à incidence normale. Toute vue radiographique étantune perspective (perspective inversée) il n'est possible d'interpréter vne image qu'en connaissant l'angle sous lequel le rayon a frappé l’organe qui la forme.

2° La distance de l’ampoule à la plaque doit être rigoureusement la même dans tous les examens (on emploie la distance de o m. 75 au laboratoire de Necker).

3° L’immobilisation du sujet est assurée dans une attitude précise par les conformateurs quiempêchent en même temps le halo sur les bords de la plaque.

4° La qualité des rayons doit être telle que le maximum de différenciation soit obtenu avec le temps de pose minimum. Cette qualité doit être constante pour les examens successifs d'un sujet, et correspondre environ au degré 5,5 de l’échelle radiochromométrique de Benoist.

5° Le temps de pose peut être donné soit par un tableau graphique établi expérimentalement en tenant compte de l'épaisseur des tissus à traverser, soit plus facilement encore par l’utilisation d’une règle à calcul.

L'utilisation d'un écran renforçateur permet des temps de pose ne dépassant pas la minute.

Posirion A DONNER AU MALADE. — [INCIDENGCE

Données expérimentales sur les trous

de conjugaison normaux

Pour établir ces données nous avons d’abord procédé à la radiographie de face et de profil d’une colonne vertébrale prélevée sur le cadavre d'un adulte avec son surtout musculo-ligamentaire, mais en sectionnant les côtes près de leur col ; nous avons recherché pour chaque étage de la colonne vertébrale la meilleure position à donner.

Trous lombaires. — La colonne doit être strictement de profil, centrer le rayon normal, sur l’espace intervertébral à examiner. On voit bien les deux trous immédiatement, sus et sous-jacents ; si le centrage est bien fait, les deux trous de conjugaison du même espace, apparaissent concentriques le plus rapproché de la plaque étant contenu à l’intérieur de l’autre et son contour est plus clair, mais plus net. Leur forme est celle d’un haricot à grand axe vertical, le hile se trouvant à la hauteur du ménisque.

Les trous de conjugaison de l’espace sus-jacent sont légèrement décalés en hauteur, les plus rapprochés de la plaque paraissant moins élevés ? Pour les trous de conjugaison de [l'espace sous-jacent c’est l'inverse qui se produit.

Le ménisque se voit parfaitement, en clair ; l’interligne des articulations apophysaires n’est pas visible (seule une radiographie de face peut le montrer).

Les cinquième trous lombaires orientés un peu obliquement en avant, paraissent rétrécis d'avant en arrière ; il faut connaître cet aspect normal si on ne veut pas faire d’erreurs d'interprétation.

Trous dorsaux. — Mème disposition à adopter : posi-

tion latérale stricte, et centrage sur l'espace intervertébral

à examiner. Les trous apparaissent concentriques avec les

mêmes rapports l'un par rapport à l'autre qu’à la région lombaire ; leur forme est ovalaire, régulière à grand axe vertical ; le ménisque est beaucoup moins épais.

Pour voir les interlignes des apophyses articulaires il faut des rayons très pénétrants, avec un temps de pose habituel ils n'apparaissent pas.

Nous verrons plus loin que, sur le vivant, la présence des côtes et des viscères, empêche presque complètement l'exploration des trous de conjugaison dorsaux.

Trous cervicaux. — Ici une vue latérale franche ne donne rien, les trous de conjugaison sont cachés par les corps vertébraux, et leur axe regarde bien trop en avant. Il faut mettre la colonne cervicale dans un plan oblique tel que son plan sagittal fasse un angle de 35 degrés environ avec celui de la plaque. Cette rotation peut s’accomplir en rapprochant de la plaque soit la tête et la face antérieure des corps vertébraux, soit la nuque et les apophyses épineuses.

Dans le premier cas, ce sont les trous de conjugaison du côlé en contact avec la plaque qui apparaissent, c'est théoriquement la position d'image la plus nette.

Dans le deuxième cas, ce sont les trous de conjugaison du côté opposé à celui qui est en contact avec la plaque.

À cause du développement du massif facial qui empêche sur le vivant de prendre la première position, c’est la deuxième qu'il faut adopter et qui donne des résultats salisfaisants.

En présentant la colonne cervicale en posilion oblique, les épineuses rapprochées à 35 degrés de la plaque on voit parfaitement entre les lames vertébrales, les trous de conjugaison situés au-dessous du rayon normal. En effet

l’apophyse transverse de l'espace sus-jacent, légèrement oblique vers le bas, masque, en partie, l’espace qui se trouve sur le rayon normal. Il faudra donc, mettre la colonne cervicale en position oblique, centrer environ deux espaces plus haut que celui à examiner. On n'explore alors qu'une seule rangée de trous de conjugaison, celle qui est la plus éloignée de la plaque ; leur forme est ovalaire, à grand axe vertical, on ne retrouve plus la biloculation observée sur le cadavre. Les articulations apophysaires forment une colonnette osseuse continue, en arrière des trous de conjugaison. Sur elle se projettent, de plus en plus nettes en descendant, des figures d’ellipses à grand axe vertical, qui ne sont autres que les pointes des épineuses ; on ne voit pasles ménisques, cachés par les apophyses semilunaires, qui bordent le trou en avant.

Les trous de conjugaison normaux sur le vivant

Les données précédentes s'appliquent à la radiographie des sujets adultes sous deux réserves :

1° La rectitude de la tête est difficile à obtenir, et la colonne cervicale par suite d'une inclinaison latérale, ou d’une rotation légère involontaire, apparaît souvent déformée.

2° La présence de la ceinture scapulaire, des côtes et des organes thoraciques, gène beaucoup l'exploration de la région dorsale.

Les descriptions suivantes s'appliquent au sujet eu état de rectitude physiologique.

Région cervicale. — En rectitude, vue oblique, la nuque tournée de 35 degrés vers la plaque ; l'épaule correspondant au côté à observer est séparée de l'écran par un petit coussin. Les trous de conjugaison sont bien vus

du troisième au septième, ovalaires à grand axe vertical,

souvent avec un étranglement au milieu à la hauteur de. l’apophyse semi-lunaire. En arrière, la colonnette osseuse

des apophyses articulaires du mème côté est nettement segmentée par les interlignes articulaires, obliques en bas et en,arrière ; les apophyses transverses et leurs gouttières apparaissent à peine. Les épineuses se projettent sur la colonnette des articulaires en des figures elliptiques que nous avons signalées.

Pour les deux premières fentes de conjugaison, la position oblique peut être remplacée par la position transversale franche. KE . La première apparaît large, entre occipital et atlas, limitée en avant par les profils des cavités glénoïdes en forme d'ergot ; en arrière, il n’y a pas contact entre le crâne et la volumineuse apophyse épineuse de l'atlas. Ces détails ne se voient que si la tête est rigoureusement en rectitude.

La deuxième fente de conjugaison, entre les deux arcs de l’atlas et de l’axis, est telle qu'elle garde, d'avant en arrière, à peu près la même hauteur, la flexion ou l’extension de la fête n’y changent rien, ce qui convogde avec les faits observés par tous les physiologistes. Si elle se rétrécit en arrière, par inflexion de l’atlas sur l'axis, c’est 1à un signe précoce de haute valeur (Galland) du mal de Pott sous-occipital.

Région dorsale supérieure.— A partir du huitième trou de conjugaison cervical jusqu'au huitième trou de conjugaison dorsal, la radiographie a donné jusqu'ici des résultats insuffisants.

En position latérale pure, la superposition du col des côtes et de la partie postérieure de celles-ci, des deux côtés, empêche absolument toute vue sur le trou de conjugaison,

Si l'on essaie la position oblique antérieure, on se trouve

gèné par les organes thoraco-abdominaux. Cependant, chez les sujets maigres, à côtes peu ossifiées, il est possible d'observer les trous de conjugaison dorsaux. Mais comme ils sont nettement dans le plan sagittal, une vue oblique les déforme, en sorte que leur diamètre vertical apparaît trop grand vis-à-vis de l’horizontal. Par suite de l’obliquité en bas du col des côtes, il faut centrer un peu plus bas que le trou à observer. Il n’est jamais possible de voir, sur une seule plaque, plus de trois trous bien dégagés.

Région dorsale inférieure et lombaire. — Du huitième trou de conjugaison dorsal au premier lombaire seules les côtes flottantes masquent légèrement le trou de conjugaison. Une oue latérale montre habituellement bien les trous du côté le plus rapproché de la plaque ; dans la plupart des cas l'épaisseur des plans empêche ceux du côté opposé de projeter leur contour.

Ils apparaissent ovalaires à grand diamètre oblique en haut et en arrière. En arrière d'eux, l’interligne de l’articulation apophysaire apparaît nettement, presque vertical ; le rebord de sa surface articulaire inférieure fait, à la partie postérieure du trou de conjugaisun, une petite saillie coni-

que.

Dans la même position latérale, les deuxième, troisième,

quatrième, trous de conjugaison lombaires sont ceux qui se voient le mieux de toute la colonne vertébrale, à cause de leur diamètre élevé, du parallélisme de leur plan à la plaque et de l'absence de toute viscère opaque.

À grand axe vertical, ils ont la forme d'un haricot à hile tourné vers l’avant, et s'ouvrent largement vers l’espace clair qui marque le ménisque intervertébral. Nulle part celui ci n’atteint une hauteur si grande, il forme plus de la moitié du bord antérieur du trou de conjugaison. En arrière, celui-ci est limité par l'ombre sinueuse, en zigzags,

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