‹ Le trouvère = Il trovatoreChapitre 153 sur 213 · ACTE I. i · texte numérisé non relu

ACTE I. i

On peut îittendre; ^ Sois in(liilp:ent cette fois!

QUENTIN

C'est à vous de vider la place!

Et malheur à qui me menace!

Je suis homme, si je le veux, A vous tenir tête à tous deux.

LE ROI, riant.

Pàques-Dieu!... je l'en crois capable!

TRISTAN, La?.

Laissez-moi l'envoyer au diable En le faisant pendre ici près ; Mes hommes se tiennent tout prêts.

LE ROI

Non, non, la piix d'abord, et nous verrons après.

QUENTIN

Que se disent-ils & voix basse?

Allons, allons, videz la place!...

TRISTAN

Mort-Dieu!... c'est lui qui nous menace. Laissez-moi punir son audace!

REPRISE DE l'ensemble.

QUENTIN, à Tristan.

Chien discourtois, Je vais t'apprendre.

Sans plus attendre.

Les égards que tu me dois.

TRISTAN

Qui que tu sois. Sans plus attendre.

Je vais t'apprendre A mieux respecter mes lois.

LE ROI, bas, à Tristan.

Baisse la voii Et sois plus tendre, On peut attendre ; Sois indiilgent cette fois !

le ROI, se plaçant entre eux.

Doucement^ Messieurs, point de querelles, je vous prie. A Qu'oiin.) Vous avcz la tète chaude, jeune homme! Allons,

46 QUENTIN DURWAUD.

allons, laissez là votre épieu, et vous, compère, quittez cet air menaçant qui nous attirerait quelque méchante affaire. (\ Quentin.) Vous portez un costume que je reconnais et qui vient de loin.

QUENTIN, avec dédain.

Le vôtre semble annoncer un bourgeois des environs, un marchand de grains peut-être, ou quelque trafiquant d'argent.

(Tristan fait un mouvement, le roi le relient.) Quant à Cet homme, il

ressemble plutôt à un marchand de bœufs ou à un boucher.

LE ROI, souriant.

Vous ne vous trompez pas, Tami, mon métier est en effet de trafiquer sur l'argent des autres... autant que je peux, et celui de mon compère ressemble assez à ce que vous dites... Vous plairait-il maintenant de me dire votre nom?

QUENTIN

Quand on m'interroge poliment, je réponds de même: je me nomme Quentin Durward!..

Est-ce un nom de gentilhomme?

QUENTIN

Depuis quinze^générations î

LE ROI

Écossais dans l'âme! beaucoup de sang, beaucoup d'orgueil, et grande pénurie de ducats... du moins je le suppose.

QUENTIN

Il n'y a nulle honte à avouer que l'on est pauvre quand on cherche à gagner sa vie noblement. J'ai quitté nos montagnes d'Ecosse dans ce but, suivant l'usage de mes compatriotes.

LE ROI

Ce sont de braves compagnons dont je fais grand cas !..

QUENTIN

Comme eux j'ai été destiné dès mon enfance au métier des armes, et pour manier le sabre et lancer une flèche, je défierais les plus habiles. Pourtant j'ai reçu toute l'instruction qui convient à un homme de race et même plus : je sais lire, écrire, et compter.

LE ROI

Par Notre-Dame d'Embrun! tu es un vrai prodige... et nous

ACTK I. \7

ne nous f|uilterons pas saiis avoir l'ail plus ample coiuiaissanco. (a Tristau.) lùilioz là, compoiv, ditos (|un Ton me S(M've, et, an lien rPun seni eouvcrt, (ju'on en mette deux. (Trisian entre

daas le pavillou.)

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