‹ Le trouvère = Il trovatoreChapitre 178 sur 213 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

CRÈVECŒUR, seul.

Par tous les saints de la Bourgogne, vit-on jamais pareille hypocrisie! Le vieux renard! S'il remet à demain la réponse qu'il pouvait me faire sur l'heure, c'est qu'il compte endormir ma vigilance et me payer de belles paroles. Mais notre rudesse bourguignonne lui en ôtera le loisir. Pourtant ne brusquons rien. 11 sera toujours temps d'apprendre au roi Louis qui nous sommes, et à sa noblesse de quelle trempe est notre épée. (s'asseyant, et après un temps.) Les pressentiments de Charles ne l'avaient pas trompé! Enfuyant la cour de Péronne, c'est auprès du roi de France que la belle comtesse de Croye avait <^'herché un refuge. Mais pourquoi là plutôt qu'ailleurs? Y estelle venue de son plein gré ou n'a-t-eile cédé qu'aux sollicitations de l'astucieux monarque? C'est ce qu'il faut que je sache: les intérêts d'une froide politique ne m'ont pas seuls guidé! Nos souvenirs de jeunesse, le souhait de mon cœur, tout m'attirait ici, tout m'appelait vers elle !

ROMAMCE.

Elle était là... je l'ai revue Plus belle encore qu'autrefois.

Mais d'un trouble étrange, à ma voix.

Toute son âme s'est émue.

Ah! sois sans crainte, noble enfant!

De moi ne redoute aucun piège! ' C'est un ami qui te protège!

C'est un ami qui te défend !

Je touche à cette heure suprême Où mon cœur enfin doit parler !

Il est temps de lui révéler L'espoir que je cache à Dieu même!

Ah ! sois sans crainte, noble enfant!

De moi ne redoute aucun piégq!

C'est un ami qui te protège!

C'est un ami qui te défend!

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