‹ Le trouvère = Il trovatoreChapitre 180 sur 213 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

CKKVECOEUR.

Et secret !

PAVILLON

J'ajouterai furieux!., indigné !.. afTamé!.. voilà tantôt vingtquatre heures que je suis à jeun... et que j'attends une réponse qui n'arrive jamais.

CRÈVKCOEUR, à part.

Ah! ah! lui aussi!

PAVILLON

Voyons, Monsieur, mettez-vous à ma place ! vous voilà envoyé extraordinaire... comme moi... ou vous laisse tout seul... dans un coin... sans plus s'occuper de vous que d'un... comme moi, exactement !

CRÈVECŒUR, avec colère.

Eh ! Monsieur!

PAVILLON

Bon ! cela vous indigne! cela vous fait bondir!... j'en étais sûr...

CRÈVECOEUR

Plus qu'un mot... c'est un conseil que jedésire vous donner : un conseil d'ami.

PAVILLON

Ah î que je suis donc charmé de vous avoir rencontré!

CRÈVECOEUR

Vous apportez de Liège, au roi Louis, des nouvelles secrètes?

PAVILLON, baissant la voix.

Je désire que cela n'aille pas plus loin... tout est prêt !

CRÈVECŒUR

A merveille !

PAVILLON

Un mot du roi, et, en dépit de la Bourgogne, nous aurons bientôt reconquis tous nos privilèges.

CRÈVECOEUR

Eh bien ! une fois hors d'ici, prenez garde à certaine bannière aux armes du Hainaut.

PAVILLON

Celle, peut-être, de ce damné Bourguignon?

CUÉVECOEUR.

Précisément, car si ceux qui la portent voua rencontraient,

tout envoyé extraordinaire que vous soyez, ils vous pendraient sans rémission.

PAVn.LON.

Vous croyez qu'ils auraient cette audace?

CRÉVECœUR.

Ils l'auraient î

PAVILLON

Sur les terres du roi de France !

CRÈVECŒUR

Aussi vrai que je m'appelle Philippe de Crèvecœurî

PAVILLON

Ah ! (Crèvecœur sort par le fond. — Tristan est entré sur la dernière réplique.)

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