‹ Le trouvère = Il trovatoreChapitre 192 sur 213 · ACTE III. 5i · texte numérisé non relu

ACTE III. 5i

0 Dieu! quel parti dois-je prendre?

QUENTIN

Dieu ! quel parti va-t-elle prendre ?

UAMELINE

Ma nièce, il est temps de nous rendre. «

CRÈVECOEUR

Prononcez, je suis las d'attendre.

LE C H OE U R , à Isabelle.

Parlez, nous saurons vous défendre.

ISABELLE, se jetant aux pieds du roi.

J'embrasse vos genoux!

Sire, défendez-nous!

(Mouvement général; joie de Quentin; colère de Crèvecœur.) LE ROI, à Crèvecœur, en montrant Isabelle qui le supplie.

Vous l'entendez?

CREVECGEUR, prenant son casque, et le plaçant sur sa tête.

Au nom de très-puissant seigneur, Charles, duc de Bourgogne, et prince de Hollande, Comte de Luxembourg, de Gueldre et de Zélande^ Moi, comte de Cordés, Philippe Crèvecœur. A vous, roi de France Louis de Valois; Attendu vos refus de réparer l'offense Dont nous vous portons plainte une dernière fois, Ferons, dès à présent, refus de reconnaître

Toute alliance et suzeraineté.

Vous défions comme homme, et vous déclarons traître. Et pour gage, à vos pieds, notre gant est jeté! (plus prompt que tous les autres chevaliers, Quentin s'élance et ramasse 1«

gant. ) CRÈVECOEUR, à part.

C'est lui qu'elle aime!

TOUTE LA COUR

A nous, soldats de France !

De ce hardi vassal, punissons l'insolence!

ENSEMBLE

TOUTE LA COUR

Montjoie et Saint-Denis Pour châtier le traître^

Autour de notre maître.

Nous voici réunis, Montjoie et Saint-Denis !

CRÈVECCEUR ET L7S BOURGUIGNONS.

En guerre, ô roi Louis !

Au nom de notre maître Nous te déclarons traître.

Nos coeurs sont désunis.

En guerre, ô roi Louis !

LESLY, au roi.

Au nom de Notre-Dame, Déployons l'oriflamme!

CRÈVECCEUR.

Bourgogne et Saint-André!

Notre glaive est tiré!

TOUS

Qu'en leur sang A l'instant Nos épées Soient trempées.

Immolons Ces félons; Plus de trêve.

Que le glaive Frappe ici Sans merci!

LE ROI, les arrêtant du geste, et s'adressant aux chevaliers bourguignons.

Bas les armes. Messieurs !

(a toute la cour.) Et vous, faites silence l S'il nous faut d'un vassal châtier l'insolence. Et si l'épée, enfin, du fourreau doit sortir, C'est bien!... nous combattrons!...

(a Crèvecœur.) Adieu! tu peux partir!

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