SCENE PREMIÈRE
Deux Personnes s'avancent enveloppées dans leurs manteaux, Ce sont
LÉONORE et RUIZ.
RUIZj à voix batse, ind/'^uant la tour.
C'est là!... Voici la tour où, sous sa chaîne. Victime de la haine.
Le prisonnier subit sa peine.
LÉONORE
Val laisse-moi.
Ne crains rien pour moi-même, et je sauve sa tête.
Ruiz sort.
Non, plus d'elfroi !
Indiquant la bagu« qu elle porte.
La mort est là toujours certaine et prête ! — Dans cette nuit profonde, oui je suis près de toi, Mon bien aimé! — Léger zéphyre, Tendres échos, allez lui dire Que maintenant près de lui je soupire!... Brise d'amour fidèle.
Vers sa prison cruelle Emporte sur ton aile Les soupirs de mon cœur!
Sommeil, sur sa paupière Etends ta main légère, Et calme sa misère Par un rêve enchanteur.
Douce erreur !
Mon Dieu, veuillez lui taire .
L'excès de ma douleur! —
Ou eatccd 1 a cloche des morts.
CHCEUR eu deho».
Miserere !!..
Pitié pour notre frère Qui va quitter la terre !
Miserere .'/..
Des cieux bonté sublime.
Sauve un mortel de Téternel abîire I...
LÉONORE
Ces voix en prière.
Ce chant funéraire Remplissent la terre
De sombre terreur
Cette heure est maudite!
Mon âme palpite....
L^effroi qui m'agite Me brise le cœur !.,.
LE TROUVERE dans la toar.
Dieu que ma voix implore.
Fais-moi bientôt mourir!
C'est trop longtemps soutfrir,, Adieu, ma Léonore !!...