‹ Le trouvère = Il trovatoreChapitre 36 sur 213 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Un cachot; d'un côté une fenêtre grillée; au fond^ à droite une porte; une lampe à demi éteinte est suspendue à la voûte.

AZUCENA, couchée sur un grabat, LE TROUVÈRE, att»

près d elle.

Mère ! tu dors !

'^r-:.^^^-'' ..V- , AZUCEÎSA.

Sous ces voûtes de pierre, Le sommeil fuit ma brûlante paupière.

Je prie...

Ah ! par le froid, tes membres engourdis Languissent...

ACi'i^: IV. ♦?

AZUCENA.

Non, ces murs maudits, Cette tombe.

Oïl je sens que j'étouffe... ah! je veux en sortir. Car je succombe...

LE TROUVÈRE, avec désespoir.

Et comment fuir?

AZUCEIS\.

Mais non! plus de tristesse.

Mon corps résiste au fourment qui Toppresse.

LE TROUVÈRE à part.

0 douleur !

AZUCENA.

Vois si la mort, sur mon front, A mis sa froide emprelnie !

Réponds, réponds sans crainte.

Ciel!

AZUCE^A.

Ils n'auront Qu'un cadavre glacé, muet dans son suaire.

Mère!...

AZUCENA.

Écoute..., on approche..., ah! ce sont les bourreaux! On me traîne au bûcher I... Défends, défends ta mère!...

Personne... ces cachots Se taisent. . Rien!... tout dort dans le mystère...

AZUCENA, avec e'pouvante. .

Le bûcher ! le bûcher ! . . . horrible ! horrible I ! ! — Un jour^

Par des barbares ton aïeule Fut traînée au bûcher! ah! vois... la flamme seule Brille en ce noir séjour...

Vois... la victime... aux flammes on la livre. i. Fout son corps se consume... elle a cessé de vivre... 0 terreur!!!

Loin de mes yeux ce spectacle d'horreur!...

Ah! que d'un fils une tendre parole Touche ton âme et te console!

Enfin A Teffroi qui t'agite injij)09e Un frein.

Dors en paix et repose Sur mon sein.

AZUCENA.

La fatigiio à la fin m'excède j Au sommeil, malgré moi, je cède.

Mais an'k la mort je te pvéci^de !

Si le leu brille, éveille-moi !

Repose en paix dans le calme d'un songe \ Qu'un doux mensonge Plane sur t^oi!

AZUCENA^ qui s est presque assoupie.

0 ma patrie ! ô chère Espagne !

Mon fils m'emmène à ma montagne.

Et, sur sa lyre, il s'accompagne.

Chantant le soir, le jour.

Un chant d'amour.

Viens, ôma mère!

Dors près de moi !

Que ma prière Veille sur toi !

(Avucena s'endort. Le Trouvère reste à genoux auprès d'ellt*

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