‹ Le tzar Nicolas et la sainte RussieChapitre 38 sur 42 · TESTAMENT DE PIERRE I · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE PIERRE I

Le leslamont de Pierre l", dont on s'est tant occupé, et qu'on a considéré comme la formule écrite et immuable (le la pulitiquc russe au dehors, est, de Ta vis de tous ceux qui, en Russie, connaissent le^fond des choses, un document apocryphe. Les raisons qu'on en donne sont les suivantes :

Il est constant que Pi^re I*' n'a pas eu le temps .de priîparer de testament ; comptant sur sa bonne constitution, il ne prévoyait pas sa mort, et fut surpris par^lle.

2® Si ce testannent eut existé, Voltaire, qui écrivit son Histoire de Russie sur des matériaux officiels, transmis par riinpi^ratric^ Catherine elle-même, eftt fait certainement mention d une pièce aussi importante.

5^ Ce testament n'est ni dans la manière, ni dans le style de Pierre, — qui résumait tout, comme Napoléon, en quelques mots. .

4** Enfin les rapports qui existent entre ce document et les événements ultérieurs indiquent assez qu il a été fait après coup, diins un but délerminc.

AI'PEflDlCfi.

(PW 102 )

LE MOSCOVITiSME.

Les Moscovites, — Slavisnophiies et autres, — sont convaioeus que Tœttvre de Pierre I*' a été fausse, — que ce tzar, — en appelant les étrangers à gouverner intellectuel leroent', administracivement , diplomatiquement et militairement la Uussie, — a fait violence à l'esprit natioBal, paralysé le développement normal de cet esprit, et, — loin de créer une civilisation, — comme c'était son ambition §t son but, — n'a réussi qu'à établir, — par le manque d'homogénéité entre les hautes elasses et les couelles inférieures de la population, ^ deux Étais dans un seul. .— Ils prétendent reprendre le mouveiiient, au point même où il fut arrêté par le réforma leur, et rejeter radicalement, et pour toujours, le vernis oociden*

APPtISUlCE. 28%

tal, dont il recouvrit rignorance et la barbarie rus$e$t *

Ces hoamies sont les Starovieriù (vieux crovanls) de la politique.

QiKM lui 011 coûtât de se séparer de prédili clions que la nature et TeducatioD ont formées , le tzar a dù eéder à cette tendance, en répudiant partout la matière allemande, et en lui substituant la matière russe, — pure d'alliage.

Peu d iionimes publics, appartenant à la race proscrite, se sont trouvés assez forts pour résister à ce courant hostile d'opinion: Ils ont dû s'rlïaccr devant I*' inoscositisme grandissant» et si quelques-uns de leurs noms se rencontrent encore au milieu des prestiges de la faveur impériale, ils le doivent, — ou à d<?s pn'ccdents, constituant de véritables droits de nationalité, même aux yeux def plus intoléianis, — comme M. do Nesseirodc* \ — ou à une russification complète, comme, le baron Osten- Sacken, ou enfin à des services intimes, comme le génér ral Kleinmichel

' M. de Nesselrode, né sur un ÎMvire anglais, dans le port de Usbonne, est issu d'une famille noble de Westpbalie» en possession du titre de comte du saint^mpire. Son père avait pris du senrice en

Russie On :idtt, à ce propos, qu'il était le produit iVune quadruple

nlti.iiue.

* Le père de M. Kleinmichel était un berger courbnilais. Il ava«l sept pieds dobaot. — L'empereur Paul le remarqua: du pâtre, il in un soldat. Le soldat devint officier. - Daps les parades, c'est lui** qui sortait îles ran<:s pour indiquer le maniement des armes. Ses ca-

m APPENDICE

toKftAm, — par intithèie, — VwfipMmA petit llkM(niiMrfikÉi). Qaaild il mourut, on lui fit celte épitaphe :

zikiis* HBROl tnrr*,

, QZBST* IBIin I SLAVA ; on W OMWBIB TtCBSEWUN ttlIITClllT*, DIRBKT2U ?(A PKATO.

r.i-git le Ijoros, Uonueur et gloire h lui, Aux venr, dans $nn tombeau, il crie:

« Dired ion droite! »

Son tils, — le géuéi al actuel, — s'alticlia .iu conUc àiaklchéiefl, qu'ii^iuivitf eoiume aide de camp» dans les colonies militaires* A sa niort, il se posa comme l'faéritier de ses vues! Nous avons dit par qudles cireonstanees sa fortune se consolida. M. Eleinmichel dirige

aujourd'hui le minislère, en sous ordre, des voies de communication. Sa roture se cache sous un litre de comte, ei un blason, où le Uar a permis d'inscrire cette devise:

Oucerdîe wsio provomminet*.

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