h. forets d'es' Particul
sences principales.
Les chiffres relatifs à l'Algérie doivent d'autant moins être pris au pied de la lettre,que nous avons confondu les bois proprement dits avec les broussailles et les buissons ; les distinctions précises étant impossibles en pareille matière.
D'ailleurs, le passage suivant, que nous empruntons au cours d'aménagement des forêts de notre maître, M. BroUiard, caractérise bien la situation forestière de l'Algérie. Aussi le reproduisons-nous in extenso.
« L'Algérie, sur un territoire de 30 millions d'hectares, n'a guère que 2 millions d'hectares boisés. Le contingent est fourni pour plus de moitié par la province de Constantine où se trouvent principalement les futaies. Si l'on défalque de la masse 170,000 hectares de forêts de chêne- Uège concédées en toute propriété à des particuliers, 75,000 hectares abandonnés aux tribus et 1 million d'hectares dévastés par la dent des bestiaux et maintenus ainsi àl'état de broussailles, on voit que la surface produisant des arbres est tout au plus de 800,000 hectares.
Les essences les plus répandues sont le pin d'Alep, le chêne yeuse et le chêne-liège ; les plus importantes par le bois : le chêne zéen et le cèdre. Le pin d'Alep se trouve surtout sur les arrièreplateaux du Tell, et notamment dans la province d'Alger.
Le chêne yeuse est répandu avec d'autres es-
-essences aux altitudes inférieures à 1,000 mètres. La région du chêne liège est dessinée sur le littoral par les schistes cristallins ; il en reste, diton, 270,000 hectares de forêts à l'Etat. Le chêne zéen se rencontre dans toute la région du Tell ; il s'élève jusqu'à 1,500 mètres. 11 forme les massifs des Beni-Salah (Bône); des Beni-Foural (Djidjelli), de l'Ahfadour (Bougie), des Ouled- D'hia (frontière de Tunis) ; on évalue la surface des futaies de chêne zéen à 96,000 hectares. Le cèdre se rencontre sur une trentaine de mille hectares, dans les montagnes qui séparent la région intermédiaire des hauts plateaux et le Sahara, vers l'altitude de 1,500 mètres. 11 constitue les massifs de l'Aurès et du Bélezma (province de Gonstantine): et celui de Teniet-el-Had (Grand- Atlas) à rOuest de la province d'Alger. Le dernier massif est, parait-il, merveilleux.
Mais les forêts de l'Algérie sont dévastées par le feu. En douze années, de 1861 à 1873, il en a parcouru 250,000 hectares.
L'Arabe cherche à détruire, en un pays qui lui échappe, les restes des forêts, plus nécessaires ici au point de vue hydrologique que pour fournir du combustible (Brolliard).
Le produit brut des forêts de l'Algérie s'élève actuellement 600,000, àfrancs tandis que le produit net est nul.
La Tunisie récèle des forêts très importantes
sur lesquelles on ne saurait encore rien dire de précis. Une mission forestière en explore actuellement les massifs boisés.
Dans nos possessions du Oàbon on trouve les caféiers, les cacaoyers, les manguiers et les orangers ; au Sénégal, où nous possédons plus de 100 lieues de côtes, les richesses forestières sont imposantes ; mais le climat nous fait une nécessité de les conserver intactes.
Les lies Bourbon, Nossi-BéetSte-Marie, qui présentent une superficie totale de 275,000 hectares, possèdent fort peu de forêts, tandis que Mayotte fournit à notre industrie des bois de santal et d'ébène.
Cette charmante île, grande de 30,000 hectares, étale partout l'éclat d'une belle végétation. Aux pieds des monts, des bosquets de cocotiers, des touffes de bananiers, des groupes de manguiers, d'orangers et de citronniers ; sur les flancs des collines, le pignon d'Inde, le goyavier, le tamarinier et d'autres arbres exotiques.
Les possessions françaises en Amérique présentent de grandes ressources forestières.
La Guyane, dont les côtes sont plates et bordées de forêts de mangliers possède uiie étendue de 32 millions d'hectares.
Les forêts de grands arbres ne commencent guère qu'à 80 kilomètres des côtes : elles sont fort riches en bois de construction, d'ébénisterie
et de teinture ; en gommes, en résines, etc. dont on cherche actuellement à tirer parti. .
La Guadeloupe a 165,000 hectares dont 70,000 sont boisés. Les forêts y renferment de belles essences propres aux constructions navales ou à l'ébénisterie : l'acajou, l'acomat, le laurier-rose, le teck, le courbaril, le bois d'Inde et le citronnier.
La Désirade, Marie-Galante et les lies Saintes dont la superficie totale est de 20,000 hectares environ, sont également très boisées.
La Martinique, dont l'intérieur est couronné de montagnes volcanicpies, couvertes de riches forêts que les lianes rendent presque impénétrables, a lOOjOOOhectares d'étendue, et les forêts s'étendent sur un cinquième environ de son territoire. On en tire des bois de teinture et d'ébénisterie fort estimés.
L'île St-Pierre, qui est sous la neige pendant cinq mois et à travers les brumes épaisses durant cinq autres mois, ne possède d'autres arbres que de petits sapins et quelques chétifs bouleaux.
Au contraire, les deux Miquelon sont couvertes de forêts et riches en poissons et en gibiers de toutes sortes.
L'Océanie française comprend la Nouvelle-Calédonie aussi grande qu'un tiers de la France.
Les îles Marquises, Taïti, Mooréa, Oparo, Touamotou, Toubouaï et Mangareva, présen-
tent d'importantes ressources forestières pour rapprovisionnement de notre pays en bois d'ébénisterie, de teinture, de senteur et même de construction. Ces climats généi*eux produisent le bananier, l'arbre à pain, le santal, le cocotier, le figuier et l'oranger, le goyavier, le mûrier blanc et une espèce de noyer que l'on nomme Fama.
Taïti surtout est revêtue d'une végétation luxuriante et pleine de beauté.
Dans l'île des Pins, située au Sud-Est de la Nouvelle-Calédonie, on trouve de beaux cyprès colonnaires de plus de trente mètres de hauteur, et dans la Nouvelle-Calédonie on rencontre des forêts d'arbres magnifiques qui s'étendent depuis le rivage jusqu'au sommet des montagnes et pourraient fournir à la métropole les bois de travail et de construction les plus estimés, si elles étaient aménagées et soigneusement gardées.
Enfin, notre colonie française en Cochinchine possède une étendue de 6 millions d'hectares environ, et la superficie des forêts est évaluée k 800,000 hectares soit à 13, 3 pour 100 de la surface totale de la colonie.
Nous produisons annuellement en France :
12 millions de mètres cubes proviennent des bois des parti-
30 miUions \ ^^®^sde mètres eu- ^ millions, des bois des combes de bois de ^™^^chauffagedont; / ^ miUions, des bois de l'Etat.
6 millions, des arbres isolés qui occupent en France une surface \ de 1 million d*hectares environ.
La production annuelle des écorces est de 43 millions de kilos, pour les bois soumis au régime forestier.
Les bois disponibles en France présentent en moyenne une valeur annuelle de :
35 millions pour les forêts de TEtat.
200 millions ] ^ mïllîons pour les bois des de francs dont: ] communes.
100 millions pour les bois des particuliers.
n est intéressant de savoir que depuis plus de 40 ans, le revenu des forêts domaniales ne s'est pas sensiblement modifié : c'est ce que nous montre le tableau suivant :
Produit en argent des forêts
depuis 1840 jusqu'à 1880.
Années
Produits des coupes
Produits divers