S III. LA FABRICATION DE LA VANILINE
Parmi les produits accessoires des forêts, il faut citer la vaniline, comme Tun des plus curieux.
Cette matière aromatique, extraite de la sève du sapin, à Murât (Cantal), est employée dans la parfumerie et la confiserie pour remplacer la vanille. Un litre de sève n'en fournit que 10 grammes
et la forêt 'de Murât 'tout entière n'en fournit annuellement que 12 kilos.
Le procédé d'extraction en forêt est des plus simples. Pendant la période de la sève descendante, au moment où la nouvelle couche ligneuse va se former, c'est-à-dire dû l®'^ juin au 15 août, on écorce les arbres abandonnés à l'exploitation et on recueille, avec des éponges et au moyen de grattages, la sève qui est sur le point de se liquéfier ; une femme peut recueillir par jour 2 litres de sève.
Le liquide est immédiatement soumis, pendant trente minutes, à l'ébullition pour| extraire l'albumine et les matières étrangères ; puis on le fait passer dans des filtres en molleton.
Quelques jours après, on fait bouillir de nouveau jusqu'à réduction au quart du volume ; le résidu obtenu est un corps demi liquide qu'on laisse égoutter et qu'on presse fortement pour en extraire toute la partie aqueuse ; on'le sèche ensuite à feu doux ; c'est de ce corps, d'une apparence blanchâtre, qu'on extrait la vaniline, après diverses préparations faites dans le laboratoire.
Le prix de revient du kilogramme de vaniline est de 100 francs.