‹ Le vade mecum du médecin-expertChapitre 18 sur 132 · TARSE · texte numérisé non relu

TARSE

Deux

Métatarsiens

Deux doigts

Longueur totale

6 mois

à terme

Des cheveux. — Cosmétiques. — Des ongles

On noircit les cheveux avec la pommade au rnèlanocorne (axonge avec noir végétal ou animal) et avec certains réactifs (acétate de plomb, hydrogène sulfuré, sels de bismuth, nitrate d’argent). Les couleurs

claires s’obtiennent par des poudres ou des liqueurs végétales, ou encore par l’action prolongée du chlore (outre que ce dernier procédé est désagréable, les cheveux deviennent durs et cassants). Des expériences d’Orlila ont montré qu’il était possible: de rendre les cheveux noirs, quelle que soit leur couleur; de faire passer des cheveux naturellement noirs au châtain ou au blond ; de rendre à des cheveux teints leur couleur primitive.

Voici les procédés que doit employer l'expert pour décêler ces fraudes :

Four reconnaître la coloration factice des cheveux, on peut employer les procédés suivants : 1° Si les cheveux sont teints par le mélanocome, ils noircissent les doigts et le linge. Une mèche de ces cheveux étant mise dans l’eau bouillante, la graisse surnage et le charbon se précipite. 2" Si la coloration est due à la réaction de l’acide sulfhydrique sur un sel de bismuth,, on traite les cheveux par le chlore ou l’acide chlorhydrique. Au bout d'une heure, il y a décoloration, et le liquide provenant de l’opération précipite par les réactifs de sels de bismuth. 3° S'ils sont colorés par le sous-acétate de plomb, en se séchant ils deviennent d’un brun rougeâtre. On traite une mèche par l'acide chlorhydrique et le produit donne les réactions des sels de plomb. 4° Une solution de nitrate d’argent donne une couleur ordinairement violette que le chlore fait disparaître en la blanchissant immédiatement.

Des poils

En prèsenee de filaments offrant les caractères extérieurs des poils ou des cheveux, il faut se prononcer sur les questions ;

1° S'agit-il réellement de poils?

2l De poils humains ou de poils d’animaux?

3» Appartiennent-ils à un fœtus ou a un adulte?

4° A telle ou telle personne (victime ou accusé)?

5° De quelle région (face, tête, pubis, etc.)

On peut considérer dans un poil sa longueur, son épaisseur, sa forme (cheveux ou poils lisses, bouclés, frisés, crépus)sa souplesse ou sa rigidité (duvet, bourre, poils, cheveux, soies, piquants) sa couleur, sa résistance

Structure normale cl’un poil. — A. 1° Une membrane externe ou cuticule. Traitée par la potasse ou l'acide sulfurique concentré elle apparaît comme formée de lames imbriquées. Ces écailles présentent leurs bords tournés vers l'extrémité libre du poil. La direction delà dentelure du bord permet de reconnaître quel bout correspond à la racine et quel autre au sommet.

2* Substance corticale fibreuse, système de fibres longitudinales.

3° Canal médullaire contenant des cellules polyédriques.

B. A la partie inférieure du poil se trouve la racine, partie renflée.

Il faut distinguer :

1° La racine ouverte inférieurement; c’est la racine d'un poil qui n'a pas atteint le terme de son développement; sa constatation sur un poil indique que ce poil a été arraché.

2* La racine fermée inférieurement, (racine en massue) c’est la racine d’un poil qui a atteint tout son développement. On ne peut pas affirmer que ce poil n’est pas tombé de lui-même.

C. Enfin on peut trouver autour de la racine d’un poil, le follicule pileux avec ou sans ses glandes sébacées adjacentes. Bien évidemment dans ce cas le poil a été arraché.

Toute la surface du corps humain, exceptées la plante du pied et la paume de la main est couverte de poils, mais à des degrés variables de développement.

Etant donné un poil humain peut-on reconnaître s'il appartient à la tête (cheveu) à la face, à l’aisselle, au pubis?... Tout d’abord. 11 est admis généralement que tout poil qui a plus de 0"’m08 de largeur n'est pas un cheveu. Cependant M. Jaumes affirme avoir trouvé des cheveux de0““"10et même

Un caractère important est la forme de l’extrémité libre.

Un cheveu qui n’a jamais été coupé, présente une pointe conique plus ou moins fine, se fondant insensiblement avec la portion large de la tige. Sur un cheveu coupé fraîchement, ou sur un poil traité de même, et c’est là en général la caractéristique des cheveux d’homme et de la barbe, la surface de séparation est nette, transversale ou oblique, et souvent il en proèmine quelques libres corticales ou des écailles épidermiques.

Douze semaines après, la surface de séparation est encore nette; puis, peu à peu, le poil s’amincit de nouveau à son extrémité libre, mais sans atteindre jamais la fine forme primitive de la pointe.

Les longs poils du corps (aisselle, pubis, scrotum, grandes lèvres) altérés par les sécrétions et les frottements des vêtements, présentent parfois une pointe fine-

ment conique, mais le plus souvent sur la tige des dentelures irrégulières, des renflements, un éparpillement de la pointe en un pinceau de fibres.

Les courts poils colorés du corps présentent un effilement vers leurs deux extrémités. Le duvet, le lanugo se reconnaissent à leur longueur, à leur pointe fine bi ou trifurquèe.

Peut-on en présence de poils affirmer leur provenance humaine ou leur provenance animale ?

On a donné une foule de caractères distinctifs; mais en fait aucun d’eux n'est général et par conséquent suffisant.

« En réalité, les divers détails envisagés un à un isolé- « ment de la constitution du poil de l’homme et des poils « des animaux peuvent être semblables. » (Jaumes).

Les attributs spécifiques des poils des animaux peuvent manquer, revêtir des caractères humains, et inversement. On ne saurait donc trop recommander à l’expert la plus grande prudence touchant ces questions.

L’examen microscopique déterminera si l’on a affaire réellement à un poil ; s'il a été oui ou non arraché (â condition qu’il reste la racine) s’il a été coupé antérieurement, etc. Mais dans les cas de doute on ne pourra décider souvent s’il s’agit des poils d’un homme ou d’un animal. Un seul signe est certain si on le constate : on ne trouve pas chez les poils de l’homme cette forme de dentelure de la cuticule qui consiste en de véritables barbes de plume bordant les côtés du poil. Cependant très souvent, mais alors macroscopiquement on pourra déterminer en présence de poils caractéristiques (soies de porc par exemple s’ils sont d’un animal et même de quel animal.

Des ongles

Le Dr E. Villebrun dans sa thèse faite au laboratoire de médecine léga’e de Lyon et ayant pour titre : Dos ongles, leur importance en médecine judiciaire (1882) est arrivé aux conclusions suivantes :

1. Les ongles ont en médecine légale une importance qui tient soit à leurs propres caractères, soit à ceux des lésions qu’ils produisent.

IL Leur examen peut fournir au point de vue de l'identité ethnique et professionnelle des résultats tirés: 1e de leur coloration ; 2 “ des substances étrangères logées autour d’eux et sous eux ; 3" de leur excès de développement; 4e de leur usure ou de leur érosion.

III. D’après Beau, la durée d’accroissement des ongles est la même pour tous les doigts, la même pour tous les orteils. Tous les ongles des doigts croissent environ de 1 millimètre par semaine; aux orteils la croissance est quatre fois moins rapide, c’est à dire que les ongles mettent quatre semaines pour croître de 1 millimètre. En se basant sur cette loi, on arrivera à déterminer avec une grande précision la date d'une blessure unguéale qu’on soupçonne faite dans des circonstances suspectes. Des données chronologiques de même nature peuvent être tirées de l’existence sur les ongles d’autres altérations pathologiques ou de leur coloration par différentes substances.

IV Les blessures produites par les ongles ont une grande valeur en médecine légale et devront être recherchées dans tous les attentats contre les personnes. Leurs formes, des plus variées, sont absolumeni caractéristiques.

— su -

V. Dans les affaires de coups et blessures en général les traces d’ongles examinées soit sur la victime, soit sur l'agresseur, seront un excellent moyen d’arriver à déterminer les différentes circonstances d’une lutte suivie ou non de mort.

VI Dans l’asphyxie par strangulation et suffocation, parfois les lésions produites par les ongles, sans être constantes ni caractéristiques, auront dans certains cas une valeur assez grande pour entraîner des conclusions précises sur le caractère criminel ou non de la mort.

VII. Dans les attentats à la pudeur de diverse nature, la recherche des mêmes lésions sera également utile pour arriver à préciser les circonstances dans lesquelles l’acte délictueux aura été commis.

Mensurations diverses

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