III. Preuve du sang
Il faut l’employer quand la tache est trop faible pour permettre les réactions de certitude, ou quand celles-ci ont échoué, en opérant sur leurs résidus. D’abord bien essayer les réactifs. Si la tache donne la réaction, on a probablement mais non sûrement affaire à du sang. Dans le cas contraire, on peut affirmer l’absence du sang.
a — Directement. Dans un verre de montre, mettre une goutte du macéré de la tache ou un débris de son support (un fragment d’étoffe) avec quelques gouttes d’eau. Ajouter une seule goutte de teinture récente de Gaïac, puis une goutte d’essence de térébenthine. Mélanger. Après une ou deux minutes, la teinte opalescente du Gaïac passera au vert, puis au bleu.
b — par empreintes de Taglor. Appliquer sur le support de la tache, dont on a enlevé tout ce qu’on a pu, un papier blanc à (titrer mouillé, puis on traite celui-ci comme dans le paragraphe précédent.
Réaction spectrale __ 2“ Eléments du sang. — Cristaux d'Hémine
Un fragment plus riche de la tache est suspendu dans un tube de Glénard-Cazeneuve rempli d’eau. Observer avec soin les stries colorées en rose qui proviennent de sa solution.
« — Une goutte de la solution obtenue est évaporée sur une lame porte-objet après addition d’un peu de soude caustique. On calcine : odeur de corne brûlée due à l’albumine. C’est une preuve de probabilité.
b — Les cristaux d’hëmine. Une nouvelle goutte, additionnée d’une trace de chlorure de sodium, est évaporée sur une lame porte-objet. Quand le résidu est insignifiant, évaporer au même point une ou plusieurs autres gouttes, en ne dépassant pas 40\ Couvrir d’une lamelle mince et examiner au microscope pour constater l 'absence absolue de tout cristal coloré. Ajouter alors une goutte d'acide acétique glacial, chauffer lentement sur une petite flamme jusqu’à ébullition. Avant évaporation totale, ajouter une nouvelle goutte d’acide et enfin volatiliser doucement jusqu’à siccité. Examiner avec soin en tous les sens la préparation, avec un gross. de 300 à 400 diamètres. Si l'on voit plusieurs cristaux d’hémine bien caractérisés, variant du jaune au brun, on a une preuve de certitude.
Réduire la fente d’entrée de la lumière (du collimateur). Chercher avec une flamme jaune la raie D du sodium, et si l’instrument a un micromètre, on amène la division 80 sur D. Le liquide suspect doit être, sous la tranche examinée, d’une teinte rose faible (fleur de pêcher) il est préférable d'observer sur une plus grande épaisseur (tube de Biot) que de concentrer (à 40» au plus) une solution trop étendue.
a. Spectre de l’oxyhémoglobine : deux bandes striées entre D et E, la première étroite, ombrée (div. 80 à 85 du micromètre); la seconde plus large, plus claire, plus plate (95 à 105). — Ajouter quelques gouttes de sulfure ammonique récent, et bientôt les deux bandes pâlissent, disparaissent et au milieu de l'espace qu'elles occupaient, apparaît une bande unique, large, faible, peu ombrée, bande de l’hémoglobine réduite, bande de Stockes.
b. Spectre de la méthémoglobine ; se trouve dans les vieilles taches, toujours superposé au spectre de l’oxyhémoglobine : bande étroite, sombre, située entre C et D, un peu plus près. ! de C.
4° Recherche des globules roüges Réaction spectrale (suite)
c. Spectre du sang traité par le cyanure. Il est plus délicat que les précédents et réussit souvent quand ceux-ci ont échoué. Ajouter à la solution quelques gouttes d'une solution de cyanure de potassium pur Abandonner pendant deux heures; spectre ressemblant ùc elui de l’hémoglobiné réduite, bande unique, faible, plate, entre D et E (80 à 100). Ajoutei du sulfure ammonique et bientôt apparaissent deux bandes très nettes, étroites, situées la première, plus foncée et ombrée, entre D et E ; la seconde, plate et plus faible, à cheval sur E jusqu’à b.
Ces quatre spectres, pris deux par deux, sont absolument spécifiques.
d. Spectre de l’hèmatine en solution acide. Une seule bande a la limite du rouge et de l’orangé entre C et D, tout près de C.
e. Spectre de l’hématine en solution alcaline : une seule bande, plus près de la raie D et occupant presque toute l’étendue de l’orangé.
Détacher avec un scalpel des paillettes ou de la poussière de la partie la plus épaisse de la tache. La mettre à macérer dans un verre de montre couvert avec une solution froide à 30 0/0 de potasse caustique pure (liq. de Virchow); si les fragments sont très fins, on peut après une demi-heure mon- I ter des préparations avec le liquide même, sinon après deux ou trois heures seulement. Faire glisser le couvre-objet par I de petits mouvements de va et vient pour désagréger les fragments et observer dès que l’on voit les grains se résoudre en fine poussière. Ne pas insister et renouveler les essais de demi-heure en demi-heure, en cas d’insuccès.
Si la tache imprègne le tissu comme une teinture, sans céder de poussière au scalpel, il n’est pas possible d’obtenir des globules. Si non, parmi de nombreux fragments, il y en a toujours de parfaitement sphériques, discoïdes, avec dépression centrale, aptes à être mesurés.