Le vaisseau fantome
Du fil de fes beaux jours, à peine encor naifTans, Payer le refte ufé de mes jours languilfans l Pour reculer d'un pas cette tombe où j'afpire. Etouffer au berceau tout Tefpoir d'un Empire 1 Toi , qui de la nature entends fi bien la voix , Songe que, pour ton fils, elle unit tous fes droits •, Elle ouvre fa carrière aux bornes de mon être i Eft-ce à moi de furvivre à ceux que j'ai fait naître?
Mon père, la douleur nous aveugle tous deux : Eh ! pouvons-nous fauver cet enfant malheureux ? Si la fombre fureur du Tyran qui m'opprime , Cherche, en le couronnant , à parer fa vidtime. Quand vous voudrez périr, mon fils mourra-t-il
moins î — Je démêle Anténor dans {^es perfides foins. Il tremble que le tems ne dévoile fa rage j De mon fils, contre Ilus, il fe fait un otage. — O mon fils , tu vivras, même par fon fecours j Son intérêt cruel veillera lur tes jours. Et lorfqu'avec Ilus ramenant la vengeance , Nous verrons détefté ce monftre qu'on encenfej Seigneur, nous faurons bifu dérober à fes traits Cet objet innocent de fes âerniers forfaits.
TRAGÉDIE. xiji
Ah! Seigneur , qu'avec joie une fi foible main
Du meurtrier d'Azor déchireroit le fein! —
Mais c eft moi qui gémis, ôc lui fcul eft tranquille.