LK VAF.KT
VAL i: RE
Eli bien, mon garçon, le voilà embarrassé?
DORANTE
Ht il y a de quoi! Car tu ne nous connais ni l'un ni l'autre.
LUBIN
Mais si, monsieur Dorante, quand nous étions plus petits vous avez souvent joué avec moi. Avez-vous oublié le petit Lubin ?
VALÈRE
Ah ! c'est toi 1 Malepeste 1 Comme tu es grandi ! Je ne t'aurais pas reconnu.
LUBIN
Vous êtes monsieur Valère... qui vouliez toujours lutter avec moi.
VALÈRE
Et tu me tlanquais toujours par terre. ..
DORANTE
Tu nous connais maintenant! Ton choix sera facile à faire. Te souviens-tu du jour où tu t'es donné une entorse en sautant des fossés avec nous ? C'est moi qui t'ai porté jusqu'au château.
VALÈRE
Et moi qui t'ai donné un verre de malvoisie. Et te rappelles-tu du petit écu que je t'ai glissé dans ta poche ?
Tu lui as donné un petit écu ?
VALÈRE
Sans doute ! Ce n'est pas toi qui aurais fait cela. Tu tiens trop à ton argent.
DORANTE
Et toi tu n'y tiens guère; en revanche, tu ne ramasserais pas un blessé de peur de salir ton habit.
VALÈRE
Tiens 1 Ce n'est pas un crime d'aimer la propreté. J'aime mieux avoir de beaux vêtements et toujours en état. Va, Lubin, si tu me choisis, lu te feras une fortune avec ma garde robe. Quand jai mis deux fois un habit, je n'en veux plus.
DOHANTE.
Tu es prodigue et moi je suis économe. Aussi tu es toujours sans le sou.
VALÈRE
Que t'importe ! Si je n'en demande à personne. Moi, j'aime la vie large ! L'argent est fait pour être dépensé. Toi, tu couperais un liard eu (juatre.
DORANTE
Tu veux me faire passer pour avare, n'en crois pas un mot, Lubin. Avec lui, lu ne feras qu'un seul repas par mois, avec moi tu mangeras tous les jours.
VALÈRK.
Avec lui, lu crèveras de faim.
DORANTE
Avec lui, au bout de liuiL jours, vous serez aux expédients et n'aurez affaire qu'aux créanciers et aux usuriers.
VALÈRE
Les créanciers, je les mettrai à la porte.
DORANTE
C'est bon à savoir, car je ne te prêterai rien.
VALÈRE
Avec ça que j'aurais recours à loi, ce serait peine perdue !
DORANTE
Mon cher Lubin. Tu vois son caractère. Il est violent comme personne et lu en sentiras les effets tout le premier.
VALÈRE
Méfie-toi de son ton doucereux. S*il n'est pas brave en actions, il est brutal en paroles et n'a pas la moindre générosité.
DORANTE
Ah ! mais, dis donc, qui est-ce qui te prie de parler de moi ?
VALÈRE
Et toi-même ? T'ai-je demandé de me recommander ainsi.
DORANTE
Tu vovix influoncor Liibin, mais je saurai bien If faire taire.
VALÈRE
Toi ! allons donc ! Tu n'es qu'une poule mouillée.
DORANTE
Et toi, un fanfaron ! Et je ne te crains pas ! VALÈRE, pi'enant le bras de Dcranle et le menaçanl. Prends garde I
LUBiN, k part.
Ça se gâte! Ils n'ont ni l'un ni l'autre un bon caractère. Je ne suis pas leur égal pour les séparer : allons prévenir le marquis. (// sorl.)
DORANTE
Eh bien quoi ! Tu me menaces ! Tu ne me fais pas peur !
VALÈRE
Ah 1 si je n'étais pas le plus fort. (// lui lâche le hras.) Va donc ! avare !
DORANTE
Va donc ! dissipateur !
VALÈRE, le menaçanl de la main.
Si lu dis un mol !
LAchc 1