‹ Le valet; comédie en un acteChapitre 16 sur 18 · SCENE XIV LUBIN; LE MARQUIS · texte numérisé non relu

SCENE XIV LUBIN; LE MARQUIS

LUBlN.

Je n'y comprends rien ! qu'est-ce que je leur .1 fait? Pourquoi me renvoient-ils de l'un à l'autre. .) ne cherchais pas leur amitié.

LE MARQUIS

Eh bien, Lubin, comment trouves-tu mes neveu maintenant?

LUBiN.

Tout à l'opposé de ce qu'ils étaient tout à l'heur»

Tttiilôl ils s'injuriaicnl, inainl(5nant ils s'adorenl. ('/est à qui dira du bien l'un de l'autre. Chacun d'eux veut que je sois l'ami de son i'rère.

LE MARQUIS, à pari.

Je comprends l{I{aut.) Et lequel te plaît le mieux ?

LUBIN

Il me serait difficile de choisir.

LE MARQUIS

ependant, si je t'en priais...

Eh bien !..

Eh bien ?

LUBIN, hésitant.

LE MARQUIS

LUBIN

J'en choisirais un troisième qui n'est pas.de mon âge, il est vrai, mais que j'aimerais bien et à qui je serais tout dévoué ; mais il n'y faut pas songer, la conversation de tout à l'heure m'ouvre les yeux; malgré vos bontés, je suis toujours le petit pâtre, vos neveux n'oublieront jamais la ferme où je suis né, les vaches que je menais paître, mon pauvre père en ▼este de bure qui labourait les champs de monsieur

marquis. Ma place n'est pas ici, j'y souffrirais trop.

LE MARQUIS

Au contraire, mon enfant, c'est ici qu'est ta place. J'ai fait aujourd'hui une triple épreuve, elle est toute à ton avantage. Je sais tout ce que je dois à ton père, lu as bien fait de me le rappeler en venant me trou-

ver. Je n'ai pas d'enfant, veux-tu être le mien. {VaUi et Dorante écoutent à la porte du fond.)

LUBiN, se jetant dans les bras du marquis. Monsieur le marquis 1

LE MARQUIS

Donne-moi le nom de père... je le mériterai. Quant à messieurs mes neveux...

LUBIN, vivement.

Oh ! je les avais oubliés,

LE MARQUIS

Ne les plains pas I Ils sont riches et n'ont pa besoin de moi, mais jusqu'à leur majorité je leur doima protection. Demain ils partiront pour le collèg (// sort avec Lubin.)

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