I.K VALKT
LE MARQUIS
lionjour, Valère, bonjour, Dorante, Comment allezvous ce malin ?
VALÈrtE.
... L.v 11, ;..oii oncle ! Oh ! moi d'abord, je vais toujours très bien.
LE MARQUIS
Dt toi, Dorante ?
DOUANTE.
Va moi aii^^si, mon oncle,... sauf un peu d'ennui.
LE MARQUIS
De l'ennui ! Mettons-nous à table : Ça le fera passer. {Ils se mellenl à lahle^ le inarrfuis sonne, Donnni, lit,- pt)ii,' et les sert.)
LE MARQUIS, à Doraiilc.
Tu disais donc que tu avais de l'ennui ; expliquetoi, mon neveu, explique-toi. Je croyais avoir tout fait pour vous rendre la vie douce et facile, mais il paraît que je n'ai pas tout prévu.
VALÉRE
Oh ! mon oncle, nous ne vous reprochons rien, mais. . .
LE MARQUIS
Ah l toi aussi tu t'ennuies.
VALÈRE
Dame ! Ecoutez, mon oncle, la vie que nous me-
lions ici n'est pas bien gaie ! Sauf nos précepteurs, nous ne voyons personne.
LE MARQUIS
J'en conviens !
DORANTE
Nous ne sommes plus des enfants, notre instruction est terminée.
T,E MARQUIS
Vous croyez cela..,
VALÈRE
Un gentilhomme n'a pas besoin d'en savoir autant qu'un roturier ! Du reste nos professeurs n'ont plu> rien à nous apprendre.
LE MARQUIS
Ah ! Ah 1... C'est qu'ils n'en savent pas très long.
DORANTE
Mais il y a une chose que nous ne connaissons pas encore...
LE MARQUIS
Vraiment 1 vous me disiez que vous saviez tout.
VALÈRE
Ne nous plaisantez pas, mon oncle, j'en causais hier soir avec Dorante et nous étions d'avis de vou> en parler aujourd'hui.
parlez, mes chers enfants, parlez! .J'aime la fran-
-hise et quoi que vous disiez, ce que vous me demanderez sera bien accueilli.
VALÈRE
\ ous ii«* vous lâcherez pas I
LE MARQUIS
Moi I grands dieux ! me fâcher ? Ce que vous aile^ me dire est donc bien grave ?
DORANTE
Ce n'est pas grave, mais c'est délicat.
LE MARQUIS
Ah ! Et bien, pour nous mettre à l'aise, supposez que vous ne parlez pas à votre oncle, mais bien à un ami.
VALKRE.
Eh bien voici : Nous ne sommes plus des enfants: J'ai seize ans passés et Dorante a quelques mois de plus que moi... Nous sommes des hommes 1
LE MARQUIS
Hum 1 Hum ! Continuez !
VALÈRE
Nous sommes orphelins et avons de la fortune...
LE MARQUIS
De la fortune !... C'est-à-dire que vous avez quelque bien, que je tâche de vous conserver en l'augmentant.
VALKHE.
Eh bien, mon oncle, est-ce que le moment ne serait
pas venu de nous apprendre à gérer nous-mêmes notre fortune et quoique nous n'ayons pas le droit d'exiger qu'elle nous soit remise, de nous mettre à même d'en user suivant nos aspirations ?
LE MARQUIS
Si je vous comprends bien, vous avez une idée I Je vous approuve. Que voulez-vous faire ?
DORANTE, vivement.
Oh ! d'abord, mon oncle, il n'y a rien à faire ici, en province, dans un trou.
VALÈRE
Non! C'est à Paris, à Versailles, à la Cour que l'on peut faire fortune.
DORANTE
Et pour cela, il nous faut une provision et un équipage.
LE MARQUIS
Un équipage !
DORANTE
J'entends un peu d'argent d'avance et tout au moins un valet.
Voilà qui est dit I (Ils se lèvent de table.)
LE MARQUIS
Ainsi vous voulez me quitter ?
VALÈRE
Vous quitter, n'est pas le mot juste, mon oncle, nous voulons entrer dans 1m vi.'.. .lansla vie active...
Li: MAHiJLIS.
Mes enfaQls, vous ôles encore bien jeunes pour vous lancer dans le tourbillon. Vous et votre fortune, vous serez dévorés avant d'y avoir laissé une trace. Lassés d'obéir, vous voulez commander: ce n'est pas facile.
nOhANTK.
Commander l Je m'en charge !
VALÈRE
Et moi aussi !
LE MARQUIS
Kli bien, je me prêterai volontiers à cette expérience et suivant sa réussite j'agirai selon vos désirs. Laissez-moi un moment, dans un instant je vous dirai ce que j'ai résolu.