‹ Le valet; comédie en un acteChapitre 3 sur 18 · I.K VALKT · texte numérisé non relu

I.K VALKT

LE MARQUIS

lionjour, Valère, bonjour, Dorante, Comment allezvous ce malin ?

VALÈrtE.

... L.v 11, ;..oii oncle ! Oh ! moi d'abord, je vais toujours très bien.

LE MARQUIS

Dt toi, Dorante ?

DOUANTE.

Va moi aii^^si, mon oncle,... sauf un peu d'ennui.

LE MARQUIS

De l'ennui ! Mettons-nous à table : Ça le fera passer. {Ils se mellenl à lahle^ le inarrfuis sonne, Donnni, lit,- pt)ii,' et les sert.)

LE MARQUIS, à Doraiilc.

Tu disais donc que tu avais de l'ennui ; expliquetoi, mon neveu, explique-toi. Je croyais avoir tout fait pour vous rendre la vie douce et facile, mais il paraît que je n'ai pas tout prévu.

VALÉRE

Oh ! mon oncle, nous ne vous reprochons rien, mais. . .

LE MARQUIS

Ah l toi aussi tu t'ennuies.

VALÈRE

Dame ! Ecoutez, mon oncle, la vie que nous me-

lions ici n'est pas bien gaie ! Sauf nos précepteurs, nous ne voyons personne.

LE MARQUIS

J'en conviens !

DORANTE

Nous ne sommes plus des enfants, notre instruction est terminée.

T,E MARQUIS

Vous croyez cela..,

VALÈRE

Un gentilhomme n'a pas besoin d'en savoir autant qu'un roturier ! Du reste nos professeurs n'ont plu> rien à nous apprendre.

LE MARQUIS

Ah ! Ah 1... C'est qu'ils n'en savent pas très long.

DORANTE

Mais il y a une chose que nous ne connaissons pas encore...

LE MARQUIS

Vraiment 1 vous me disiez que vous saviez tout.

VALÈRE

Ne nous plaisantez pas, mon oncle, j'en causais hier soir avec Dorante et nous étions d'avis de vou> en parler aujourd'hui.

parlez, mes chers enfants, parlez! .J'aime la fran-

-hise et quoi que vous disiez, ce que vous me demanderez sera bien accueilli.

VALÈRE

\ ous ii«* vous lâcherez pas I

LE MARQUIS

Moi I grands dieux ! me fâcher ? Ce que vous aile^ me dire est donc bien grave ?

DORANTE

Ce n'est pas grave, mais c'est délicat.

LE MARQUIS

Ah ! Et bien, pour nous mettre à l'aise, supposez que vous ne parlez pas à votre oncle, mais bien à un ami.

VALKRE.

Eh bien voici : Nous ne sommes plus des enfants: J'ai seize ans passés et Dorante a quelques mois de plus que moi... Nous sommes des hommes 1

LE MARQUIS

Hum 1 Hum ! Continuez !

VALÈRE

Nous sommes orphelins et avons de la fortune...

LE MARQUIS

De la fortune !... C'est-à-dire que vous avez quelque bien, que je tâche de vous conserver en l'augmentant.

VALKHE.

Eh bien, mon oncle, est-ce que le moment ne serait

pas venu de nous apprendre à gérer nous-mêmes notre fortune et quoique nous n'ayons pas le droit d'exiger qu'elle nous soit remise, de nous mettre à même d'en user suivant nos aspirations ?

LE MARQUIS

Si je vous comprends bien, vous avez une idée I Je vous approuve. Que voulez-vous faire ?

DORANTE, vivement.

Oh ! d'abord, mon oncle, il n'y a rien à faire ici, en province, dans un trou.

VALÈRE

Non! C'est à Paris, à Versailles, à la Cour que l'on peut faire fortune.

DORANTE

Et pour cela, il nous faut une provision et un équipage.

LE MARQUIS

Un équipage !

DORANTE

J'entends un peu d'argent d'avance et tout au moins un valet.

Voilà qui est dit I (Ils se lèvent de table.)

LE MARQUIS

Ainsi vous voulez me quitter ?

VALÈRE

Vous quitter, n'est pas le mot juste, mon oncle, nous voulons entrer dans 1m vi.'.. .lansla vie active...

Li: MAHiJLIS.

Mes enfaQls, vous ôles encore bien jeunes pour vous lancer dans le tourbillon. Vous et votre fortune, vous serez dévorés avant d'y avoir laissé une trace. Lassés d'obéir, vous voulez commander: ce n'est pas facile.

nOhANTK.

Commander l Je m'en charge !

VALÈRE

Et moi aussi !

LE MARQUIS

Kli bien, je me prêterai volontiers à cette expérience et suivant sa réussite j'agirai selon vos désirs. Laissez-moi un moment, dans un instant je vous dirai ce que j'ai résolu.

Page 1