SCÈNE V DORANTE, VALERE
VALÈRE
Eh bien qu'en penses-lu ?
DORANTE
C'est un tour qu'il nous joue. 11 se moque de nous
VALl^RE.
Certainement ! Ou plutôt c'est une épreuve. Il s'est iiguré que nous n'avions pas de dignité.
DORANTE
Cen'est pas cela qui nous manque, Dieu merci I
VALÈRE
Non cerles I Et si j'avais un valet, tu verrais de quel ton je lui donnerais mes ordres.
Avec moi, il marcherait droit.
VALKRE.
11 aurait dû nous le donner huit joui\s à l'un et Imil jours à l'autre et puis juger après.
DORANTE
C'est vrai! mais je vois son idée, il a peur de fâcher Tun de nous deux et il se désintéresse.
VALÈRE
Oui ! mais c'est le monde renversé. Quelle chose guidera ce valet dans son choix ?
DORANTE
Evidemment, ce sera notre figure.
VALÈRE
Notre figure 1 notre figure ne peut rien lui dire. Sans nous ressembler, nous n'avons rien de plus particulier l'un que l'autre.
DORANTE
Tu ne supposes pas, je crois, que nous allons faire la cour à ce valet.
VALÈRE
Je suppose que nous ne lui dirons rien, ni lui ni moi, et qu'il s'en ira comme il est venu.
BORANTE.
Nous ferons mieux, quand il viendra nous sortirons.
Tu as raison ! Ne voulant pas subir i épreuve, nous ne nous exposerons pas à être éprouvés.
DORANTE
Cela blessera notre oncle, mais quoi ?
VALÈRE
Mais voilà 1 Si nous ne nous soumettons pas à la volonté «It^ notre oncle, ni toi, ni moi n'aurons de valet.
DORANTE
Ce valet était déjà une concession ! Evidemment noire oncle m'en eût donné un plus lard si je n'avais pas été choisi.
VALÈRE
\'ois tu. Dorante, nous sommes des sots si nous ne nous soumettons pas à celte épreuve, et notre oncle ne nous pardonnera pas si nous boudons contre notre ventre. Par la sambleu ! Je voudrais déjà le voir, ce valet ! S'il me choisit je lui ferais payer mon humilitflioQ.
DORANTE
Ça ne serait pas juste, puisqu'il t'aurait choisi ! Moi, je ne me vengerai pas, mais je le tiendrai ferme.
VALÈRE
Alors nous acceptons l'épreuve ?
Ou'en dis- lu ?
VALÈRE
l).'tmo '