‹ Le vampire, melodrame en trois actes, avec un prologueChapitre 5 sur 34 · BRIGITTE, SCOP, EDGAR · texte numérisé non relu

BRIGITTE, SCOP, EDGAR

biugitte.

, Mes enfans, venez vous reposer dans eette salle, et ré,ouissez-vous; notre jeune maîtresse est retrouvée, elle repose dans Son appartement.

' SCOP

Le ciel en soit loué I

BRIGITTE

Vous devei être bien fatigués !

. kdoar.

Parbleu ! après avoir battu la forêt toute la nuit

BKIGITTfi.

Voici de quoi vous rafraîchir.

SCOP

Bicnobl^^gé, c.je me se„. e,.r<,„é à tore,

d e.o,r crii do tou, cité, , Mis, A„l,r„ | „• l., ichô, . ,

nous repondaient. seuls

' lO

T-riGAR.

Il 8st surprenant , en cffi t, qu’elle ne nou« ait pas enlenàüSj à quelle keure est-elle rentrée ?

BRIGITTE

A près deux lieures , eette nuit. Il paraît qu’elle s’était égarée hier au soir , à la fin de la chasse, et que l’orage l’a surprise... elle a eniin rencontré son frère dans les envi- ' TOUS du château, et ils sont rentrés ensemble par la petite porte du parc, qui donne sur le sentier des grottes.

SCOP

Bonté du ciel ! elle s’éiait égarée près des grottes !

EnOAF.

Par St. -Georges ! il faut que cela soit , c’e9t justement la Seule partie de la foret que nous n’ayons point parcourue... cet imbécille n’a jamais voulu que nous allassions de ce coté !

SCOP

Y pensez-vous ! me préserve le ciel d’approcher la nuit de ces grottes infernales ... les grottes de StaQa! le repaire des médians esprits !

EDGAR

Oh ! le benêt ! je ne^ crois pas aux esprits, moi ! . .

SCOP

Tant pis, monsieur Edgar , tant pis, il vous en arrivera mal, demandez plutôt à Misriss Brigitte.

BRIGITTE

11 est vrai que, depuis notre arrivée dans cette île, j’ai entendu rnconter à ce sujet des choses merveilleuses.

SCOP

Dites donc efl’royables, épouvantables ! e^t-ce que vous ne saicz pas l'iiistoire de la dernière héritière de StaQa ? EDGAR , buvant.

Que lui est-il arriié à cette héritière ?

BRIGITTE, avec mystlrj.

Paix donc , si ou nous entendait.

SCOP

Ah ! vous savez donc l’histoire , vous?

• BRIGITTK.

Non. Mais sir Auhray a menacé de chasser de chez lui quiconque s’entretiendrait de ces choses surnaturelles, qu’il appelle des rêveries... cependant je ne serais pas fâchée de savoir. . .

EnoAR.

Mais, en ce moment, personne ne peut nous entendre; allons, Scop, contente la curiosité de Mistriss, dis-nous l’histoire de cette héritière.

SCOP

Je vais vous raconter ça, c'est fièrement joli, mais promettez-moi de ne pas avoir peur... oui, vous faites les’ braves, vous autres, mais moi , rien que d’y penser, ça me fait venir la chair de poule; tenez, approchez-vous, et serrez-vous bien... imaginez-vous qu’il y avait une fois une jeune fille , qui voulut tâter du mariage... celte même jeune fille était fiancée avec un jeune et riche Seigneur d’Ecosse ; les fêles du mariage étaient préparées dans co château; la veille des noces, le soir, les deux amans furent se promener dans la forêt, je ne sais pas trop pourquoi faire, mais enfin ce ne sont pas mes affaires. Tant il y a qu’ils furent st^promener bras dessus, bras dessous; ils portèrent leurs pas vers les grottes , et ils ne revinrent plus.

EDGAR

Bon !

SCOP

Plus du tout jamais ? V’ià qu’on les cherche par mer et par terre : où sont ils donc, où sont-ils donc ? et le lendtemain, qu’est-ce qu’on trouva; le corps de la jeune fille tout couvert de sang, elle avait été égorgée; quant au jeune homme, on n’en entendit plus parler depuis; il y a cent ans de cela,* et il n’a pas encore donné de ses nouvelles

^puis ce tems : c’est à cette époqué que le château de Staffa ^ est passé dans la famille de sir Aubray.

brigittk.

Âh ! mon Dieu ! savez-TOus que celte hisloire est affreuse !

EDGAR

Ces esprils-là étaient, je crois, d'adcord .nvec les ancêtres de sir Aubray , pôur leur, faire avoir ce riche héritage.

seor. '

Dame, il y a cent ans que cela est arrivé, vous penser bien que je n’y étais pas; mais le grand oncle de mon grand père le tenait du grand père de ma grand’ mère, ainsi c’est sûr. Si ça avait étéle s héritiers qui eussent fait un tour comme ça, on l’aurait su : mais dites plutôt que c’étaient de* ces esprits horribles qui font périr les jeunes fiancées , et qu’on appelle des vampires.

Edgar.

Sottises que tout cela.

BRIGITTE

Ah ! mon Dieu ! des Vampires, des jeunes fiancées. • . à quels dangers me suis-je donc exposée... que j’étais imprudente !

SCOP

Comment cela, Mistriss?

BRIGITTE

L’autre jour, n’ai-je pas eu la curiosité de visiter cette grotte, et la témérité de la parcourir, accompagnée du seul intendant ? je ne m'étonne plus si j’éprouvais sous ces voûtes sombres, une certaine émotion.

SCOP, naïvement.

Allez, Mistriss, vous ne risquez rien, vous; ces esprits n’en veulent qu^ux jeunes filles.

BRIGITTE

Vous êtes très peu galant, M. Scop ; mais je m’oublie en causant avec vous, si notre maître, savait que nous nous

intrelenons de ces choses-Ià , il entrerait dans une furieuse • '

colère! Si j’apprends, me disait-il, encore l’autre jour, que lu oses répéter à ma sœurdes contes ridicules que tu entends dans ce pays, je le chasserai sur l'heure.

' acop.

Gardons-nous bien d’en parler tout hayt.

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