‹ Le Var Supérieur: Étude de Géographie PhysiqueChapitre 23 sur 61 · BERTRAND, 3, p · texte numérisé non relu

BERTRAND, 3, p

2. Ce fut le cas pour l’anticlinal du Mont Gourdan-Mont Vial, d'après le gisement tertiaire voisin de La Penne (BerrraxD, p. 186).

tendres comme les marnes. infracrétacées ou jurassiques. Que leur travail eût été plus ou moins complètement préparé par les mers tertiaires, les cours d’eau qui descendaient vers les rivières conséquentes logées dans les dépressions tectoniques virent s'affouiller et s’allonger certains de leurs affluents qui s'étaient établis sur le rebord de ces dépressions et avaient mis à nu des assises peu résistantes. Ces rivières subséquentes, dont le thalweg était déterminé dans son tracé par la nature des roches, s'approfondirent, avec des alternatives d'activité et de ralentissement suivant qu'elles passaient du Cénomanien et des marnes noires de l'Infracrétacé dans les calcaires du Jurassique supérieur, puis dans les marnes oxfordiennes, puis dans les marno-calcaires du Jurassique moyen et du Lias, puis dans les cargneules, puis dans les quartzites triasiques ‘et enfin dans les schistes permiens; mais elles prirent souvent l'avantage sur les rivières conséquentes. Elles creusèrent, sur le pourtour des hauteurs, des ceintures de dépressions analogues à celle qui longe aujourd’hui la bordure méridionale du dôme de Barrot dans le Cénomanien et l'Infracrétacé ; uue série de captures les relia à celles qui étaient situées plus en aval et le cours d'eau principal se fixa, non plus sur l'axe des dépressions, mais sur le rebord des aires synclinales.

Le thalweg du Var, de Saint-Martin-d'Entraunes à Enriez, semble un cas particulier de ces vallées de bordure. Représentonsnous, d’une part, la vallée conséquente A qui occupait l'axe du synclinal Mont Saint-Honorat-Castellet-Annot; de l’autre, trois affluents B, C, D,que nous supposons, à l'origine, perpendicujaires aux courbes de niveau du dôme de Barrot et de ses deux « éperons » NW et SW, Tandis que À s'approfondit lentement dans les grès et les calcaires de l'Éogène et du Crétacé supérieur, il arrive un moment où ses affluents B, Cet D mettent à nu des assises peu résistantes, par exemple celles du Cénomanien et de l’Albien-Aptien. Dès lors ceux de leurs tributaires qui longent ces affleurements se creusent leur ht plus vite que la rivière conséquente. Si D conflue plus bas que C et B,ses eaux de tête capturent celles des ruisseaux subséquents situés en amont. Nous obtenons par suite, dans la traversée du dôme, une courbe analogue à celle que décrit le Var.

Le thalweg du VarenamontdeSaint-Martin-d'Entraunes semble

postérieur à la formation du tronçon Saint-Martin-Guillaumes- Enriez, que nous appellerons le « Var de Guillaumes ». Tandis que celui-ci reproduit la courbure d'un grand synclinal tertiaire, le Var coule à contre-pente des assises géologiques depuis sa source jusque près d'Entraunes; puis son cours est conséquent depuis Entraunes jusqu'à la Bérarde (3 km. au S), mais ensuite il devient obséquent quand il pénètre dans la base de l'Infracrétacé et le haut du Jurassique qui se relèvent vers le SE 1, Les remaniements du réseau primitif que révèlent ces anomalies ne peuvent être précisés avec certitude; nous en sommes réduit à indiquer un des processus possibles, Quand le Var de Guillaumes eut déblayé dans l'éperon NW du dôme de Barrot des sédiments peu résistants comme les marnes noires, il se forma vers Saint- Martin une dépression qui fit appel par rapport aux eaux qui dévalaient du bombement d'Entraunes vers le S. Ce bombement fut érodé et alors débuta l'inversion du relief qui le fait dominer aujourd'hui par les sédiments des cuvettes synclinales du lac d'Allos et de Sanguinière.1l est possible qu'un ruisseau, poussant alors sa tête vers le N comme actuellement le Bourdous vers l'E, ait capturé le cours supérieur d'une rivière descendant d'Entraunes vers la cuvette de Sanguinière ; cette capture aurait été facilitée par la petite faille qui se montre au pont Saint-Roch (1 km. au S d'Estenc). Ainsi le tracé du Var supérieur, en amont de Guillaumes, aurait été déterminé par la présence de deux surélévations tectoniques, l'éperon NW du dôme permien et le bombement d'Entraunes, devenues des dépressions topographiques,.

Parmi les affluents du Var supérieur, deux seulement peuvent retenir notre attention. 10 La Barlatte, qui se jette dans le fleuve à mi-chemin de Villeneuve-d'Entraunes et de Guillaumes après des cluses parfois inaccessibles, traverse la suile des assises, du Crétacé supérieur au Trias, à l'inverse de leur plongement qui se fait ici vers le NE. C'est que le Var a évidé profondément l'éperon NW du dôme de Barrot et que, de plus, les mêmes couches s'y trouvent à une altitude inférieure à celle qu'elles atteignent

1. Voir la coupe suivant le thalweg du Var supérieur dessinée par M. BERTRAND, 8, pl. II, fig. 4.

us

dans le pli déversé (Cime de Pal-Col de Crous) par lequel l'aire anticlinale du Mercantour chevauche celle du Var supérieur 1, La haute Barlatte a profité pour s'allonger vers le NW de la dépression qui existe entre ce pli et celui de la Cime de l'Aspre- Entraunes; entre elle et le Bourdous, le col de Trente Souches (2028 m.) s’est creusé dans les marnes crétacées. — 2° Le Tuébi, la rivière de Péone et de Guillaumes que l’Aigue Blanche prolonge vers le NE, présente un nouveau cas de « vallée de bordure », à l'extrême lisière du dôme de Barrot, dont elle recoupe les plis périphériques dans le Trias. M. Bertrand a montré comment elle « réalise assez bien le type des vallées dites en baïonnette, traversant en cluses transversales les anticlinaux de calcaires dolomitiques et suivant de temps à autre les synclinaux

intermédiaires » 2.

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