SUR LES CHIENS
Mais pourquoi n'attèlerait-on pas le chien, en tenant compte de ses forces, bien entendu, puisqu'on attelle bien le cheval ? Pourquoi faudrait-il respecter l'oisiveté d'un animal et pas celle d'un autre animal ? Et pourquoi pas, tout d'abord, celle de l'homme ? On tolère qu'un enfant halète dans les brancards d'une petite voiture, mais on veut que le grand chien gambade à ses côtés ! M. Cunisset-Carnot dit très bien qu'en cessant d'être un auxiliaire, le chien cesse d'avoir droit à sa nourriture, à sa vie. Il devient l'animal de luxe dont l'homme qui peine ne peut plus s'embarrasser. Ainsi, on le sacrifie, sous le prétexte de lui éviter quelque fatigue. Cette question n'est pas capitale ? Sans doute, mais je crois qu'elle intéresse les paysans flamands beaucoup plus que les courses d'Auteuil !