‹ Le vase magiqueChapitre 20 sur 100 · FRONTIÈRES · texte numérisé non relu

FRONTIÈRES

Parmi les bêtises qu'ont fait dire les aéroplanes dans le premier moment de leur succès, se souvient-on qu'on nous les donnait comme des ouvreurs de frontières ? Ce que n'avaient pas fait les chemins de fer, malgré d'analogues prédictions, les rapides nacelles aériennes allaient l'accomplir, et les peuples allaient se précipiter les uns vers les autres et se mêler pacifiquement. Or, à ce point de vue, aéroplanes et dirigeables n'ont encore servi qu'à marquer plus strictement ces vieilles ou nouvelles frontières et à les faire plus jalousement surveiller. Il n'y a rien de changé qu'une manière neuve de veiller aux empiétements possibles du voisin. Ce n'est pas encore de cette invention-là que naîtra l'universel pacifisme dont il est plutôt permis de rêver que de se réjouir, car la frontière est un fait dont les peuples tirent peut-être plus d'avantages que d'ennuis. C'est la frontière qui a permis le plein développement et la différenciation des langues, l'originalité littéraire, artistique. Les frontières ont permis aux petits pays de conser-

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