DRAMES CONJUGAUX
On a condamné un peu vite, dans la presse, il me semble, l'indulgence du jury pour les meurtrières conjugales et, en général, pour ces drames sanglants où figurent toujours avec les époux, soit un amant, soit une maîtresse. Ce serait aller un peu loin, peut-être, que de reconnaître aux premiers de ces personnages un droit éventuel sur les deux autres, mais je ne suis nullement opposé à une indulgence systématique pour ces jeux passionnels, même quand ils tournent très mal. Injustice ? Où a-t-on pris que tous les meurtres soient d'égale laideur ? L'injustice est la méthode anglaise qui, soumise à la règle biblique, veut que soit tué quiconque a tué. La plupart des meurtres sexuels (ce mot vaut mieux que passionnel) ne sont dus qu'à des mouvements de hasard, bouffées de colère, de jalousie. La sévérité, pas plus que l'indulgence, n'a | d'effet sur des impressions nerveuses. Les vrais auteurs de ces sortes de meurtres, où l'intérêt n'est pour rien, ce sont les parents du meurtrier qui ont fait un enfant