‹ Le vase magiqueChapitre 41 sur 100 · LA CHASSE AU BONHEUR · texte numérisé non relu

LA CHASSE AU BONHEUR

M. le président Lemercier n'est pas un magistrat fort stendhalien. Il a permis qu'une femme de lettres s'appropriât l'expression et l'idée stendhaliennes de « Chasse au bonheur » et il a défendu qu'un choix de pages caractéristiques de Stendhal fût publié sous ce titre. Mettons que ces mots appartiennent désormais à tout le monde ; que Stendhal les a inventés pour tous ceux qui peuvent les entendre. Soit, mais on ne comprend pas bien qu'il soit précisément exclu de la jouissance de sa propre découverte, et cela par un être le moins fait pour en tirer parti, c'est-à-dire par ime femme. Est-ce que les femmes vont à la « chasse au bonheur » ? Elles l'attendent, blotties dans les fourrés du sentiment, risquant un œil inquietparl' entrelacs des ronces et des branchages. Elles se risquent bien dans la clairière, mais c'est pour faire voir au chasseur où est leur gîte, et, dès qu'il les a vues, elles y disparaissent. Dans la « chasse au bonheur », la femme est le gibier, un gibier dont tout l'art est de se faire prendre sans avoir l'air de le faire exprès. Cet étrange gibier

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