ANTIQUAIRES
Je longeais, hier, la rue de Rennes, allant je ne sais plus où, car je perdis en route mon dessein, en ayant successivement laissé un morceau à la vitrine de chaque antiquaire rencontré, et ce fut à chaque pas. D'où viennent toutes ces curiosités, car il y en a de vraies dans le nombre ? J'ai, en ces matières, quelques connaissances superficielles, je sais ce qui peut et ne peut pas se truquer. Evidemment, il y avait encore, au fond des paroisses, une réserve de choses belles ou curieuses, qui a récemment cédé devant la ténacité des chercheurs. Privés de leurs derniers objets familiers, les malheureux vendeurs comblent maintenant d'objets de bazar les vides de leurs maisons. Cela inspire quelque pitié, bien qu'ils furent avides et quoiqu'ils furent bêtes. Mais cela ne suffit pas à expliquer la considérable augmentation du nombre des antiquaires. En dix ans, et rien que dans trois ou quatre rues autour de chez moi, j'ai vu surgir plus de vingt boutiques nouvelles et toutes pleines de choses d'un certain air. Il y a assurément, derrière cela,