‹ Le vase magiqueChapitre 95 sur 100 · LE BANQUIER · texte numérisé non relu

LE BANQUIER

Il est deux professions qui demeureront toujours une énigme pour le peuple, celle du banquier et celle d'homme de lettres. Ni de l'une ni de l'autre il ne peut arriver à se faire une idée claire, mais tandis que l'une demeure un mystère complet, il a sur l'autre quelques lueurs, celles que fait dans son imagination le remuement des tas d'or. Villiers de l'Isle-Adam disait qu'il suffit d'écrire à sa porte le mot Banque pour voir aussitôt affiner chez soi les espèces métalliques, et il y a quelque vérité là-dedans. Le mystère du mot attire la confiance, comme tous les mystères : cela se vérifie à chaque instant, et cela se vérifia encore hier dans l'histoire du sieur Palmarini qui avait installé un comptoir sans autres frais d'imagination. Il avait, il est vrai, une recommandation près du public : il sortait de prison où il avait passé les plus belles années de sa vie, mais je ferai observer qu'il ne se targuait nullement de ses malheurs et qu'il dédaignait la gloriole, qui avait si bien réussi à son compère, Boulaine. Nul ne représenta plus simplement et avec plus

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