‹ Le venin des serpents [electronic resource]Chapitre 11 sur 20 · LK VENIN DKS SERPENTS · texte numérisé non relu

LK VENIN DKS SERPENTS

clos solutions ordinairos du coumicrce doul la loueur on chlore varie do 11 à 15 litres par 1.000 cent, cubes.

Lo chlorure de chaux sec, purifié, est d'un emploi |)lus commode ; grâce à sa faible alcalinité il n'irrite pas les tissus et ne provoque aucune soudrance chez les animaux.

Je me suis servi, dans la plupart de mes expériences, de solutions de chlorure dechaux à 1/12, titrant 4 1.232 de chlore par 1.000 ce, et que je diluais, au moment de l'usage, dans 3 ou b parties d'eau ; je ramenais ainsi la dilution à injecter au litre de 1 1. 410 ou 0 I. 846 de chlore par 1.000 ce. On peut, dans ces conditions, en injecter 10 à 30 ce. aux Lapins, sous la peau ou dans le péritoine, sans avoir à redouter aucun accident.

L'injection intraveineuse de cette même quantité d'hypochlorite est également bien supportée, mais elle ne réussit presque jamais à empêcher l'envenimation, tandis que l'injection sous-cutanée se montre toujours très efficace.

Chez les animaux inoculés avec une dose de venin mortelle en moins de deux heures, on peut sûrement empêcher la mort en injectant la solution d'hypochloritc de cliaux dans les vingt premières minutes après l'inoculation venimeuse. L'injection doit être faite, bien cnlendu, en piqûres disséminées autour du lieu d'inoculation, et en divers points du corps de l'animal.

Au-delà de vingt minutes et jus(|u'à une demi-heure, l'intervention est encore très souvent suivie de guérison. Passé ce délai elle est presque toujours inutile. Cette action suspensive de l'hypochlorite de chaux sur les phénomènes de l'envenimation est due à ce fait que l'hypochlorite détruit d'abord fout le venin non encore absorbé qui reste au niveau de l'inoculation; ensuite, gràco à sa diffusion rapide à travers les tissus et à .sa décomposition lente, il agit à distance sur une partie du poison qui est déjà entré dans la circulation.

MM. Roux ot Vaillard ont observé les mêmes effets favorables des hypochlorites alcalins à l'égard do la toxine

lôlaniqiio, non soulenient. in vitro, mais même dans l'organisme des animaux inocul(''S avec des doses mortelles de cette toxine, et qui ont guéri à la suite d'injections répétées d'iiypochlorites de soude ou de chaux.

Le chlorure d'or en solution à 1/100, (|uc mes expériences de 1891, faites au laboratoire bactériologique de SaTgon, m'avaient conduit à recomuiandcr pour le traitement des personnes mordues, agit in vitro avec autant d'énergie que les liypochloritcs, mais son action s'épuise beaucoup plus vite dans les tissus, et il ne permet d'arrêter l'envenimation que si on l'injecte peu d'instants après l'inoculation du venin.

Depuis trois ans, le traitement des morsures do Serpents venimeux chez l'homme au moyen des injections interstitielles de chlorure de chaux ou de chlorure d'or a été employé avec un plein succès par beaucoup de médecins. Dans l'Inde on l'applique à peu près partout, et en Australie, depuis les travaux confirmalifs des miens qu'à publiés le docteur Haltord, professeur à l'Université de Melbourne, on l'a adopté, concurremment aux injections de strychnine que le docteur Muelicr, de Victoria, avait préconisées en 1889.

La méthode de Mueller repose sur ce fait que les personnes intoxiquées par le venin des Serpents peuvent tolérer des doses considérables de strychnine et que les effets physiologiques de cette substance sont opposés à ceux produits par l'envenimation.

11 paraît indiscutable que, dans beaucoup de cas, la strychnine à doses faibles agit favorablement diez les personnes mordues par des reptiles; c'est un puissant loni(|ue du système nerveux. Mais elle n'a aucune propriété réellement antidotique à l'égard du venin, et, chez les animaux, elle n'exerce aucune action favorable.

Voici comment M. le docteur Mueller dirige le traitement des personnes mordues; il injecte 1 cenligr. de strychnine et répète la dose si la pâleur et la faiblesse du pouls persis-

tent ; puis il donne de l'alcool en grande quanti Lé. On ne doit pas permettre au malade de s'endormir la nuit suivante, et au moindre signe de faiblesse musculaire on lui l'ait prendre par la bouche une petite quantité de solution de strychnine, puis on renouvelle les injections jusqu'à ce qu'il y ait des symptômes de frémissement musculaire indiquant que la limite de toxicité est atteinte.

Les Chinois, depuis des siècles, se servaient de ce même remède, dont ils avaient remarqué l'action bienfaisante, non seulement contre les morsures de Serpents, mais aussi contre la rage : ils administraient aux mordus des pilules de Jwangnan (écorce du stnjchnos gantheriana). Dans l'Amérique du Sud les indigènes emploient pour combattre la morsure des Bothrops les noix du cedron qui contiennent un alcaloïde (cédrinc) dont les effets ressemblent à ceux de la strychnine. MM. Dujardin-Beaumetz et le docteur Restrepo (Acad. de raéd. 1881, p. 9o3) ont essayé l'action alexipharniaque de ces substances et ont reconnu ([u'elles ne produisaient aucun résultat utile.

Tous les venins que j'ai expérimentés sont rendus inoilen- .sifs par le mélange avec une Irès faible proportion d'hypochlorite de chaux ou de chlorure d'or. Le traitement local des morsures de Serpents venimeux par les lavages et les injections hypodermiques d'hypochlorite de chaux à 1/60 (titrant environ 0 1. 850 à 0 1. 900 de chlore par 1.000 c. c.) est parfaitement efficace, quelle que soit l'origine du venin.

Il s'ensuit (|ue, dans tous les cas, en présence d'une morsure de Serpent dont on n'a pu reconnaître l'espèce, la première précaution à prendre est de laver la plaie avec une solution d'hypochlorite à 1 p. 60, aussi récente que possible ; de faire une ligature sur le membre mordu pour arrêter, pendant fpielques instants, la circulation en retour, et de pratiquer, tout autour de la morsure, huit à dix injections disséminées d'hypochlorite, de chacune. On peut, aussitôt après, enlever la ligature et frictionner légèrement la région lésée.

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