CRÉÉE
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quier de la cour de France, mort à quatre-vingtdix ans, en 1759, et dont on voyait la maison à la Place-des-Victoires, à Paris, avait, disait-on, une poule noire qu'il soignait extrèmement ; il mourut peu de jours après sa poule, laissant trentetrois millions.”
Le lecteur comprendra, sans doute, que la fortune immense réalisée par cet homme, durant une existence aussi longue, ne fut que le fruit de sa bonne administration comme banquier à la cour de France, et que sa poule noire n’y fut certainement pour rien. Ainsi que chacun administre bien ses propres affaires, tout en pratiquant l'économie, et il se trouvera en peu de temps possesseur d'une véritable poule aux œufs d'or.
Nous terminerons ce chapitre en citant une conjuration tres-forte, dont on se sert spécialement pour découvrir les trésors cachés tant par les hommes que par les esprits ; nous la trouvons dans le même ouvrage, et on peut s’en servir, dit l’auteur, tous les jours et à toute heure du jour et de la nuit. Mais voyons d’abord quelles sont les différentes croyances les plus répauüues touchant ces sortes d? trésors et comment on les croit gardés.
D’après cet écrivain, par exemple en Ecosse, on croit qu'il yena sous les montagnes, et qu'ils
sont gardés par des géants et des fées ; en Bretagne, on croit qu'ils sont gardés par un vieillard, par une vieille, par un serpent, par un chien noir ou par de petits démons, hautd'un pied ; dans les autres pays, il en est de même, moins quelques variantes.
Pour sesaisir de ces trésors, ‘il faut, disent ils, après quelques prières, faire un grand trou sans dire un mot, Puis le tonnerre gronde, l'éclair brille, des charrettes de feu s'élèvent dans les airs, un bruit de chaines se fait entendre, et bientôt on découvre une tonne d'or. Parvient-on à l’élever au bord du trou, un mot qui vous échappe la précipite dans l’abime à mille pieds de profondeur.”
Voici maintenant une des abominables conjurations que des homimes, qui se targuent d’être chrétiens, ont lPaudace de prononcer en pareille circonstance :
“Je vous commande, démons qui résidez en ces lieux, ou quelque partie du monde que vous soyez, et quelque puissance qui vous ait été donnée de Dieu et des saints anges sur ce lieu même, je vous envoie au plus profond des abimes infernaux. Ainsi, allez tous, maudits esprits et damnés, au feu éternel qui vous est préparé et à tous vos compagnons ; si vous m'êtes rebelles et désobéissants, je vous contrains et condamne par
ï PETIT-ALRERT, 27 en Bre- ! 7 n'éiai + toutes les puissances de vos supérieurs démons, chien … de venir, obéir et répond re positivement à ce que 1 : däns ‘ je vous ordonnerai au nom de J..C., etc.” s quel- : Les commentaires devienuent inutiles après | avoir rapporté de semblables blasphèmes, le É simple bon sens du lecteur saura les répudier sent ils, Justement.
OU sans l'éclair ce es airs, | bientôt CHAPITRE V, à l’éle- , Sa Les trois fameux Grimoires. chappe | profon- Nous nous hornerons à signaler ici les trois grimoires les plus connus, en les aeCoMpagnant conju- de quelques notes. Un bon nombre de gens d'être croient encore, d'après la tradition, qu'on fait >areille . venir le diable en lisant le grimoire ; mais qu'il | faut avoir soin, dès qu'il parait, de lui jeter quel. que chose à la tête, soit une Savale, the souris ou dez en un chiffon ; car autrement disent-ils, on risque 7 FaUe d'avoir le cou tordu. Ainsi on avait [a prudence, ak O16 dès qu’il était saisi, de brûler le terrible petit 7e lieu volume connu sous le nom de Grimoire, autrefois bîmes tenu secret.
rits et a Re set Voici maintenant les trois grimeires qui ont #4 “ été les plus célèbres d’entre tous les autres. Le né pa premier est connu sous le nom du Grimoire du
Pape Honorius, avec un “ recueil des plus rares
secrets,” ornés de figures et de cercles. Une partie de ce volume ne contient que des conjurations, et l’autre un ‘‘ recueil de rares secrets.”
Le second est intitulé : Le vrai Grimoire, et sur le revers du titre : ‘ Les véritables Clavicules de Salomon.” On y trouve aussi des conjurations et des formules magiques avec un ‘ reeueil de secrets Curieux.”
Le troisième est Le (Grand Grimoir avec la & Grande Clavicule de Salomon,” contenant la magie noire ou les forces infernales du grand Agrippa (1), pour découvrir les trésors cachés et se faire obéir à tous les esprits, suivie de ‘ tous les arts magiques et de secrets merveilleux.”
Pour donner à ces livres niais et absurdes,— qu'on attribue faussement, le premier, au pape Honorius et les deux derniers, à Salomon,—une autorité plus grande, % on disait, rapporte l'Histoire de la Sorcellerie, qu'il fallait les faire bap. tiser par un prètre, et les nommer comme un enfant. Le prêtre recommandait aux puissances infernales d’être favorables à ce néophyte ; et il sommait l’une de ces puissances de venir, au nom de toutes, apposer son cachet sur le volume. Le livre signé et scellé, tout l’enfer se trouvait
(1) Henri Corneille Agrippa était médecin et philosophe et fut l’un des plus savants hommes de son temps. Né à Cologne en 1486, est mort à Grenoble en 1535, après une carrière orageuse. IL
passa pour un grand sorcier de son époque,et comme ayant des reiations secrètes avec Satan.
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soumis aux volontés de celui qui s’en servait, et il n’y avait point de diable qui ne se fit un plaisir et un honneur d’obéir.
“Tout ce que l'imagination la plus déréglée peut inventer de plus absurde, tout ce que l’impiété peut rêver de plus sacrilége se trouve réuni dans ces volumes, que l’on peut regarder avec raison comme devant occuper le premier rang parmi les monuments de la sottise humaine.”
À l'appui de ce qui précède COnjuration suivante, extraite du hrimoire qu'on attribue à tort au pape Honorius, et où les noms de la Trinité, de Dieu, de Jésus-Christ, de sa sainte mère, des saints et des martyrs, les versets de l’Angien et du Nouveau-Testament sont profanés de la manière la plus odieuse.
Son entier :
, NOUS Citerons la
La voici en
Moi (on se nomme), je te conjure, esprit (on nomme l'esprit qu'on veut évoiquer,) au nom du grand Dieu vivant qui a fait Le ciel et la terre et tout Ce qui est contenu en iceux, et en vertu du saint nom de Jésus-Christ, son très-cher fils, qui a souffert pour nous mort et passion à l'arbre de la croix, et par le précieux amour du Saint- Esprit, trinilé parfaite, que tu aies à m'apparaitre sous une humaine et belle forme, sans me faire peur, ni bruit, ni frayeur quelconque, Je Ven conjure au nom du grand Dieu, vivant, Ado-
nay, Tetragrammaton, Adonay, Jehova, Othéos, Athanathos, Adonay, Jehova, Othéos, Athanatos, Ischyros, Athanatos, Adonay, Jehova, Othéos, Saday, Saday, Saday, Jehova, Othios, Athanatos, Tetragrammaton, à Luceat, Adonay,fschyros, Athanatos, Saday, Saday, Saday, Adonay. Saday, Atdonay, Saday, Tetragrammaton, Saday, Jehova, Adonay, Ely, Agla, Ely, Agla, Agla, Agia, Adonav, Adonay, Adonay ! Veni (on nomme l'esprit) veni (on nomme l'esprit) veni (on nomme l'esprit).
“Je te conjure de rechef de m'apparaitre comme dessus dit, en vertu des puissances et sacrés noms de Dieu que je viens de réciter présentement, pour accomplir mes désirs et volontés sans fourbe ni mensonge, sinon saint Michel archange invisible te foudroyera dans le plus profond des enfers ; viens donc pour faire ma volonté.”
Et pour donner plus de force à cette abominable conjuration, on y ajoutait encore certaines formalités : tel que les sacrifices de chats, de chiens et de poules noires ; où bien encore on portait sur soi de la corde de pendu ; mais, surtout, on cherchait à se procurer des œufs de coq, pondus dans le pays des infidèles.
Il suffit, sans doute, d'indiquer ces stupidités inconcevables, pour faire comprendre de suite qu’elles sont toutes, sans distinction, les œuvres
Dthéos, anatos, Dthéos, Athanachyros, Saday, Jehova, a, Ado- Pesprit) ’esprit).
paraître nces et er pré- ‘olontés Michel le plus ire ma
abomirtaines ats, de ore on is, Surde coq,
pidités suite Buvres
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des temps barbares, où la plupart des peuples croupissaient dans une ignorance complète de tout principe religieux.
Nous terminerons ce chapitre en rapportant, à propos du Grimoire, une anecdote assez plaisante, extraite de l'Histoire des fantômes et des démons :
“ Un petit seigneur’ de village venait d’'emprunter à son berger le livre du Grimoire, avec lequel celui-ci se vantait de forcer le diable à paraitre. Le seigneur, curieux de voir le diable, se retira dans sa chambre et se mit à lire les paroles qui obligent l'esprit des ténèbres à se montrer. Au moment où il prononçait, avec agitation. ces syilabes puissantes, la porte qui était mal fermée, s'ouvre brusquement ; le diable parait, armé de ses longues cornes et tout couvert de poils noirs... .… Le curieux seigneur perd connaissance et tombe mourant de peur sur le carreau, en faisant le signe de la croix. Il resta longtemps sans que personne vint le relever.
Eufin il rouvrit Les yeux et se retrouva avec sur. prise dans sa chambre. Il visita les meubles, pour voir s'il n'y avait rien de dégradé : un grand miroir qui était sur une chaise se trouvait brisé, c'était l'œuvrè du diable. Malheureusement pour la beauté du conte, on vint dire un instant après à ce pauvre seigneur que son bouc s'était échappé, et qu'on l'avait reprit devant la
porte de cette même pièce où il avait si bien représenté le diable. Il avait vu dans le miroir un bouc semblable à lui et avait brisé la glace en voulant combattre son ombre.”
Cette anecdote nous donne l'explication d’une foule d’autres apparitions extraordinaires, qui se réduisent, moins les variantes, à éelle du seigneur et de son bouc.