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De fait, quand cet état de chose existe, c’est qu'il ya réciprocité de sympathie entre eux, et que l'ouvrier reçoit une juste et équitable rétribution de son travail quotidien, tout en laissant au maître un profit en harmonie avec la position supérieure qu’il occupe.
Mais, au contraire, quanl il y a mésintellisence sur cette grave question entre le maitre et l’ouvrier, il arrive souvent qu'une lutte inésale s'engage entre eux. L'ouvrier se met en grève, et on le voit parfois triompher sur les empiétements injustes de son patron et le forcer à capituler tout à son avantage. Dans le moment, tout est bien pour le vainqueur ; mais il n’a pas compté sur les mauvais jours à venir : une médaille a toujours son revers. Alors arrive un autre ordre de chose : l’ouvrier se voit tout-àcoup obligé de subir à son tour la condition du vaincu ; son maitre, usant de représailles, lui fait payer bien cher et bien amèrement son triomphe éphémère. Voilà cependant ce qui arrive généralement dans de semblables cas.
Au nom du simple bon sens, nous demandons à quoi servent ces scènes de désordre, connues sous le nor» de grève ? L'expérience nous fournit trop d'exemples pour hésiter un seul instant à proclamer hautement que ces luttes déplorables tournent invariablement contre l’ouvrier, et que celui-ci finit toujours par succomber lorsqu'il n’a
plus de pain à donner à sa famille qui en demande À à grands cris...
Que faire donc, dira-t-on, dans de pareilles M circonstances ?
A cette question, toute grosse d'inquiétude, nous répondons : L’ouvrier doit s'appliquer d’abord, par tous les moyens équitables, à faire disparaitre cette mésintelligence, ces mauvais rapports, quand 1l en existe entre lui et son patron ; puis travailler ardemment à agrandir! la sphère de ses connaissances dans l'art ou le! métier qu'il exerce ; de se livrer aussi, durant! ses heures de loisir, à l'étude de choses propres! à améliorer sa condition sociale, Mais pour obtenir un pareil résultat à l’avan:! tage du plus grand nombre, parmi les classes! ouvrières, 1l n'existe qu'un moyen, c’est l'esprit! d'association. Aussi, Comme nous le disions dans! notre première édition, la formation et l'existence M de bonnes sociétés de secours mutuels et de prob tection comme corps, quand elles sont bien diri°" gées, onttoujours pour effet de stimuler La fraterk nité parmi les ouvriers, de leur mettre devant le8 yeux l’idée morale et l'idée économique, de leuk faire comprendre les devoirs d’un peuple appel à vivre au milieu de races différentes et de leu faire voir la nécessité pour eux d’être toujour unis et de ne jamais se diviser. Ces association peuvent seules relever la dignité des arts et mé
en demande D. AT Bltiers en Canada, et améliorer efficacement la
condition sociale des classes ouvrières.
de pareilles #1 (C'est là la seule planche de salut qui reste aux ouvriers s'ils veulent entretenir de bons rapports vec leurs patrons, surtout s'ils tiennent à se secourir mutuellement et à se protéger comme
corps, contre la fatale concurrence qui se pratique entre les maitres : concurrence qui tourne touours au désavantage des uns et des autres.
De plus, ces sociétés ont pour effet, sinon d'’arôter, au moins d'amoindrir l’envahissement des illes par un si grand nombre de personnes qui ésertent les campagnes pour venir travailler à vils prix à des métiers qu'ils n’ont pour la plupart Mamais appris. Le résultat d'un pareil état de hose oblige le bon ouvrier des cités à aller cherher en pays étrangers une rétribution plus raipnnable de son travail.
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Nous ne voyons pas de moyen plus efficace, ous le répétons encore, que celui des sociétés de Bcours mutuels et de protection comme corps, ien organisées dans chaque corps de métier spectif, composées d'hommes ayant sincèrement M cœur l'avancement et le progrès des arts et
tiers, et dont le but serait aussi d'arriver à une atente cordiale entre les maîtres et les ouvriers,
afin de régler et définir, —autant que possible à l'avantage de tous,—la question des gages ainsi | que celle de l'apprentissage à faire pour exercer! un métier quelconque au sein de chaque ville, | D'un autre côté, ces sociétés, ayant pour base invariable la bienfaisance, seraient comme un baume vraiment salutaire pour chacun de leurs membres frappés d'une maladie plus où moins grave,
C'est dans un de ces moments critiques, et à la fois donloureux, qu'il est consolant pour un malade de se voir entouré de la sympathie de tous ses confrères, accompagnée en mème temps d'un secours légitime, et non pas de lPaumône, pouvant laider à subvenir aux besoins les plus pressants de sa famille.
L'existence de ces sociétés, ainsi constituées, — ayant pour but, non-seulement celui de la bien.
faisance, de la fraternité, mais aussi celui de M
faire renaître en Canada des jours meilleurs en # faveur des arts et métiers en général et des À maitres et des ouvriers en particulier, —devrait M toujours recevoir l'appui sincère des patrons ; car | il est un fait indéniable, qu'il nous faut admettre aujourd’hui, c'est celui-ci : que c’est Loujours de à la fatale concurrence qui s'élève entre les patrons que nous voyons se produire ces grands dé:
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ruine commerciale de toute une ville. Malheureusement, ils ne se passe pas de saison, depuis surtout vingtcing ans, sans que de pareils désordres n’éclatent et ne viennent jeter la terreur, la misère an sein des grandes villes manufacturières, en Europe comme en Amérique.
PETIT-—A LRERT,
[y a donc tout à gagner à ce que patrons et ouvriers travaillent de concert à faire disparaître ces malheureux désordres sociaux toujours si fuuustes aux premiers Comme: aux derniers. Nous savons bien que pour obtentr ces beaux résultats, il faudra sans doute des années d'une grande persévérance ; c'est vrat. Mus, d'un autre côte, quel est celui qui tizuore que le travail constant triomphe de tout? L'immortel Franklin,-tui qui a doté le monde de si belles et de st utiles choses, entre autres l'électricité, qui, par Le moven des télégraphes, communique aujourdhui, à la minute, Là pensée huinaine à des mille lieues de distance, sans compter La transmission de la voix humaine, une des grandes merveilles du jour — eh bien! cet honme de génie à dit quelque part : que la goutte d’eau, tant petite qu’elle soit, finit toujours, en tombant sans cesse une à une, pur creuser la pierre la plus dure. Or, supposons que ces sociétés ne soient que ces gouttes d’eau et qu'elles travaillent avec constance dans cette nouvelle mission, elles finiront certainement par
imprimer le cachet ineffaçable de leur persévé. rance et de leur énergie.
C'est encore au sein de ces sociétés que les classes ouvrières pourraient adopter des moyens afin de s'entendre avec nos législateurs sur lurgence de la passation d’une loi ayant pour but de régler, généralement à l'avantage de tous, la question des gages dans les différents corps de métier, ainsi que l’apprentissage à faire pour exercer un métier quelconque, et de protéger ces différentes classes plus efficacement en paralysant en partie l’envahissement des cités par un trop grand nombre d'ouvriers étrangers.
Personne, sans doute, ne niera au peuple le droit qu’il a d'exiger de ses députés laccomplissement, si non de toutes, au moins d’une partie des promesses faites par eux avant chacune des élections générales ?
Malheureusement, une fois les élections terminées, plusieurs de ces représentants du peuple, deviennent aussitôt d’une indifférence impardon nable à l'égard de leurs commettants, et ne paraissent pas plus s'occuper de leurs électeurs que des habitants de la lune. Cependant, quelques jours avant la votation, on avait vu ces mêmes hommes s’évertuer. beaucoup à faire de belles promesses : rien moins que mers et mondes!
sans compter les grands mots de prospérité ! de
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liberté! d égalité! de fraternité ! de peuple-roi !!! ou et qui, une fois élus, se moquent de ce même peuple-roi !............
| Or, qu'on n'oublie pas ceci : avec l’existence
| des sociétés dont nous venons de parler, le règne
de tous les représentants, qui ne s'en tiennent qu'aux promesses, devra finir,et le peuple ne pourra qu'y gagner, t:ès Certainement.
Pour terminer ce chapitre, nous engageons fortement, encore une fois, les ouvriers à se mettre immédiatement à établir au milieu d'eux des sociétés de secours mutuels et de protection comme corps, car il y va de leurs plus grands intérêts, tant au point de vue du bien-être materiel qu'à celui de leur condition sociale ; de plus, que l'union soit toujours leur ert de ralliement ; que leur respect et leur attachement à nos institutions religieuses et nationales soient plus vivaces que jamais ; qu'ils travaillent aussi en commun à faire disparaître toutes les causes, où du moins les principales, qui entretiennent et fomentent chaque jour ces haines personnelles qui sement la désunion parmi le peuple ; car, pour nous servir des réflexions admi:ables de lun de nos premiers hommes d'Etat franco-canadiens : ‘ [ci comme aux Etats-Unis, comme en Europe, les signes des temps sont incertains,et dans ce ciel sombre et brumeux, les peuples marchent en tâtonnant vers leurs destinées. Sinous vou-
lons échapper au danger, tenons-nous tous par la 8 main, et, pour nous reconnaître dans la nuit qui se fait autour de nous, poussons tous le même cri de ralliement, ” (1) Union!!!
(LV Journal de Québec, numéro du 30 mars 1861, dans un article sur la nécessité de l’unio1 des Bas- Canadiens ‘entre eux, par l'honorable M. Cauchon, aujourd'hui lieutouant-gouverneur de la Province do Manitoba.
s tous par la ll s La nuit qui M us le même |