INTRODUCTION
Nous n’entreprendrons pas de traiter au long un sujet aussi compliqué que l’est celui des diffé.
lé
rents ouvrages de secrets merveilleux dont nous venons d'indiquer les titres ci-haut, La raison en est bien simple, c'est que pour dérouler avec avantage, sous toutes ses phases si multiples, une question de ce genre, nous ne possédons pas les connaissances nécessaires ; d’un autre côté, c'est qu'il y aurait des volumes à faire pour en tracer toute l’histoire, tandis que notre but principal est plutôt de fournir des moyens propres à améliorer la condition sociale et matérielle des classes laborieuses des villes et des campagnes, sous la forme d’un petit livre à la portée de tout le monde.
Cependant, comme nous tenons à signaler et à combattre certaines fausses croyances qu’on rencontre encore aujourd'hui, plus souvent qu’on ne le pense, chez un grand nombre de personnes,— non-seulement de la campagne, mais même au sein de nos grandes villes, —nous crovons qu’il serait très à propos de faire connaître sommairement la cause première de ces erreurs populaires qui ont fait tant de victimes dans le monde entier et qui en font encore de nos jours un si grand nombre, en dépit des progrès et des lumières tant vantés du 19e siècle, |
En consultant l'Histoire de la Sorcellerie, nous | y lisons : “ L’ignorance, l'extrême imperfection des connaissances, l'attrait du mystère et de l’in- :
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connu, l'ambition de se faire craindre, les malheurs d’une société grossière et sans cesse exposée à tous les désastres, telles sont les causes qui contribuèrent à propager la magie et la sorcellerie dans l'Europe du moyen âge, et cette triste aspiration vers les mystères du monde infernal prouve alors combien étaient profondes la misère et la barbarie, La croyance est universelle, et la terreur toujours persistante jusqu'au seuil de notre temps.”
Comme bien des imaginations se laissent séduire par les fables, une foule de légendes se formèrent sur son histoire.
Suivant l’une de ces légendes, Adam aurait in. venté la magie : à ce compte-là elle serait aussi ancienne que le genre humain. Suivant d’autres, les descendants de Caïn s’y seraient adonnés les premiers, et Cham, au moment du déluge, en aurait été le dépositaire et Le projfagateur, Mais, pour ne pas se perdre dans le vague de ces lé. gendes, la plupart toutes contradictoires, disons que les magiciens étaient en grand honneur à la cour de Pharaon et qu'ils possédaient déjà, à cette époque, toutes les sciences occultes : le fait est consigné même dans les livres sacrés de lAncienne Loi.
Aujourd’hui, qu’on ne trouve plus de ces ma.
giciens ou sorciers célèbres, nous n'avons donc
pas à craindre leurs maléfices et sortiléges ; mais leurs œuvres ou croyances absurdes et diaboliques n’en sont pas moins arrivées jusqu’à nous. Nous les trouvons imprimées dans des livres très recherchés par le vulgaire, entre autres, dans le Grand-Albert, le Petit-Albert, le Dragon-Rouge et le Grimoire.
Comme ces livres sont la cause principale de la propagation des erreurs populaires jusqu’à nous, nous allons essayer de démontrer que ces ouvrages ne renferment, d'un bout à l’autre, que les mensonges les plus grossiers. Nous nous servirons à cet effet des meilleures autorités.
Commenvcons par le Grand-Albert.