‹ Le verité sur l'AlgérieChapitre 61 sur 148 · ADR EER SPE SABRE TENTE RERE QE DÉPENSES PEER DE RÉ · texte numérisé non relu

ADR EER SPE SABRE TENTE RERE QE DÉPENSES PEER DE RÉ

naïs, de cette organisation de la colonie saharienne,

pour laquelle le gouverneur général de l'Algérie

lui a donné toute sa confiance.

J'ai nommé M. le général Lyautey.

Une des plus caractéristiques et une des plus sympathiques figures de ce temps. Après avoir été le Tonkinois, le Malgache, il est aujourd’hui l’Africain. Mais un Africain tout différent des hommes de guerre illustres qui l'ont précédé. Il est même curieux, à ce propos, de constater combien, en même temps que les idées, les types physiques se sont modifiés dans cetté armée d'Afrique. Ainsi, voyez la série des maréchaux et des généraux dont les portraits et les statues figurent au palais d'Alger. La force guerrière en paraît lourde, et sur les : masques des plus nobles, des plus aristocrates, les qualités qu'ils déployèrent en gouvernant semblent traduites par de la roublardise un peu bourgeoise.

M. Lyautey est un type en même temps plus vigoureux et plus fin.

Ses idées de soldat : lisez son beau livre sur le rôle social de l'officier.

De colonial. Rappelez-vous qu’il servit avec Gal-

liéni, qu'il est de son école. Autrefois, lors d’une campagne pour un changement de notre politique à Madagascar, j'ai dit ce qui caractérise cette école. Je le résume dans une brève formule. « Ni exploitation, ni assimilation, association. » « Ni excès de force, ni faiblesses de sentiments, raison. »

M. Lyautey voudrait réaliser aujourd’hui la même politique dans le Sud oranaiïs. Il voudrait que les

tribus s’administrassent et se défendissent sous notre

conseil plus que sous notre action.

Ainsi Figuig,il ne demande pas que nous y allions. Il lui suffit que nous soyons à Beni-Ounif.

Il ne désire nulle conquête. Mais l’action deviendrait-elle nécessaire, il m’en a dit cette loi :

« Une conquête doit être faite par l’homme qui sera ensuite chargé d’administrer.. car celui-là ne détruira point ce dont il aura besoin le lendemain. »

C’est donc un grand politique, ce général qui veut en toute action, en tout effort, en tout dessein, la logique. Il ne croit point au hasard; il le prouve. L'événement, il le prévoit ; il le prévient. On l’a vu ces derniers temps.

Et ce soldat qui brilla dans l’action militaire, qui s’est illustré par son génie administratif, qui s’est élevé par ses écrits au pair des grands philosophes, est par-dessus tout un galant homme.

À sa table, au coin de son feu (oui, l'hiver 1l fait terriblement froid, là-bas, le soir), dans son salon d’Ain-Sefra, l'hôte, cordialement accueilli, a l'illusion qu'un charme l’a transporté du pays des sables, magiquement, subitement, ici, en quelque demeure amie, parisienne, où, légère et subtile comme la fumée des cigares, la causerie, doucement, à l’heure du coucher le conduit.

Aussi, dans les souvenirs de ma vieerrante, j’aurai, comme un des plus aimables, celui de la soirée que, cet hiver, allant au Figuig, j'ai passée à la redoute d'Ain-Sefra, chez M. Lyautey, en compagnie de ses officiers, jeunes hommes qui ont comme lui les yeux clairs et francs, et large ouverts sur l'avenir.

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