‹ Le verité sur l'AlgérieChapitre 72 sur 148 · PS PS EN CR SE ES · texte numérisé non relu

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économiques, jalouse de son autonomie et fière de ses avantages jusqu’à se croire parfois en état de « voler de ses ailes » et de s'affranchir de la tutelle trop correcte et trop lourde de la mère-patrie, plus ouverte que celle du continent à tous les rêves, à toutes les passions politiques, et dont la puissance révolutionnaire eût été terrible si la diversité même de ces passions et de ces rêves, si des rivalités personnelles et des jalousies locales ne l'avaient affaiblie en la divisant à l'excès. »

Puis ceci, du général Lamoricière, cité par La Sicotière :

« Dans les premières années de la conquête, c'était sur le rivage de l'Algérie que toutes les classes de lasociété venaient déposer leur écume, »

De Drumont :

« On sait de quelle écume se compose la population des grandes villes de l'Algérie. » (France juive, 2° vol. page 18.)

Au moment des troubles de 1884, le Cri du Peuple a publié sur la population européenne un article reproduit par l’Akhbar du 2 juillet 1884 et où j'ai lu:

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« On ne se fait pas en France une idée de ce que peut être la population européenne des villes d'Algérie. Je ne vais pas comme beaucoup jusqu’à dire qu’elle se compose uniquement d’un tas de buveurs d'absinthe — l’alcoolique absinthé étant généralement emporté, violent pendant la crise, mais redevenant bon diable, patient quand la crise est terminée.

« L'Européen là-bas au contraire se maintient dans une crise de nerfs perpétuelle, dans une folie furieuse.

« … Les ratés de tous les pays, les faillis, ceux qui sont obligés de se faire oublier, les employés compromettants ou compromis viennent en Algérie.

«… Au bout d’un an malgré soi, quelque candide qu'on puisse être, on est devenu arabophobe forcené, exploiteur patenté, juif. Un de mes amis qui habite l'Algérie depuis six ans me disait : « Si je n’allais chaque année passer trois ou « quatre mois en France, je deviendrais canaille. » Et c'est « malheureusement vrai. »

«.… Et la police, tacitement protégée par la haute administration, excite, encourage et prête la main à ce ramassis de brigands, à cette lie de la population européenne, qui ne vient échouer dans les villes algériennes que « quand elle à tout perdu et qu'elle n’a plus d espoir... que dans le mari de Mme Tirman. »

«.…. Désirez-vous connaître le pays où fleurit l'oranger. »

C'était signé Emile Violard. On m'a dit que cet 0 ! (e) L

écrivain est devenu Algérien.

Mais voici des éloges. De M. Wahl:

« Cette population algérienne a ses défauts que le temps et la réflexion pourront corriger; elle les compense largement

par les qualités brillantes et solides qu’elle à reçues en hérien Elle ressemble à ces enfants remuants, mal élevés, tapageurs, pleins de sève et de santé, la joie et la terreur de leurs mères. La France s'étonne parfois de ces allures impétueuses, de cette intensité de la vie algérienne; mais elle peut se réjouir, car elle a mis au monde sur la terre d'Afrique un rejeton vigoureux, fortement constitué, taillé pour la lutte et qui ne succombera pas de sitôt dans les combats de la concurrence vitale. »

De M. Cambon :

« On prit l'habitude peut-être de médire, un peu excessive, du colon d'Algérie. Il est évident que les colons d'Algérie, mon Dieu ! ont les dé fauts des gens d'initiative et des jeunes gens,

« Ils forment une jeune nation; ils confondent quelquefois la violence avec l'énergie, ils se plaisent à dire beaucoup de mal d'eux-mêmes de peur que d’autres en disent avant eux et ils aiment à attaquer avec ardeur toujours, avec injustice quelquefois, ceux qui sont chargés de les administrer. Ils suivent trop aisément et trop facilement les donneurs de conseils, soit dans la presse, soit ailleurs, et ils ont pour les politiciens une estime que l'expérience ne leur a pas encore fait perdre.

« Ce n'est pas une raison parce qu'ils ont ces légers défauts de jeunesse, pour que nous ne rendions pas hommage à tout ce qu'ils ont apporté de génie, de dévouement, de cou-

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