D'EAU
nez... je suis bien malheureuse, lout est contre moi... tout m'abandonne.
BOLlNGBitOKE, gaîment.
C'est dans ces moniens-là que mes amis me voient arriver. Voyons, ma petite Abigail , qu'y a-t-il ?
ABIGAIL.
Il y a que cette fortune que vous nous aviez promise...
BOLINGBROKE
Elle a tenu parole... elle est venue exacte au rendez-vous.
ABIGAIL , étonnée. Comment cela?
BOLINGBROKE
Ne vous ai-je pas parlé de lord Richard Bolingbroke, mon cousin.
ABIGAIL.
Non vraiment.
BOLINGBROKE
Le plus impitoyable de mes créanciers , quoiqu'il fût comme moi de l'opposition ! C'est lui qui avait vendu mes dettes à la duclicsse de Malborough. Du reste, l'être le plus nul, le plus incapable.
ABIGAIL.
Je ne croirai jamais qu'il fût de la famille.
BOLINGBROKE
Il en était le clief. A lui tous les biens... à lui l'immense fortune des Bolingbroke...
ABIGAIL.
Eh bien ! ce cousin...
BOLINGBROKE , riant.
Regardez-moi bien. N'ai-je pas l'air d'un héritier?
ABIGAIL.
Vous, monsieur de Saint-Jean?...
BOLINGBROKE
Moi-même... niainlenant lord Henri de Saint- Jean , Ticonite do Rolingbroke, seul et dernier membre de celte illustre famille , et possesseur d'un superbe héritage , pour lequel je viens demander justice à la reine.
ABIGAIL.
Comment cela?
BOLINGBROKE , lui montrant la porte du fond qui s'ouvre.
Avec mes honorables collègues que voici... les principaux membres de l'opposition.
ABIGAIL.
Et pourquoi donc?
BOLiNBUOKE, ù demi-voIx.
Outre l'héritage , mon cousin laisse encore des espérances... celles d'une émeute dont sa mort sera peut-être la cause; c'est le premier service qu'il rend à notre parti... et jamais, à coup sûr, il n'aura fait autant de bruit de son vivant. ,'^^tence!... c'est la reine.
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