ACTION DES METAUX ET DES OXYDES
Les vases en verre de quartz ont été employés pour distiller dans le vide un assez grand nombre de métaux. D’après Krafft, les métaux exempts d'oxydes n’auraient aucune action, tandis que Schuller prétend avoir constaté une altération du récipient. Il est certain que les métaux alcalino-terreux, le magnésium, l’aluminium, le cérium, exercent une action réductrice sur la silice, si les conditions de température sont favorables. De même, à partir de 900-1 .000°, les tubes de verre de silice sont fortement attaqués par les enroulements de fil de .nichrome avec lesquels ils sont en contact, dans certains petits fours électriques de laboratoire et appareils de chauffage; mais à ce moment, le fil de nichrome est toujours oxydé superficiellement. On a constaté qu’à cette même température de 900° environ, le verre de quartz commence à être attaqué par les oxydes métalliques, tels que l’oxyde de cuivre.
Hedvall a déterminé en 1916 les températures minima de combinaison de la chaux avec les diverses variétés de silice. Il a trouvé que:
1° La silice précipitée, puis desséchée à 100°, est la seule forme de silice qui réagisse rapidement sur la chaux aux environs de 1.000°;
Vol. 3.— N°6.
uinp 1920.
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2° La silice vitreuse commence bien à réagir sur la chaux à cette même température, mais la vitesse de réaction est beaucoup plus faible, environ 0,1 par rapport à la silice précipitée;
3° Le quartz et la cristobalite ne se combinent pas à la chaux avant 1.400°, la cristobalite réagissant un peu plus difficilement que le quartz;
4° Aux environs de 1.400°, les variétés de silice se combinent rapidement à la chaux, en donnant le silicate bicalcique, tandis qu’audessous de 1 .400°, il se formerait seulement, avec la silice amorphe, le silicate monocalcique ;
5° La température minima de formation du silicate hicalcique serait comprise entre 1.390°
et 1.420° pour la silice précipitée et entre 1.412° et 1.444° pour la silice vitreuse, le quartz et la cristobalite.
Ces résultats confirment l’opinion que l’on pouvait se faire à priori des qualités chimiques du verre de quartz. Il est nettement supérieur au verre ordinaire, non seulement par son point de fusion élevé et son ipsensibilité aux variations de température, mais aussi par sa plus grande résistance aux agents chimiques.
A ce dernier point de vue, il se place entre la silice précipitée, plus attaquable, et les variétés cristallisées, plus résistantes.
Georges Flusin,
Professeur à la Faculté des Sciences de Grenoble.