VERRE RICHE EN CHAUX
Exige une plus haute température pour la fusion et l'affinage.
Attaque plus vivement les creusets, mais indirectement à cause de la plus haute température qu'exige la fonte.
Dur, se polit lentement, mais prend un poli meilleur et durable.
Résiste beaucoup mieux srl'influence de l'eau et des autres agents chimiques, ainsi qu'aux brusques changements de température. Il est élastique.
HENRIVAUX. — LE VERRE. 77
D'après certains auteurs, le verre riche en chaux se dévilrifie plus facilement. La question est controversée, témoin les essais de M. Pelouze (Comptes rendus de V Académie, t. LXIV), et la réponse de M. Bontemps, qui attribue la principale cause de dévitrification non pas à la silice, mais à la chaux. Cette dernière assertion est réfutée à son tour par M. Glémandot : « Si le verre renferme trop de chaux, il peut se dévitrifier, il est vrai, mais un excès de silice ou d'oxyde de plomb produit tout aussi bien la dévitrification. » D'après M. Benrath, ce dernier point de vue est le vrai, et il y aurait grand intérêt à chercher à établir quel est le maximum de silice et de chaux que l'on peut sans danger iniroduire dans le verre.
En résumé :
i° k l'exception du verre ordinaire à bouteilles et des verres à une seule base, reconnus comme mauvais, le verre non plombeux se rapproche, dans sa composition, en partie de la formule :
5 0,3Si03+ 7(CaO,3Si03),
d'une part, et, d'autre part, de la suivante :
5(2NaO,7Si03+ 2(CaO,7Si03).
De ces deux sortes de verre, la première est fabriquée principalement à Venise, en Bohême et en Allemagne, la seconde en France et en Angleterre.
2" Le verre riche en chaux est plus apte à répondre aux justes exigences du public qui réclame la plus grande dureté possible, de l'élasticité et de la force de résistance aux agents chimiques.
3° La première de ces formules donne, d'après les essais tentés jusqu'ici, le maximum de valeur pour la silice et la chaux dans un bon verre. On ne saurait néanmoins dépasser cette proportion d'une manière un peu notable sans s'exposer à la dévitrification, soil dans le four à fondre quand on le refroidit pendant le travail, soit dans le four à étendre ou à recuire.
Il résulte de tout ce qui a précédé jusqu'ici que M. Benrath considère le verre comme un composé défini, plus ou moins pur il est vrai, comme le sont tous les produits commerciaux dont la valeur croît en raison de leur richesse et de leur pureté. Le tableau des analyses montre d'ailleurs que les meilleurs verres ne sont autre chose que du verre normal rendu un peu fusible par un léger excès de fondant, et qu'ils tendent à se rapprocher d'un type unique vers lequel on doit s'efforcer de ramener tous les verres dont on veut améliorer la qualité.
Voici le résultat de quelques expériences pour éprouver la résistance aux agents chimiques des diflérents verres :
Les verres n"' 1, 28 et 29 (p. 78), pulvérisés aussi uniformément que possible, furent abandonnés pendant quarante-huit heures sur le bain de sable avec trois fois leur volume d'acide chlorhydrique dilué ; la dissolution fut ensuite fdlrée, le résidu lavé à l'eau chaude et desséché à 100 degrés.
Verre n" 1 de Munsterbiisch de Saint-Gobain)
Verre normal 96,55 p. iOO
Argile 0,65 —
Soude 2,45 —
Chaux 0,44 —
100,09 p. toc
Après l'expérierice, on constata une perte de 1,52 pour 100.
Verre n" 28 de Ravenhead (Saint-Hellens).
Verre normal 47,96 p. 100
Argile 1,62 —
Silicate de soude 51,16 —
Soude en excès 0,08 —
La perte de poids fut 3,04 pour 100.
Verre n° 29 de Stolberg (C'^ d'Aix-la-Chapelle).
Verre normal 47,53 p. 100
Argile 3,57 —
Silicate de soude 30,33 —
Silice en excès 18,37 —
La perte de poids fut de 1,84 pour 100.
On voit, par là, que le verre n^l, riche en chaux, bien que n'étant point saturé de silice comme le verre n" 28, qui renferme peu de chaux, s'est montré néanmois deux fois aussi résistant.
Le verre n° 29, de Stolberg, contient un grand excès de silice et malgré cela, sa résistance aux agents chimiques est moindre que celle du verre n° 1, qui contient 96,55 pour 100 de verre normal.