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A GRILLE VIVE

M. l'ingénieur Quennec a construit, à sa verrerie de Semsales, canton de Fribourg (Suisse), un four à fusion et travail continus, brûlant le charbon à grille vive; ce four est en activité depuis près d'un an et l'inventeur prétend en retirer les avantages suivants :

1" Suppression des régénérateurs ou récupérateurs de chaleur, d'un établissement et d'un entretien très coûteux, indispensables pour la marche des fours à bassin en usage en ce moment.

2° Construction possible et facile du four sur les fondations des anciens fours à creusets.

3° Prix de construction très peu élevé. Le four, en activité en ce moment, est à quatre ouvertures, soit à douze places de travail où prennent place trois brigades se relevant de huit heures en huit heures. Ce four rend environ 6000 bouteilles en vingt-quatre heures et n'a coûté que 10 000 francs, y compris les deux arches à fritter les compositions.

4" Réparations de très peu d'importance à l'extinction du four.

5° Conduite du four des plus simples et sans arrêts d'aucune sorte. Le four dans lequel on travaille en ce moment fonctionne depuis six mois avecuue très grande régularité dans la production du verre qui est constamment fin.

6° La haute température du four permet une réduction très notable des fondants.

7" Utilisation des chaleurs perdues pour le frittage des compositions.

8° Point de grande cheminée, les flammes s'échappant librement dans la halle par de petites cheminées d'environ 1 mètre de hauteur.

9" Consommation très réduite de charbon ; avec un mélange de charbon gras et de lignite très schisteux à 30 pour 100 de cendres, on emploie, suivant les qualités, environ de 600 grammes à 1 kilogramme de combustible pour 1 kilogramme de verre fabriqué.

Le four consiste en :

2 grilles A (fig. 105) lançant directement leurs gaz dans le four B, après leur mélange avec l'air sortant par les diverses ouvertures C, air qui a été chauffé à une très haute température par son passage dans des canaux ménagés le long des parois des loyers et du four.

Les flammes, après avoir parcouru le four B, s'échappi

lent par la cheminée D

Quant aux matières vitrifiables, elles sont renfournées par les trous E et puisées à l'état de verre fin aux ouvreaux f dans des pots flotteurs H percés d'un trou i (fig. 107) prenant le verre dans la couche de verre du bassin.

Pour limiter la surface de fusionet empêcher la compositon d'entourer les flotteurs, on emploie des ronds ou cuves qui nagent à la surface du verre (fig. 109) ;

Fig. 108.

puis deux pièces flottantes en terre bb', venant se butter contre des arrêts ménagés le long des parois du bassin. Ces parois ont une épaisseur telle qu'elles plongent dans la cuve jusqu'à une profondeur qui correspond au verre fondu affiné; ce qui surnage à la surface du bain est donc arrêté par ce barrage. Cette disposition n'est, du reste, pas particulière au four Quennec.

Fie. 109.

Dans ce four, je vois un avantage sérieux dans l'économie et la simplicité relative de sa construction.

J'admets que l'on obtienne dans le bassin de ce four du verre fin pour les bouteilles; autre chose est d'obtenir du verre à vitres fin, et pour ce dernier emploi j'attends que l'usage ait prononcé avant de porter un jugement.

La consommation de charbon me paraît faible pour un kilogramme de verre fondu et affiné, cela avec un four privé de récupérateurs. L'absence d'un tirage énergique ne me paraît pas une amélioration, les produits de la combustion étant envoyés dans la halle de fusion et de travail.

La partie la plus délicate au point de vue de la solidité de la construction ou plutôt de la rapidité d'usure est la paroi du bassin auprès de l'autel en CG et E.

Avec ces gazogènes (1), qui sont plutôt des foyers, je crains une combustion accélérée, irrégulière et production d'acide carbonique en grande quantité.

Pour me résumer, ce four se recommande par la simplicité de sa construction, son prix modique d'établissement; l'usage paraît avoir consacré ce four pour la fabrication des bouteilles, reste à connaître le résultat de la fabrication pour le verre à vitres.

On vient de breveter en Allemagne un système, dit des courants opposés, pour obtenir de hautes températures et une égale répartition de chaleur dans la chambre de chauffe.

Les deux planches XXV, XXVI viennent compléter la description que nous en donnons ici.

Ce système, dû à M. Klattenhoff, est représenté sous la forme la plus élémentaire de son application par la figure 1, pl. X, et consiste essentiellement en ce que dans la chambre de chauffe F d'un four on introduit à la fois de deux côtés opposés le gaz et Vair, par exemple l'un en a, Vautre en b, et on évacue les produits de la combustion par les mêmes côtés en c, de telle façon que les orifices d'introduction se trouvent dans le voisinage de ceux d'évacuation.

Il se forme par suite, à l'intérieur de la chambre de chauffe, des courants qui prennent à peu près la direction des flèches, et l'impulsion de l'entrée des gaz empêche qu'une évacuation directe de gaz non brûlés se produise de a par l'ouverture voisine c.

L'opposition des courants détermine un mélange très avantageux de gaz et d'air, d'où il résulte que la combustion est complète, la température très intense et la répartition de la chaleur régulière, même dans des fours d'une notable longueur.

On peut, en ramifiant les canaux, installer plus de deux orifices a et un nombre correspondant d'orifices b ei c ; pour arriver aune meilleure répartition delà flamme, a eib peuvent être réunis en un brûleur unique en dehors de la chambre de chauffe proprement dite. Au lieu d'être disposés l'un au-dessus de l'autre, les orifices peuvent être disposés horizontalement l'un à côté de l'autre ou triangulairement. Quand le four a des régénérateurs, on peut organiser un changement d'introduction de l'air, de sorte que l'air entre alternativement par b et c, tandis que les produits de la combustion sortent par c et b. On pourrait également, au moyen d'une moditication insignifiante, organiser un changement d'introduction du gaz, pourvu qu'en tout cas, conformément à la description fondamentale, on combine Vopposition des courants avec le rapprochement le plus complet possible des orifices d'entrée et de sortie entre eux, de façon que le changement dans les régénérateurs ne donne lieu qu'à des modifications insignifiantes de la direction et de l'intensité des courants de gaz qui s'entre-croisent et tourbillonnent dans la chambre de chauffe.

(1) A la façon des foyers Boëtius et Biclieroux.

Deux dispositions spéciales du système sont représentées dans les figures 2, 3, 4, pl. I, et figures 1, 2, 3, pl. II.

Dans les deux cas, la chambre de chauffe est celle d'un four à acier, mais pourrait aussi bien être celle d'un four à verre ou avoir toute autre destination; on pourrait notamment en appliquant la disposition des courants opposés aux deux longs côtés d'un four à cuve, en tirer un parti extrêmement avantageux.

Voici le sens des indications dans les six figures en question : o, trou de nettoyage; g, gaz; /, air; A;, cheminée, c'est-à-dire direction vers elle ; w, régénérateur.

La planche XXIII indique l'application de la disposition à un système à régénérateurs avec direction constante des gaz; la planche XXIV a son application à un système à régénérateurs avec changement d'air et montre avec quelle facilité des installations à régénérateurs existantes peuvent être modifiées dans le sens de cette application.

Les lettres et les flèches suffisent à indiquer du reste la signification des dessins.

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