POUR OPÉRER SOUS LE MERCURE
Au lieu d'opérer sous l'eau, on peut se proposer d'opérer sous le mercure avec toute la précision des meilleurs appareils. Dans ce but, M. Coquillion fait quelques modifications à l'appareil précédent; il importe de les décrire.
Le mesureur (fig. 119), dont la capacité est de 40 à 50 centimètres cubes
FiG. 119.
seulement divisés en dixièmes, est soudé directement à la petite cloche renversée qui forme le brûleur; il est entouré d'un manchon rempli d'eau, avec un thermomètre pour indiquer les variations de température. Le brûleur C est fermé par un bouchon à trois trous ; dans deux de ces trous passent les tiges destinées à serrer le fil de platine et qui doivent se trouver sous le mercure ; leur extrémité ainsi que les vis sont en platine ; de plus, comme ces tiges doivent être
isolées du mercure, elles portent une gaine en ivoire ou en verre qui s'avance tout près de l'extrémité où est fixé le fil de platine; quant à l'extrémité de la cloche qui s'engage dans le troisième trou, son niveau doit se trouver un peu au-dessous de la partie métallique des tiges ; le fil ne rougit que lorsque le mercure cesse d'être en contact avec le platine pour être en contact avec la gaine de verre. La cloche D, qui passe par le troisième trou du bouchon, repose sur im petit cristallisoir où le mercure monte et descend.
Au lieu d'être relié à un flacon, le mesureur est rattaché par un caoutchouc très épais, à un tube qui se meut de bas en haut ou inversement le long d'un support mobile, ou bien à la main, si l'on veut.
A la pointe du mesureur peut se fixer un entonnoir ou une cloche soudée à angle droit, qui plonge d'une part dans la cuve à mercure en porcelaine et qui, d'autre part, est reliée par un caoutchouc à la pointe du mesureur ; elle peut aussi être soudée au mesureur. Toutes ces pièces sont fixées sur un cadre vertical reposant sur un pied.
MISE EN MARCHE DE l'APPAREIL
Pour que l'appareil soit prêt à fonctionner, il faut que le brûleur, les capillaires et les cloches soient remplis de mercure ; on verse à cet effet du mercure dans le tube élévateur, puis on tourne le robinet pour mettre en communication le mesureur et le brûleur: en abaissant le tube élévateur, le mercure monte dans le brûleur et vient bientôt se déverser dans le mesureur; on refoule l'air sous la cloche de devant jusqu'à ce que le mercure se déverse par la pointe." Pour enlever l'air de cette cloche, on prend une pipette courbe dont la pointe remonte jusqu'au sommet et on aspire.
Dans ces conditions, le mercure remplissant l'appareil doit rester stationnaire si le robinet est bien rodé ; s'il y a des fuites, on le voit descendre dans le tube capillaire du mesureur.
MANIÈRE d'opérer
Pour analyser les gaz, on devra tout d'abord les transvaser sous le mercure dans de petites éprouvettes, que l'on portera sur la cuve en porcelaine ; le gaz alors sera transvasé sous la petite cloche ; on ne prendra que la portion qui doit être analysée, l'excédent sera retiré au moyen de la pipette. Le gaz transvasé, on le mesure, en le faisant passer dans le tube gradué et ramenant le mercure jusqu'à la naissance du tube capillaire, au zéro ; on établit le niveau du mercure dans le tube élévateur sur la même ligne horizontale que dans le mesureur; on vise avec une lunette la division correspondante, ce qui donne le volume gazeux. On refoule ensuite le gaz sous la cloche qui repose sur la cuve à mercure ; on y introduit avec un fil de platine une balle de potasse, pour absorber l'acide carbonique ; on mesure de nouveau le gaz, et on peut, en faisant tourner le robinet, le faire passer à volonté sur le brûleur, ou le ramener sous la petite
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cloche de la cuve à mercure et y faire passer une balle de papier mâché, imprégnée soit de pyrogallate, soit de chlorure cuivreux, selon les cas que l'on aura à analyser.
Les gaz devront se trouver dans des proportions telles qu'ils ne donnent pas lieu à un mélange détonant lorsqu'il s'agira de les brûler ; il sera facile aussi de doser l'oxygène par sa combustion avec l'hydrogène.
Les balles à réactif peuvent être préparées, comme le recommande Bunsen, avec du papier mâché, formé de papier buvard qu'on presse dans un moule à balle en fer autour d'un fil de platine et qu'on sèche à 100 degrés. Mais comme ces balles sont encore longues à préparer, qu'on introduit un peu d'air avec elles, on peut tout aussi bien introduire le réactif sous forme liquide avec une petite pipette courbe ; l'absorption est facilitée par les mouvements de va-et-vient du gaz. Lorsque, ensuite, on la juge' complète, on fait passer en partie le gaz dans le mesureur; on s'arrête lorsque le réactif arrive à la partie supérieure de la cloche. Ace moment, on ferme le robinet et on aspire le réactif avec une pipette ; puis on ramène le gaz dans le mesureur, et on fait la lecture.
Pour faire une seconde analyse, il sera bon d'essuyer la cloche avec du papier buvard ou d'y faire passer un peu d'eau pour la laver.
Ce même appareil peut servir sous l'eau si l'on enlève la petite cloche qui repose sur la cuve à mercure; on pourra introduire par la pointe du mesureur des doubles flacons à réactifs : il en faudra un contenant delà potasse, puisqu'ici l'on n'a pas de cloche.
On pourra considérer les différents cas que nous avons examinés précédemment et opérer comme on l'a indiqué.