‹ Le verre et le cristal (volume 2)Chapitre 100 sur 177 · FIG · texte numérisé non relu

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mencé à fabriquer les verres filigranes et qu’on a reconstitué les procédés, les tours de mains à l’aide desquels on les produit.

On fabrique aussi à Venise des verres craquelés (qu’on imite, et qu’on fabrique même beaucoup mieux dans les cristalleries françaises). Ce verre, obtenu en plongeant rapidement la paraison dans l’eau, se gerce, se fendille à la surface; on continue ensuite le travail ordinaire, et ces craquelures ne disparaissent plus. Le corps de certains verres, de coupes, est ainsi orné et remplace une gravure mate ou un verre opalin.

1IENRIVAUX.. — LE VERRE.

Bien que le verre de Venise contienne une petite proportion de minium, ce l’est pas un cristal. Ce verre pendantletravail conserve une certaine plasticité qui

Fig. 234.

permet aux artistes verriers de lui donner mille formes qui souvent même sont modifiées pendant leur exécution, soit par le caprice de 1 ouvrier, soit à caust. de l’effet plus ou moins heureux que présente la pièce soufflée.

Ou trouve dans les collections, les musées, d’anciens verres de Venise dont la perfection a été rarement atteinte par nos fabricants (fig. 232 et 232 bis).

Il n’en est malheureusement pas toujours de même actuellement ; nous pré- ; lerons de beaucoup les lustres de Bohême, ou même les lustres des cristalleries : françaises (fig. 233) à ces œuvres surchargées d’ornements en verre pilé, en1 verre de toutes couleurs, souvent peu harmonisées qui enlèvent aux pièces 1 montées de Venise tout cachet artistique (fig. 234).

Dans les pièces isolées, les verres, coupes, vases de Venise, ce que l’on doit remarquer principalement, c’est l’imagination de l’artiste donnant à un vase des formes multiples et bien souvent gracieuses, originales.

Qui ne connaît ces boules, ou presse-papiers en verre, au centre desquels on voit une multitude de fleurs de différentes couleurs, souvent même des

Fig. 235. — Serre-papiers avec mille/iori (a).

images, figures, bouquets, fleurs (d’où le nom de mille fiori ). Des fragments de ! baguettes de verre filigrané sont posés dans les rainures d’une plaque de fonte, chauffés, et recouverts par une paraison de verre chaud dans laquelle ils s’incrustent. On donne ensuite à cette pâte de verre la forme sphérique, semisphérique ou aplatie (fig.235). Souvent même on incruste dans cette paraison des figurines en argile blanche, des têtes de pipe, etc.; dans ce cas il faut également faire chauffer ces figurines, employer un verre bien affiné, et éviter avec ; grand soin d’emprisonner des bulles d’air qui dépareraient complètement j l’image ainsi enverrée.

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