FABRICATION DE LA LAINE MINÉRALE
L’idée d’utiliser le laitier de haut fourneau en le transformant en un produit fibreux appelé laine minérale est née en Allemagne; la première installation faite dans ce but fut fondée à Osnabrück, par Liirmann. Ce produit a été fabriqué depuis un certain nombre d’années industriellement dans un petit
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haut fourneau, à Greenwood (New-Jersev, États-Unis), et, la demande s’étant accrue, un second fourneau a été installé à Stanhope (New-Jersey) ; ce fourneau livre par jour vingt chariots de laitier à la fabrique de laine minérale. Le procédé actuellement en usage diffère sous plusieurs rapports, quant à ses détails, de celui suivi dans le principe et décrit à cette époque, et M. Parrott fournit à ce sujet les renseignements suivants :
La longueur et la finesse de la fibre obtenue en insufflant de la vapeur à travers un courant de laitier fondu dépendent beaucoup de la composition et de la température de la matière fluide ; une scorie très fluide et chaude donne une quantité plus grande de fibre très fine. A Stanhope, la vapeur a une pression de 3 à 5 atmosphères, s’échappe par une ouverture en forme de croissant de 37 millimètres sur 35 millimètres et vient frapper un courant de laitier fondu d’un doigt d’épaisseur environ, qui s’écoule du chariot à scorie sur un chenal réglant le courant. La vapeur divise le laitier en une quantité innombrable de petites masses ou dragées, qui, en se détachant, forment un fil ou fibre; cette transformation est due exclusivement à la force mécanique des particules de vapeur, dont la vitesse peut être estimée à 600 mètres environ par minute.
La matière est projetée contre un mur en briques élevé dans une grande chambre, qui sert à recueillir la laine; les grenailles sont ainsi séparées de la fibre et restent emprisonnées dans la laine déposée sur le fond de la chambre. A Stanhope, il existe deux de ces chambres, dans chacune desquelles débouchent quatre jets, disposés par couples ; l’une des chambres est vidée après qu’on l’a laissée refroidir pendant une demi-journée. La laine mélangée de grenailles est transportée à un crible à l’aide d’un appareil spécial ; on doit remuer la matière pendant un très long temps et en rejeter jusqu’à 100 kilogrammes par ,mètre cube; la laine est transportée ensuite au magasin. 80 pour 100 du produit obtenu forment la quantité ordinaire, qui pèse environ 400 kilogrammes par mètre cube; les 20 pour 100 restant constituent ce que l’United States Minerai Wool Company appelle la qualité extra, exempte de grenailles et pesant environ 240 kilogrammes par mètre cube. Les courants d’air produits dans la chambre par les jets de la vapeur entraînent les fibres les plus légères au-dessus du mur en briques dans une chambre postérieure, où elles s’accumulent et forment la matière qui fournit la qualité extra. Le crible est un appareil très simple, composé d’une caisse d’environ 2m,50 de long, sur 0m,90 de large et 0m,60 de haut, recouverte par-dessus d’un tissu métallique à mailles de 6mm,35 ; la caisse est suspendue de manière que la surface du crible soit légèrement inclinée et elle reçoit un mouvement de va-et-vient rapide au moyen d’un excentrique. De l’air est lancé par un ventilateur à travers le crible et emporte ainsi la poussière fine. Actuellement, on n’utilise qu’une partie du laitier, parce qu’elle se fige; mais on songe à construire un fourneau à réverbère, dans lequel la scorie fondue venant du haut fourneau sera chargée et conservée, jusqu’au moment de l’utiliser ; on pense qu’on aura ainsi un travail plus régulier, parce que le laitier sera alors à la température convenable. L’installation actuelle de Stanhope produit environ 1000 kilogrammes par jour.
La laine minérale est employée principalement comme substance mauvaise conductrice de la chaleur, et les essais dontvoici ci-contre les résultats, exécutés
4i6 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
par M. Emery et publiés dans une communication faite par lui à la Société des ingénieurs mécaniciens d’Amérique, montrent l’utilité de ce produit. Les expériences furent faites en se rapprochant, autant que possible, des conditions dans lesquelles les tuyaux de vapeur et leurs enveloppes protectrices se trouvent dans la pratique. M. Emery a trouvé ainsi que la couverture en poils constituait la meilleure substance non conductrice et, en représentant sa valeur par 100, les autres matières essayées ont la valeur suivante :
Laine minérale n° 2 . Couche de 0m,05 d’épaissseur
Sciure de bois . —
Laine minérale n° 1 . . . . —
Charbon de bois . —
Sapin coupé en travers. . —
Terre . —
Asbeste . —
Enveloppe d’air . —
M. Emery fait remarquer le peu d’efficacité de l’enveloppe d’air, résultat tout à fait en opposition avec l’opinion généralement répandue. Il attribue ce peu d’efficacité à ce fait, qu’il se produit une circulation : l’air se refroidit d’un côté de l’enveloppe, descend et remonte de l’autre côté. Il pense que c’est probablement l’air qui est la substance non conductrice ; mais il faut le tenir en repos et empêcher sa circulation.