‹ Le verre et le cristal (volume 2)Chapitre 110 sur 177 · YEUX ARTIFICIELS · texte numérisé non relu

YEUX ARTIFICIELS

\oici le mode de fabrication de M. Bax pour obtenir les yeux artificiels :

L’opération se réduit : 1° à fondre les lentilles de verre ; 2° à les user et les polir; 3° aies peindre.

<t 1° Pour fondre les lentilles, mon appareil, dit l’auteur, consiste en une boîte de tôle confectionnée sans soudure. Celle dont je fais usage est construite ainsi qu il suit : 22 centimètres (8 pouces) de longueur, 14 centimètres (5 pouces) de largeur, et 4 centimètres (1 pouce 1/2) d’épaisseur. Ces proportions ne sont point rigoureuses. Cette boîte peut être comparée à un étui de livre, elle n est ouverte qu à une extrémité. J’introduis par cette ouverture un plateau ou tiioir de même métal, large de 13 centimètres sur 22 (4 pouces 3/4 sur 8) de

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long; ses bords sont relevés d’environ 14 millimètres (6 lignes); il doit entrer et sortir librement; on lui adapte une anse ou queue pour la saisir. La boîte sert à garantir le verre en fusion des corps cinérés ; de plus, elle concentre la chaleur. L’intervalle qui existe entre la voûte et le plateau laisse voir l’état

idu verre pendant l’opération.

« Je taille autant de morceaux de verre circulaires que je désire fondre de lentilles. Le diamètre de chaque morceau est relatif à l’épaisseur du verre et à la grandeur des yeux que j’ai l’intention de faire. Pour taillerie verre, je trouve I plus expéditif, d’appuyer le morceau que je veux arrondir sur un corps solide et anguleux; puis, à 1 aide d un marteau, dont je ménage les coups, je brise tout autour les saillies qui bordent la circonférence ; pour les grosses espèces, on ; pourrait employer le grugeoir des vitriers. Le meilleur verre est la glace, qui présente une teinte verte dans sa cassure; à défaut de celle-ci, les cristaux et le verre à vitres ; toutefois, il convient d’éviter, autant que possible, de réunir plu- 1 sieurs qualités de verre dans la même fonte, afin que la fusion s’opère uniformément.

» Ainsi façonnés, je place ces verres sur le plateau, en observant assez de distance entre eux pour prévenir leur agglomération ; et, comme ils pourraient adhérer au plateau, ou lui enlever un oxyde qui troublerait leur transparence, il est indispensable d’enduire celui-ci d’une couche de blanc de céruse délayé! Il est nécessaire aussi de dessécher cette couche à l’aide d’une chaleur légère. A la i céruse on pourrait substituer le tripoli, ou un lit de sable fin. Le plateau dont I J ai fa*1 mention plus haut peut contenir quarante paires de lentilles assorties, i Je place horizontalement la boîte sur un foyer, en sorte qu’elle puisse être entourée d’assez de charbon pour éprouver une forte chaleur. Le feu étant allumé, i je glisse legèiement le plateau dans la boîte, en conservant l’arrangement des : verres.

» La fusion commence par leur circonférence, qui s’aiïaisse et s’arrondit ;

• 1 alors les inégalités résultant de la cassure disparaissent, la face supérieure se bombe, la face inférieure se moule sur le plan où elle repose. Aussitôt que le verre est fondu, on retire le plateau, qu’on peut successivement remplacer par plusieurs autres. Ce moyen, plus expéditif, est aussi plus économique.

» 2° Les lentilles, ainsi fondues, ont, pour la plupart, besoin d’être usées sur leur face plate, ce qui se pratique en les frottant sur un grès uni et humecté, i jusqu’à ce qu’elles soient réduites à un segment de sphère, figurant la chambre antérieure de l’œil, coupée perpendiculairement à l’iris. Pour abréger cette opération, on repliera une lame de fer-blanc, ou une feuille de carton, de manière à former un moule ressemblant à un rouleau de serviette. Son diamètre sera proportionné à l’étendue de la surface du grès. Pour s’en servir, on l’appliquera ;sur un plan uni, comme par exemple une table de marbre ou le dessus d’une assiette. On placera sur ce même plan, dans l’intérieur du moule, une couche de S lentilles reposant sur leur face plate; on coulera en suite par-dessus un mélange de poix et de plâtre, ou tout autre mastic susceptible de former une masse solide 1 en se durcissant, et capable de retenir assez fortement les lentilles pendant ! qu’on les use toutes à la fois. Le frottement du verre sur le grès le rend opaque ; il suffit de le repolir pour rétablir sa diaphanéité ; à cet effet, on frottera

les lentilles usées sur un morceau de planche saupoudré de pierre ponce porpliyrisée, ou de potée d’étain en usage chez les vitriers et miroitiers. Pour terminer, on les passera sur un morceau de feutre de chapeau.

» 3° Pour peindre la pupille de l’iris, les personnes habituées à manier le pinceau suivront leur goût; celles qui sont étrangères à cet art, pourront peindre la face plate uniformément de la couleur iridaire ; ensuite, elles enlèveront au centre un cercle de cette même couleur, grand et configuré comme la pupille; puis elles le remplaceront par la couleur noire, et vice versa , si l’on peignait d’abord tout en noir. Je prends avec une brucelle la lentille que je veux peindre; je présente la face convexe à une glace placée devant moi ; par conséquent, la face plate est tournée de mon côté. Je dépose au centre de cette face une goutte de peinture noire que j’étends jusqu’à ce que je sois parvenu aux dimensions de la pupille que je veux exprimer; la glace m’indique quand je suis parvenu à ce point. La pupille étant sèche, je colore l’iris. Les couleurs employées devront toujours être broyées à l’huile de lin recuite, comme étant plus siccative. Elles seront assez consistantes pour ne pas trop s’étendre en se desséchant. »

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