‹ Le verre et le cristal (volume 2)Chapitre 143 sur 177 · ITALIE · texte numérisé non relu

ITALIE

L’industrie du verre bornée à la fabrication de produits plus ou moins blancs (silicate deichaux et soude) est pratiquée en Italie dans differentes usines , généralement de peu d importance , et répandues çà et là dans une cinquantaine do localités dont les principales sont Milan Porlegge, (Lac de Cô)me, Intri, Desenzano, Verone, Parme;, Plaisance, Ferrare, Altare, Ascoli, Venise, Florence, Col d’Esle, Livourne, Naples, Païenne, etc., etc.

La plupart de ces usines possèdent encore des fours d’anciens systèmes pour ce qui touche au réchauffage proprement dit.

Quelques fabriques seulement, celles d’Intre, de Porlegge, Saint-Jean, pre 5 "Verone, Desenzano, etc., ont établi et adopté depuis ces dix dernières années des fours à gaz Siemens, permettant l’usage de combustibles très médiocres,

Les produits obtenus dans ces diverses manufactures consistent en un verre commun à base de chaux et de soude : la fabrication du cristal à base de plomb n’étant pas encore bien connue, on fait avec ce verre une infinité d’objets, tels que cloches, vases, tuiles, bouteilles, verre à vitre, flacons, dame-jeannes et autres récipients.

Parmi les récipients plus communs , ceux destinés à contenir du vin ou de l’huile, il y a lieu de remarquer le modeste mais très pratique flacon toscan, lequel se fabrique en grand et dont l’usage, déjà bien répandu dans toutes les parties de l’Italie, tend même à se répandre dans les pays au-delà des Alpes.

Quelques verreries, telles que celles d’ Altare, Florence , Ascali et Païenne, viennent d’introduire la fabrication du verre blanc poli genre cristal.

Belle et bonne réputation que celle dont jouirent, dans les siècles passés, cts merveilleux verres de Venise aux membrures et ornements d’or incrustés et où lu grande habileté de l’artisan venait si bien s’associer au génie de l’invention.

Les verres chrétiens et Byzantins émaillés et dorés, et, en dernier lieu, ceux soufflés du XVe siècle, ainsi que ceux du XVIe, quoique bien inférieurs , marquèrent l'apogée de cet art.

Et aujourd’hui même , nous voyons la tradition de semblables travaux sc continuer dans les produits des industriels de Venise et de Murano. La maison

(1) Notizie statistiche sulla ïndustrice mineraria in Italia, dal 1860 à x880 — Roma 1.S3J — Ministero d’ogricoltura , Iadustria e commercio — Direzione agr’coltura.

INDUSTRIE DU VERRE

Salviati et surtout la nouvelle Cie de Venise et Murano , celle-ci soutenue par des capitaux anglais, s’attachent, d’une manière particulière, à l'imitation de l’art du

passé.

A l’Exposition de Paris, en 18^8. les produits de ce genre frappaient les jeux.

Au point de vue de la délicatesse, du fini, et delà recherche variée des couleurs, la Compagnie de Murano et Venise tenait un bon rang parmi la verrerie exposée.

L’Italie, ou tout au moins Venise , ne recule devant aucun sacrifice pour arriver à imiter ou à reproduire ce que la Venise d’autrefois a produilf.

1) faut dire que ces brimborions de la première fabrication vénitienne, sont, de beaucoup supérieurs sous le rapport du bon goût et des peintures à tout ce qui se fait ailleurs dans le même genre.

Mais il arrive aujourd’hui que la mode a délaissé complètement le vase barriolé et capricieux des Vénitiens, pour lui substituer les cristaux de Bohème, de France et d’Angleterre, remarquables par leur limpidité et leur transparence.

Les miroirs de Venise à cadres parsemés de fleurs ainsi que les lustres somptueux de salons conservent encore une certaine réputation.

Une autre branche d’industrie de grand prix, qui est en bonne voie de prospérité et dont les résultats continuent à être satisfaisants , consiste dans la verroterie et la mosaïque.

Le détail de ces objets, et plus particulièrement ceux de verroterie, ne figure pas sur les registres de la Douane, il est vrai , et cela parce que ces produits étaient fabriqués en franchise, et exportés ensuite au-delà des mers. Ce qu’il importe de savoir, c’est que l’ensemble des produits ainsi fabriqués présente une valeur réelle annuelle d’environ 10 millions de francs et occupe un nombre d’ouvriers qui peut s’évaluer à cinq mille.

Ces verroteries se composaient en grande partie d’objets émaillés pour colliers et bracelets à l’usage de la population des campagnes.

Tous ces objets ont été délaissés depuis par le plus grand nombre des marchés européens et leur écoulement ne s’opère guère aujourd’hui que sur ceux de l’Afrique et de l’Asie, ce qui fait qu’on n’en retire que la moitié de la valeur d’autrefois.

Venise a aussi conservé la fabrication de ces mosaïques aussi remarquables ou pomt de vue artistique qu’à celui des matières emplojées et à la graduation des nuances. Pour cette fabrication aussi bien que pour celle d’autres verres, il n’est plus besoin d’aller demander au dehors les matières premières telles que salis, soude , oxydes métalliques ; l’Italie produit elle-même , presque en totalité , les dérivés énumérés ci-dessus.

Malgré la décadence reconnue de l’industrie verrière, il existe encore en Italie une cinquantaine de manufactures, les unes s’occupant de la fabrication des émaux

INDUSTRIE DU VERRE

mosaïques et d’articles divers de verroterie et les autres s’attachant seulement à la réduction de ces mêmes objets.

Ces usines peuvent occuper environ 2,400 ouvriers.

L'importance totale annuelle ues produits de l'industrie verrière neut. s'évaluer

(pour Venise) à . 5.500.000 de lires.

Pour le reste de l’Italie , nous trouvons :

Verre à vitre , cloches , vases et autres objets ... 5.500.000 —

Bouteilles ordinaires (environ 500.000) . . 1.000.000

Total . . 12.000.000 de lires

avec l’emploi de 5.000 ouvriers.

Il résulte de ce que nous avons relevé sur les registres de la Douane que l’exportation verrière a été d’environ 4,700,000 francs contre une importation de 6,000,000 francs.

L’importation représente notamment les objets de cristal et plus encore les grandes glaces pour devantures de magasins qu’on obtient aujourd’hui dans des dimensions variant de 12 à 15*.

La fabrication de volumes aussi grands ne serait pas d’irn grand, apport pour l’Italie, tant à cause de leur prix élevé, qu’à cause du peu de débouchés qu’on en aurait.

Le crist .d, verre limpide et blanc, bien que coûtant un peu plus cher, a lait délaisser le verre commun, même pour les usages les plus ordinaires ; il est fabriqué principalement en Angleterre.

Quiconque a visité les verreries Anglaises, Françaises, Belges et Autrichiennes ou qui a au moins vu des produits de l’une ou l’autre de ces nations parmi lesquelles il y a lutte continuelle, ne peut que regretter la faible production qui alimente à peine l’Italie , tandis que d’autres puissances peuvent chiffrer, par des centaines de millions l’importance annuelle de leur production.

Cependant le champ pourrait s’ouvrir très vaste pour l’Italie , les matières premières ne lui faisant pas défaut ; la partie artistique entrerait aussi pour une bonne part dans cette fabrication dont Venise a été jadis la patrie.

La réforme sur l’impôt , votée en 1878, laquelle augmentait sensiblement les tarifs à l’entrée , permet de croire qu’il serait donné une grande impulsion à cette industrie.

Nous constatons à regret que cette réforme a produit jusqu’alors peu d’effet.

A part quelques tentatives restées infructueuses, on n’a rien fait pour l’introduction dans les usines de la fabrication du cristal, et cela à cause de la concurrence étrangère que craignent trop les manufacturiers italiens.

On ne cesse cependant de répéter que le pajs ne manque ni des éléments, ni du'combustible nécessaires pour permettre à une usine bien située et bien conduite ie fabriquer avec de sérieuses chances de réussite.

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