‹ Le verre et le cristal (volume 2)Chapitre 24 sur 177 · Partie · texte numérisé non relu

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intacte.

décomposée.

Silice .

Alumine .

Chaux. . .

Magnésie .

Fer .

Soude .

Potasse .

Eau .

On peut être autorisé à ne point considérer les verres très pauvres en chaux comme étant à proprement parler de bons verres.

Si maintenant on compare les verres de Venise, si estimés jadis et encore si appréciés à notre époque, les verres des meilleures fabriques de Bohême, le verre à glaces coulé de Saint-Gobain et des frères Chance et Cie, de Birmingham, on verra que tous ces verres, aussi différents par le lieu et l’époque de leur fabrication que par les usages auxquels ils sont destinés, présentent entre eux des analogies surprenantes et peuvent être ramenés à une composition fondamentale commune à tous. Par quelle formule représenter cette composition? M. Benrath, se basant sur un grand nombre d’analyses de ces diverses espèces de verre, dans le détail desquelles nous n’entrerons pas, s’est décidé à choisir la formule :

5 jT j 0,3 SiO3 -f 7(Ca0,3Si03) (1)

comme pouvant s’appliquer à l’expression de la formule chimique du verre

(1) Les équivalents adoptés dans ces recherches sont :

K = 39,2; Na =23; Ca=20; Mg = 12; Al = 13,7; Si = 14; 0 = 8.

HENRIVAUX. — LE VERRE. 75

normal. Dans le tableau des analyses, il a ajouté au résultat direct le calcul de la teneur en verre normal de l’échantillon examiné. L’alumine est ajoutée à l’oxyde de fer.

Après avoir calculé la teneur en verre normal, s’il reste de la soude (ou de la potasse) en excès, on la considère comme combinée à la silice libre à l’état de t risilicate ; si l’une de ces deux substances reste encore en excès, elle est comptée comme soude libre ou silice libre.

Pour mieux faire comprendre les tableaux, nous prendrons comme exemple l’analyse du verre à glaces de Munsterbusch, faite par Jackel :

SiO3 . = 72,31

NaO . = 11,42

CaO . — 14,96

A1203 -1 - Fe203 = 0,81

0,81 % A1203 + 0,95 % SiO3 10,24 NaO )

12,95 Caoj + ''>36 S'°3

1,76 % argile.

94,55 verre normal.

1,18 soude.

2,01 chaux.

Dans les analyses des verres anciens et modernes mentionnés plus haut, on trouve une teneur en chaux relativement élevée, et l’on peut dire, en résumé, que le rapport entre la chaux d’une part, et la potasse (ou la soude) correspondante d’autre part, est compris entre les limites de :

1° Deux équivalents des deux bases;

2° Trois équivalents de chaux pour deux de soude (ou potasse).

Si deux verres se comportent de la même façon extérieurement, et que l’un se montre plus riche en chaux, ce dernier est à préférer, car il sera beaucoup plus résistant aux agents chimiques.

Si l’on accepte comme normale la composition exprimée par la formule cidessus, les verres paraissent bons autant qu’ils renferment de 87,5 à 94,5 pour 100 de verre normal, tout écart tendant à le rendre plus mou, plus facilement fusible.

A côté des verres présentant une composition qui se rapproche de la formule que l’auteur considère comme normale, il en est dans le commerce, et même en plus grand nombre, qui se distinguent par leur faible teneur en chaux.

Comment les fabriques ont-elles été amenées dans cette voie que les anciennes verreries françaises, vénitiennes et bohémiennes avaient constamment évitée?

On peut expliquer ce fait en montrant comment on dut substituer successivement aux salins de potasse la soude naturelle, la soude d’Alicante, etc., et enfin la soude artificielle tirée du sel de Glauber; ignorant la véritable composition de leurs produits, les verriers employaient toujours les mêmes proportions. Lorsqu’on fit les premiers essais de substitution d’un sel à un autre, le verre se laissant facilement fondre et affiner, on jugea inutile de faire de nouvelles tentatives, et il resta bien acquis que l’on opérait pour le mieux et comme les anciens.

Prenons pour exemple l’analyse d’un verre blanc français faite par M. Pelouze:

Silice . 77,30

Soude . 16,30

Chaux . 6,40

Alumine et fer . traces.

Supposons qu’au lieu de la soude artificielle (renfermant 50 pour 100 de soude caustique) on ait employé, pour faire ce verre, un poids égal de soude d’Alicante (renfermant environ 39 pour 100 de soude caustique), la composition de ce verre serait à peu près celle-ci :

Silice . 76,70

Soude . 12,00

Chaux . 11,30

Ce serait un produit tout à fait analogue aux anciens verres vénitiens et bohémiens.

Jusqu’en 1857, au moins, les fabriques anglaises ont ignoré la cause des plaintes nombreuses qui leur étaient adressées; leurs produits devenaient ternes, se couvraient d’efflorescences, et l’importation étrangère croissait de jour en jour.

D’après Daglish, de nombreux essais furent alors tentés pour obtenir un verre de meilleure qualité et dans la plupart des cas les résultats se montrèrent très satisfaisants.

Comme on l’a déjà dit, le verre riche en chaux doit être préféré, à tout point de vue, par le consommateur ; mais il est évident que le producteur a des raisons pour continuer à fondre du verre pauvre en chaux aussi longtemps que la concurrence ou le goût du public ne l’obligeront point à en cesser la fabrication.

Voici d’ailleurs, un tableau comparatif de ces deux espèces de verres :

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