CHAPITRE III
Essais de fusion ou de retrait. — Un essai pratique important qui donnera des indications précieuses au fabricant consistera à soumettre à une dessiccation méthodique des fragments de pâte à briques ou à creusets, des fragments de briques ou de tuiles récemment moulées, de noter le retrait pris pendant cette dessiccation, puis de soumettre ces produits à une pression déterminée et aune température élevée et également déterminée, comparant les produits essayés à des témoins de composition et de résistance connues. On emploiera aussi utilement à cet effet un four chauffé par un brûleur Sainte Claire-Deville, alimenté par des huiles lourdes de pétrole, ou des huiles lourdes, provenant de résidus de la distillation de la houille dans les usines à gaz importantes. M. Audoin, ingénieur en chef de la Compagnie parisienne du gaz, a imaginé un petit four
spécial à ces essais de produits réfractaires et dont voici le principe et le
Plan, Coupe suivant A3 .
Fig. 40.
dessin. L’huile lourde de houille fournie par la Compagnie parisienne ayant pour densité à zéro 1,044, présente la composition suivante :
Carbone . 82
Hydrogène . 7,6
Oxygène, azote et soufre . 1 0,4
HENRIVAUX. — LE VERRE.
Son pouvoir calorifique est de 8,916.
Cette huile, en tombant dans le brûleur (dans lequel on a placé au début, pour l’allumage, un peu de coton imbibé de pétrole) se réduit en vapeurs qui rencontrent à ce moment l’air arrivant par les ouvertures pratiquées dans la porte; il se produit de cette façon une flamme analogue à celle d’un chalumeau, qu’il est facile de faire fonctionner dans les conditions les plus convenables, par un simple jeu de robinets. On peut ainsi opérer à volonté les réactions dans une atmosphère oxydante ou réductrice.
Quand le four est bien réglé, la combustion est complète, il ne se produit pas de fumée, et l’huile brûle sans laisser le moindre résidu.
Lorsque la combustion des huiles s’opère dans un foyer disposé de façon à concentrer la chaleur dans un petit espace, la température est si élevée, qu’on peut y fondre en quelques heures les briques les plus réfractaires. On fera donc usage pour la construction de ces fours d’épreuves, de matériaux réfractaires de choix, soit de plombagine mélangée d’un peu d’argile, soit de magnésie, soit de bauxite, soit de sels de chrome comme l’a conseillé M. Audoin il y a quelques années. On pourrait à l’occasion, comme moyen de chauffage, remplacer l’huile lourde décrite ci-dessus par du goudron brut.
Dans ce réservoir contenant l’huile lourde on fera passer un serpentin avec de la vapeur afin d’empêcher la solidification de cette huile. Nous avons obtenu de bonnes indications par l’emploi de ce système de four, au point de vue du retrait et de la résistance déterminés des produits réfractaires d’essais soumis à des expériences.
On devra attacher également une grande importance à la préparation des matériaux réfractaires, à leur densité et à leur fort degré de cuisson. Le degré de cuisson des produits réfractaires doit être au moins égal à celui qu’auront à supporter ces produits dans les constructions auxquelles ils sont destinés.