DESCRIPTION DE L’APPAREIL
Cet eudiomètre se compose d’un tube gradué A (fig. 118), c’est le mesureur; sa partie supérieure est capillaire et en forme de T ; elle porte un robinet percé à angle droit et situé au croisement des deux branches. Les graduations du
tube portent des divisions en dixièmes. Ce mesureur est entouré d’un manchon plein d’eau qui peut recevoir un thermomètre pour indiquer les variations de température; à sa base, il est relié avec un tube en caoutchouc qui vient s’adapter à un flacon que l’on peut soulever ou abaisser à la main.
La seconde pièce est une cloche en verre B, terminée également, à sa partie supérieure, par un tube capillaire en forme de T, reliée au mesureur par un caoutchouc et portant un robinet à trois voies. Cette cloche est entourée d’une
HENRIVAUX. — LE VERRE.
éprouvette contenant de la potasse ; elle est munie à son intérieur de tubes en verre destinés à multiplier les contacts du réactif avec les gaz.
La troisième pièce est le brûleur C, formé d’une petite cloche renversée et coudée, qui se raccorde avec la seconde pièce par un tube en caoutchouc. Cette petite cloche est fermée par un bouchon en caoutchouc à trous. Dans deux de ces trous passent des tiges métalliques en laiton ou en platine, munies de vis à leurs deux extrémités. Les vis qui sont à l’intérieur doivent serrer un fil de platine enroulé en spirale, celles qui sont à l’extérieur pressent les fils qui se raccordent aux deux pôles de la pile. Dans le troisième trou du bouchon passe la tige d’une cloche analogue à la précédente, et qui est entourée d’une éprouvette. Il faut éviter de rendre cette tige capillaire, car les gaz trouveront un écoulement plus facilement dans le cas d’une détonation qu’il est facile du reste d’éviter avec quelques précautions.
Toutes ces pièces sont fixées à un cadre vertical et consolidées par de petits taquets ; le tout repose sur un support horizontal.
Dans les cas où Ton aura à analyser des mélanges gazeux complexes, il faudra compléter l’appareil par des réactifs appropriés ; on aurait pu faire usage de cloches analogues à la cloche à potasse ; mais comme, dans ce cas, les réactifs agissent lentement et qu’on ne peut agiter, il est préférable de se servir de doubles flacons, d’une capacité double ou triple de celle du mesureur. Ces doubles flacons peuvent être bouchés tous deux, mais le bouchon de l’un d’eux est muni d’un tube en verre, continué par un tube en caoutchouc fermé par une pince de Mohr; ce tube peut s’adapter à la pointe du mesureur et le gaz peut être refoulé dans le flacon. Les deux réactifs dont on fait ordinairement usage sont : le chlorure de cuivre acide ou ammoniacal et le pyrogallate de potasse. Ce dernier devra être complètement à l’abri de l’air ; il suffira de verser un peu de benzine dans le flacon qui ne reçoit pas le gaz.