‹ Le verre et le cristalChapitre 109 sur 207 · ÉPAISSEUR · texte numérisé non relu

ÉPAISSEUR

des feuilles.

— — dépoli

— triple dépoli

Verre eoulé de Saint- Cubain strié. .

Verra coulé de Saint-Gobiin losange.

le di-puliisa^u fait perdre au verre ni*

Les verres à reliera de Saint-Gohain

dépoli, et environ trais fais plus que le v

t. Ceschiffressonllerésu

10 feuilles do duc des espèces de verre

HENRIVAUX. — LU VfcRRE. 4S5

Parmi les nombreuses applications, on peut citer :

A Paris : l'Hippodrome, la Société du Val d'Osne et les ateliers Migonnet- Rouart, l'administation des Pompes funèbres, les ateliers Marinoni, la gare d'Orléans, le Palais du Trocadéro, l'Hôtel des Postes, l'Hôtel de Ville, la gare Saint-Lazare, etc.

En province : les gares de Nevers, Lyon, Grenoble, Mâcon, Compagnie des Dombes, Orléans, etc., les ateliers du Creusot, les marchés de Dijon, Bordeaux, etc.

Indépendament des glaces minces ou verres à reliefs on emploie aussi depuis quelques années des dalles — ou giaces brutes — épaisses de 20 à 30 et 35

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millimètres. Quand les glaces ont plus de 14 millimètres d'épaisseur, elles prennent le nom de dalles. Ces pièces servent généralement à l'éclairage des soussols, et se posent sur des châssis en fer (fig. 265). On fabrique également des pavés en verre sur lesquels les voitures et les chevaux peuvent circuler

(fig. 266, 267, 268).

Ces dalles peuvent être moulées suivant toutes formes et dessins au gré de l'acheteur.

Les moules que Ton emploie couramment permettent de livrer, à bref délai, des dalles carrées ou rectangulaires, dont les dimensions peuvent varier suivant deux échelles: soit de 3 centimètres en 3 centimètres, soitdeicentimètres en 4 centimètres, jusqu'à 0,n,60 de côté et même au delà.

L'épaisseur de ces dalles varie de 30 à 35 millimètres, et le poids du mètre carré, de 75 à 80 kilogrammes.

La vente se fait au poids.

453 HENIUYAUX. — LE VEIWE.

Verre perforé. — M. Emile Trélat a pensé que des vilres qui, en même temps qu'elles laisseraient passer la lumière pourraient distribuer l'aii nécessaire à la ventilation dans un état de division et d'épanouissement suffisant, seraient préférables aux appareils de ventilation très imparfaits employés généralement dans les endroits publics, les hôpitaux, etc., puisque, par suite de leur transparence même et des nettoyages obligés auxquels on doit les soumettre, elles seraient dans les meilleures conditions pour assurer leur bon fonctionnement et leur efficacité.

M. Charles Herscher, ingénieur-constructeur, se faisant l'écho des desiderata de M. Emile Trélat, s'est chargé de leur exécution et s'est adressé à MM. Appert, pour leur fabrication.

MM. Appert ont pensé à faire les trous dans le verre en même temps que la feuille de verre elle-même, et en opérant par coulage et moulage.

On verse le verre liquide sur une table en métal à la surface de laquelle on a ménagé des parties en relief ayant la forme et l'espacement des trous que l'on veut obtenir; on exerce sur le flot de verre une pression suffisante pour l'amener à l'épaisseur voulue, déterminée par des règles de la hauteur nécessaire.

La pression peut être obtenue par un rouleau ou par une presse à mouler ïq verre, employée communément en verrerie.

Les verres sont généralement obtenus sous une pression de 50 kilogrammes par centimètre carré.

Au moment du moulage, les saillies qui doivent former les trous sont submergées par le verre liquide qui y a été versé; aussi, une fois le moulage terminé, les saillies du moule sont-elles recouvertes d'une mince couche de verre qui bouche les trous sur une de ses faces.

Cette couche de verre, dont on détermine l'épaisseur par la saillie des petits troncs de cône de la table, a une épaisseur d'un cinquième de millimètre environ et on peut en opérer le débouchage de plusieurs façons, soit au jet de sable, soit en la rongeant par l'acide fluorhydrique, soit par un for^t tournant avec rapidité.

Ce dernier moyen est le plus expéditif : avec un foret de section hexagonale tournant avec une vitesse de 700 à 800 tours par minute, une ouvrière peut déboucher 2.000 à 2.400 trous à l'heure.

Cet ensemble de procédés a permis de diminuer les frais de fabrication de ce verre et de le livrer au commerce à un prix suffisamment réduit pour en permettre l'emploi d'une façon très générale.

Ce verre peut être poli sur une ou deux faces par un procédé analogue à celui employé pour le polissage des glaces.

Dans les locaux où une ventilation permanente serait gênante, on met derrière le verre perforé un verre plein, monté dans un châssis mobile qu'on ferme à volonté.

Un petit dispositif très simple imaginé par MM. Genest et Herscher permet, au moyen d'une tringle coudée, de fermer ou d'ouvrir ce châssis avec la plus grande facilité.

On peut encore superposer deux feuilles de verre perforé, et, par un faible

HKNMVAl'X. — LE VERRE. 457

mouvement de translation de Tune d'elles, égal au diamètre d'un trou, faire coin ider les trous des deux feuilles de verre, et produire la ventilation, qu'on interrompt par le mouvement contraire.

Ces verres sont employés pour la ventilation dans un grand nombre d'endroits : tels que hôpitaux, salles d'étude, des lycées et écoles, ateliers et filatures, cabinets d'aisances, écuries, etc. Ce verre peut servir pour d'autres usages : tels que pour clore les ouvertures des garde-manger, pour les tablettes supportant les aliments ou remplaçant avec avantage les toiles métalliques; les mouches ne peuvent pas en effet passer par ces trous de 3 millimètres.

Il peut servir aussi pour des filtrations et des tamisages.

Une des grandes améliorations .apportées à l'hygiène des habitations, il y a quelques trois cents ans, a été l'emploi du verre pour clore les fenêtres, permettant ainsi de faire entrer en abondance l'agent d'oxydation par excellence : la lumière. L'emploi judicieux des vitres perforées en augmentera encore les bienfaits, puisqu'il donne la faculté d'introduire simultanément dans la pièce d'habitation ces deux éléments indispensables à l'existence humaine et à son entretien : l'air et la lumière.

Verre grillagé. — Nous terminerons ce qui a trait au verre coulé, en d )nnant la description du mode de fabrication d'un verre spécial dit verre grillagé. Ce verre est obtenu par l'insertion d'un réseau métallique dans l'épaisseur d'une feuille de verre.

11 est inutile d'insister ici sur les avantages qu'on pourra retirer de l'emploi de ce verre dans la construction.

L'existence d'un réseau métallique supprime tout danger qui pourrait résulter de la rupture du verre en assurant une liaison qui subsiste après rupture entre toutes les parties de la feuille de verre. Dans les grandes constructions : ateliers, halles, gares de chemins de ter, on a toujours à ménager d'immenses verrières dont les vitres sont exposées à de multiples causes de bris. Ces verrières étaient construites en feuilles épaisses tle verre coulé, ce qui leur donnait beaucoup de solidité, mais exposait en même temps à des accidents plus graves.

Quelquefois on a recours à des toiles métalliques disposées sous les verrières; mais, outre que les frais de pose se trouvent être notablement augmentés, on doit reconnaître que, par suite des altérations auxquelles ces toiles métalliques sont exposées, elles deviennent rapidement inefficaces.

Dans le cas de la toile noyée dans le verre, cet inconvénient n'existe plus, car elle se conserve intacte, et est toujours en mesure de jouer efficacement un rôle protecteur.

Les essais qui ont été tentés, en 1886, par MM. Bécoulet et Bellet, en 18(J2, par M. Schumann,"et antérieurement par un grand nombre d'inventeurs ne donnent satisfaction que d'une façon incomplète.

Pour satisfaire aux diverses conditions qu'exige la fabrication de ce genre de verre, le procédé à mettre en œuvre doit :

1° Permettre d'introduire le réseau métallique dans la pâte du verre d'une

BENRIVACX. — LE VERRE.

façon complète et régulière et à la distance des surfaces de la feuille fabriquée, qu'on fixera à l'avance;

2° Permettre d'employer des réseaux à fils aussi ténus et aussi écartés que possible, en un mot juste suffisant pour répondre aux conditions de sécurité demandées, tout en évitant de diminuer la transparence du verre et de nuire à sa solidité.

Le nouveau procédé imaginé par M. Appert est caractérisé par la superpo-

Fie. 269 et 270.

Fig. 271, 272 et 273.

silion de deux feuilles de verre parfaitement soudées et amalgamées ensemble au moment même de leur laminage et entre lesquelles le réseau métallique, convenablement préparé, a été introduit simultanément au coulage des deux couchos de verre.

C'est cette simultanéité du coulage et de l'interposition du réseau métallique qui caractérise le nouveau procédé.

Deux dispositifs de machine peuvent être adoptés pour sa mise en œuvre :

HENRIVAUX. — LE VERRE. 45»

ou bien l'appareil lamineur est fixe et la table mobile, ou bien l'appareil lamineur se déplace au-dessus de la table fixe.

Dans l'un et l'autre cas, le réseau métallique préparé de longueur et largeur égales ou mieux inférieures à celles de la feuille de verre à fabriquer est fixe sur un rouleau A placé au-dessus des appareils de laminage, et dispositifs de machine. Une des deux extrémités du réseau métallique est représenté aux figures (269 à 273) qui donnent une vue schématique des deux attaché provisoirement et pour la durée du temps de laminage, à l'extrémité de la table de coulage T.

Ce réseau est soutenu à la hauteur convenable par une règle r qui la maintient à une distance voulue de la table, égale à l'épaisseur de la première couche de verre.

Entre ce rouleau A et le point d'attache a, le réseau métallique vient s'appliquer sur un deuxième rouleau B qui est porté sur la table en fonte par l'intermédiaire de deux règles en acier 1 et 2, ou bien sur deux rondelles 3 et 4 formant frettes à ses deux extrémités. Les règles ou les rondelles sont d'épaisseur égale à l'épaisseur que devra posséder la deuxième couche de verre. Enfin, derrière ce rouleau B, parallèlement à lui et pouvant se déplacer dans le même sens, on voit un troisième rouleau qui s'appuie sur la table par l'intermédiaire de deux règles ou de deux frettes ayant l'épaisseur définitive que la feuille doit avoir une fois terminée.

La distance qui sépare le rouleau B du rouleau C doit pouvoir varier, suivant la nature du verre employé et l'épaisseur de la feuille à fabriquer. Elle doit être telle que le versage d'une poche de verre ou d'un creuset puisse être effectué sans difficulté.

Une fois bien arrêtée, cette distance doit rester invariable pendant le cours de la fabrication.

Voici comment fonctionne l'appareil, suivant que la table est mobile et les rouleaux fixes ou suivant que la table est fixe et les rouleaux mobiles

Premier cas. — La table est mobile.

Dans ce cas, la table est portée sur des galets 5 roulant sur des rails 6 convenablement écartés; les rouleaux B et G sont traversés par des arbres 7 dont les fusées tournent dans des coussinets 8 glissant eux-mêmes dans des cages en fonte 9 portées sur un bâti K fixé dans le sol ; des ressorts ou vis 10 agissant sur les coussinets permettent aux rouleaux d'exercer la pression voulue sur le verre au moment du laminage. La cage portant les coussinets du rouleau C peut être éloignée ou rapprochée à volonté de la cage du rouleau B; de plus, deux pignons P montés sur les arbres engrènent avec deu: crémaillères R placées longitudinalement à la table de manière à être entrain é: par elle au moment de sa translation.

Enfin, un quatrième rouleau D ayant la même vitesse que le rouleau B est placé au-dessus de lui, il est destiné à entraîner le réseau métallique et en même temps à l'étendre transversalement.

Pour obtenir ce résultat, la surface de ce rouleau présente la forme d'un rouleau de carde, c'est-à-dire qu'elle est garnie de saillies dans lesquelles les

430 IIENRIVAUX. — LE VERRE.

fils peuvent se prendre momentanément; de plus, le rouleau étant en forme de tonneau, le réseau tend continuellement à s'écarter et à s'élargir. Pour maintenir la tension du réseau métallique, il est. bon de munir le rouleau A, sur lequel il est enroulé, d'un système de frein quelconque permettant d'éviter son entraînement, ou de régler à volonté sa vitesse, ainsi qu'il est représenté schéraatiquement à la figure 6.

On procède à la fabrication d'une feuille de verre grillagé de la façon suivante :

Le réseau métallique ayant été attaché à la table par des fils aussi fins que possible, on coule le verre de la manière ordinaire au moyen d'une poche ou d'un creuset qui déverse le verre sur la table T, en b devant le rouleau B, puis on donne le mouvement à la table. Le réseau actionné tangentiellement au rouleau B se soude avec le verre qui se lamine en même temps sous ce rouleau, tout en restant à la surface de la feuille de verre; puis, dès quo l'opération est commencée, on verse une nouvelle quantité de verre fondu en c derrière le rouleau B et en avant du rouleau c. Cette nouvelle masse do verre se lamine à son tour sur l'autre et, en se soudant avec elle, forme la feuille de verre qui est ainsi terminée à ses dimensions définitives.

Deuxième cas. — La table est fixe et les rouleaux sont mobiles.

On verse comme précédemment le verre fondu en b devant le rouleau B, et on met en mouvement le bâti portant les rouleaux B et C; aussitôt après, on verse une nouvelle quantité de verre en c devant le rouleau G, qui se trouve être laminée et soudée comme il a été dit plus haut. Le laminage étant terminé, on coupe vivement avec des ciseaux les fils métalliques qui tiennent le réseau attaché à la table et on laisse la teuille de verre dans un four à recuire où il est procédé à son réchauffage et à sa recuisson comme d'habitude.

L'opération étant terminée, on procède à une deuxième; pour cela on remplace le rouleau A qui est fou sur ses axes par un autre sur lequel un réseau a été enroulé au préalable, on l'attache à la table au point a et on le tend.

On voit que, par l'un ou l'autre des procédés que nous venons de décrire, rien ne s'oppose à ce qu'on obtienne des feuilles de verre de dimensions analogues à celles des feuilles ordinaires fabriquées par laminage.

Ce procédé de fabrication du verre avec réseau métallique intérieur est des plus simples, et ne peut amener qu'une augmentation très faible du prix de revient, augmentation qui sera largement compensée d'ailleurs par les avantages que le verre grillagé présente sur le verre ordinaire

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