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STRASS

En Egypte et en Grèce, l'imitation des pierres précieuses avait déjà atteint une grande perfection. A l'exception de l'opale, on imite maintenant toutes les pierres précieuses et la densité de ces pierres et leur dureté sont à peu près les seuls moyens dont on dispose pour les distinguer des pierres artificielles.

A la fin du siècle dernier, un joaillier du nom de Strass acquit une curieuse renommée pour la fabrication de ces verres riches en plomb auxquels il donna son nom.

Le strass incolore est un verre qui se rapproche du flint-glass par ses propriétés et sa composition. La bijouterie l'emploie pour imiter les diamants. Les matières dont on se sert pour le préparer, doivent être d'une pureté parfaite. Il faut qu'elles soient mélangées aussi intimement que possible, que la fusion se fasse lentement, qu'elle soit prolongée au moins pendant vingt-cinq ou trente heures, et que la masse vitreuse se refroidisse lentement afin qu'elle éprouve un véritable recuit.

M. Donault, qui s'est particulièrement occupé de la fabrication du strass, a proposé les dosages suivants :

Cristal de roche 300 » 300

Sable » 300 »

Minium 470 » 402

Géruse » 514 »

Potasse pure 163 96 168

Borax 22 27 18

Acide arsénieux 1 1 05

Avec le cristal de roche on obtient un strass plus dur que celui obtenu avec le sable; mais ce strass est souvent trop blanc et jette moins de feu que celui qui est légèrement jaune.

Les pierres factices colorées ont le strass pour base ; toutes résultent de ce verre limpide, auquel on ajoute de faibles quantités d'oxydes métalliques. Ce strass incolore est un borosilicate de potasse et de plomb, qui contient plus de plomb que le flint-glass, et auquel M. Donault- Wieland a trouvé la composition:

Silice 38,1

Alumine 1,0

Oxyde de plomb 53,0

Potasse 7,9

Borax 7

Acide arsénieux ) traces*

HENRIVÀUX. — LE VERRE. 623

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