ACTION DE LA CUALEUR
On a depuis longtemps constaté que si l'on associe deux silicates et qu'on soumette ce mélange à l'action de la chaleur, la fusion se produit à une température inférieure à celle qui correspond à la fusion du silicate le plus fusible.
Les silicates se comportent donc comme les mélanges de sels, et on trouve là encore une confirmation de la loi de Berthier, savoir qu'un mélange de sels est généralement plus fusible que les sels qui le composent.
Cette constatation a son importance, et elle explique la tendance qu'ont les Terriers à donner à leurs produits une nature complexe; la fusion étant plus facilement obtenue, il en résulte une moindre dépense de combustible; comme, d'autre part, on constate que la présence de bases multiples contribue à donner au verre une stabilité plus grande et permet de le travailler avec plus de facilité, cette pratique ne peut être trop recommandé dans tous les cas où la nature du verre à fabriquer le permet.
Larmes bataviques. Trempe du verre. — Le verre est mauvais conducteur de la chaleur: refroidi brusquement, il se brise, de là la nécessité de recuire toutes les pièces après leur fabrication. Le verre, soumis à l'action de la chaleur, se ramollit et passe par tous les degrés de plasticité possibles avant d'arriver à la fusion complète.
Le verre conduit mal la chaleur et l'électricité. Lorsqu'on le chauffe en un seul point, il se brise en éclats it réguliers : c'est ce qui a lieu quand on verse un liquide chaud dans un vase de verre à parois épaisses; mais si le verre est mince, il s'échauffe rapidement dans toute sa masse, et la dilatation se produit assez également pour que la rupture n'ait pas lieu. Dans les laboratoires on se
10° Parmi les sels, les plus actifs (ceux dont l'action est supérieure à celle de l'eau) sont ceux dont l'acide forme des sels de chaux insolubles. Pour ceux-ci, l'action augmente avec la concentration.
Silicates à plusieurs bases. — Les silicates mulliples peuvent être considérés, au point de vue théorique, de plusieurs manières différentes. On peut admettre que l'acide silicique est un acide polybasique, et qu'il forme des combinaisons définies, dans lesquelles peuvent entrer des proportions indéterminées de plusieurs oxydes, le rapport de la somme du poids île l'oxygène que renferment les bases à l'oxygène contenu d\ns l'acide étant seul assujetti à des règles fixes; cette explication s'applique à tous les silicates à plusieurs bases, dont la composition e»t représentée par des formules assez simples. On peut admettre aussi que les silicates, de composition définie, se mélangeant irrégulièiement, produisent des substances complexes, dont la composition parait anormale tant qu'on ne parvient pas à distinguer la nature des mélanges.
Lorsque les silicates en fusion sont placés dans des circonstances telles que leur refroidissement se fasse avec une grande lenteur, il se produit des cristaux souvent très nets, dont la formation indique qu'il se sépare de la masse fondue des composés parfaitement définis; mais ces cristaux, en prenant naissance au sein d'un liquide complexe, englobent nécessairement une partie des composés encore liquides, en sorte que leur analyse ne peut pas ordinairement donner la composition du silicate qui s'est séparé par cristallisation.
Fusibilité. — Les silicates à deux ou à plusieurs bases sont en général fusibles à une température élevée, à moins qu'ils ne renferment un trop grand excès d'acide silicique ou d'oxydes infusibles. Ils entrent même plus facilement en fusion que les silicates simples, de composition correspondante, que peuvent former les divers oxydes. Les bases qui sont les plus fondantes sont toujours les alcalis, l'oxyde de plomb, l'oxyde de bismuth, les protoxydes de fer, de manganèse, de cobalt, l'oxydule de cuivre. Tous les silicates mulliples qui en renferment une certaine proportion entrent facilement en fusion, à moins qu'ils ne contiennent, à l'état de mélange, une quantité considéiable d'oxydes infusibles non combinés avec l'acide silicique.
Les silicates doublas ou multiples, qui sont formés par des bases infusibles par elles-mêmes, et incapables de donner des sels simples fusibles, peuvent en général fondre complètement à une température élevée, pourvu que la proportion de l'acide et des bases soit comprise entre certaines limites. Ainsi, par exemple, les silicates simples de chaux, de magnésie, d'alumine, de peroxyde de fer, sont à peine ramollissables, ou du moins très difficilement fusibles aux températures les plus élevées qu'on puisse produire dans les fourneaux des laboratoires et des usines; les silicates doubles d'alumine et de chaux, d'alumine et de magnésie, de peroxyde de fer, de chaux ou de magnésie, de chaux et de magnésie, fondent parfaitement dans les hauts fourneaux, dans les réverbères et dans les fours employés aux laboratoires pour les essais de fer. Les silicates triples d'alumine, de chaux et de magnésie, fondent plus aisément encore que les silicates doubles; il faut observer que dans ces composés un excès
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d'alumine enlève beaucoup de la fusibilité; il serait impossible d'obtenir la fusion parfaite des silicates de chaux ou de magnésie et d'alumine contenant 30 pour 100 de cette dernière base.
Oo ne parvient à dissoudre complètement dans l'eau aucun silicate multiple renfermant d'autres bases que les alcalis; l'eau n'exerce aucune action remarquable sur les silicates qui ne contiennent pas d'oxyde soluble, mais l'eau décompose lentement ou rapidement tous les silicates qui renferment des alcalis.
Tous les silicates dans lesquels l'acide silicique est combiné avec une proportion un peu forte d'oxydes sont rapidement décomposés par l'acide azotique, et plus facilement encore par l'acide chlorhydrique. Les silicates inattaquables sont ceux dans lesquels l'acide silicique est en excès: delà on est conduit à chauffer fortement les silicates peu attaquables aux acides avec une certaine quantité d'une base énergique, dans le but de combiner l'acide silicique avec une proportion plus grande d'oxydes, telle que les nouveaux composés puissent être attaqués facilement par les acides.
Les oxydes ordinairement employés dans ce but sont : la potasse, la soude, la baryte, la chaux, l'oxyde de plomb; on se sert aussi des carbonates alcalins, du carbonate de baryte, du carbonate de chaux, du carbonate de plomb.