FABRICATION DES VERRES COLORÉS PAR DOUBLAGE
Actuellement le procédé du doublage s'applique aux verres colorés, même lorsque ces verres peuvent être obtenus à l'état massif. Pour les verres transparents, les colorations les plus usuelles sont : le rouge rubis (à l'or ou au cuivre), le jaune (à l'argent ou mieux au sulfure de cadmium), le rouge orangé, le bleu clair et le bleu foncé, le vert et enfin le violet. Le choix des colorations est encore plus riche lorsqu'il s'agit des verres opaques (verre opale, verre d'albâtre, etc.), car la composition même de ces verres permet de varier les nuances à l'infini. Outre le verre-émail blanc, nous connaissons le verre jaune orangé, jaune citron, rose, violet, bleu et vert.
Les verres colorés que l'on emploie ainsi au doublage des verres transparents ou opaques font l'objet d'une fabrication spéciale dans quelques usines d'Allemagne et d'Autriche et sont livrés dans le commerce sous forme de blocs.
Ce travail du doublage est une opération extrêmement délicate qui exige avant tout des ouvriers expérimentés. Les différents verres ne présentant aucune coloration à l'état fondu, il est essentiel que l'emplacement de chaque
creuset soit bien déterminé à l'avance. De plus, on conçoit l'importance qu il faut attacher à la qualité des creusets de fusion. Leur rupture, qui n'a pas grande importance dans le cas de cristal ordinaire, présente au contraire de graves inconvénients lorsqu'il s'agit de verres de couleur.
Les verres colorés que l'on emploie au doublage doivent être de teinte très pure et uniforme. Ils doivent être exempts de stries, de bulles et de soufflures, car ces défauts risquent de se retrouver, parfois même d'une façon ph|S accentuée, dans l'enduit final. Enfin les différents verres que l'on appK<lue
les uns sur les autres doivent avoir les mêmes coefficients de dilatation et d'élasticité, afin de prévenir toute rupture soit pendant le refroidissement, soit pendant le travail du verre à froid. Ce dernier point devient très difficile à réaliser lorsqu'on superpose jusqu'à trois et quatre couches de verres différents.
Il y a lieu de distinguer le doublage simple du doublage multiple. Dans le premier cas, l'ouvrier commence par souffler une ampoule de verre blanc qu'il teinte ensuite en la plongeant dans le verre coloré. En général, cette ampoule colorée est plongée une seconde fois dans un creuset à verre blanc, en sorte que l'enduit coloré se trouve emprisonné entre deux couches de verre incolore. Comme nous l'avons déjà dit, ce travail est extrêmement délicat en raison des difficultés que l'on éprouve à obtenir des couches d'épaisseur uniforme sur toute la surface de l'objet. Aussi lui a-t-on substitué dans bien des cas un autre procédé qui consiste en ceci : on commence par souffler une ampoule en se servant du verre coloré qui doit former l'enveloppe extérieure; puis, au moyen de cette ampoule, on façonne le récipient que Ton cherche à produire. A l'intérieur de ce récipient on souffle alors une seconde ampoule en se servant du verre coloré qui doit former l'enveloppe intérieure et finalement on travaille le tout d'après les procédés ordinaires. En suivant cette méthode, on peut arriver à superposer beaucoup plus facilement différentes teintes. Extérieurement on commence toujours par une couche de verre incolore et transparent. A l'intérieur, les différentes couches colorées sont recouvertes d'un verre-émail opaque, et finalement d'un verre transparent coloré, vert, bleu, jaune ou rose.
Nous donnerons maintenant quelques détails sur la composition de ces différents verres.
Les anciens verres-émaux, composés de matières premières bien blanches et plombeuses, étaient rendus opaques au moyen d'oxyde de zinc. Plus tard, l'opacité a été obtenue au moyen de phosphate de chaux ou de cryolithe, et c'est encore à ces substances qu'on s'adresse aujourd'hui. Toutefois, pour obtenir des produits plus purs et une opacité plus parfaite, on leur mélange actuellement une forte proportion d'acide arsénieux. Outre que cette substance communique au verre une teinte laiteuse d'un effet très agréable, les vapeurs d'acide arsénieux qui se dégagent pendant toute la durée de la fusion ont pour effet de mélanger intimement la masse fluide, de la purifier et de la rendre parfaitement homogène. Parmi les innombrables formules de compositions pour verres-émaux blancs, nous donnerons les quatre suivantes :