‹ Le verronChapitre 14 sur 56 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Emilie, Lisette, Volmar, Dormeuil.

Volmar {amenant Dormeuil).

Venez, venez, Madame est visible.

Lisette {à Emilie).

Tenez, les voilà tous deux.

Volmar {il dépose sur la table son chapeau, des papiers, et son portefeuille. On se salue).

Bonjour mon Emilie (// P embrasse). Je t'amène notre ami Dormeuil; il voulait sortir, voyant que j'avais à faire, mais j'ai cru que le laissant près de toi, il m'excuserait de le quitter.

Dormeuil.

Madame ne me pardonnera peut-être pas aussi volontiers d'avoir accepté.

Emilie.

Rien de ce qui plaît à mon mari, Monsieur, ne peut m'être désagréable.

VOLMAR

Des compliments ! c'est l'usage. Mais dis-moi, Emilie, comment s'est passé le reste de la soirée ?

Emilie.

Fort bien ! Le bal était délicieux, et la société des mieux choisies.

Dormeuil.

Madame en faisait le plus bel ornement.

Volmar.

Croiriez-vous mon ami, que rentrée à trois heures, Emilie soit sortie ce matin avant huit heures ?

Vous Pavez su ?.. .

Volmar.

Je t'ai vu de mes fenêtres traverser la cour. Tu as fort bien fait. La promenade du matin vaut mieux que les jeux et les bals de la nuit.

Emilie.

Est-ce que vous désaprouvez ces amusements ?

Volmar.

Point du tout. Ces réunions brillantes qui fatiguent nous font trouver du charme dans les plaisirs

paisibles, mais un peu monotones d'un petit comité. A ton âge j'en usais comme toi, mais avec bien moins de réserve; la légèreté, les étourderies d'un jeune homme ne font pas la même impression que celle d'une femme dans un monde qui juge des choses bien plus souvent sur les apparences que sur la réalité. {Il tire sa montré). Déjà midi. J'oubliais près de vous que j'ai destiné cette matinée à des gens d'affaires, personnages fort peu amusants, et dont on ne se débarasse pas toujours aussi promptement qu'on le voudrait. Dormeuil nous dînons ensemble. Peut-être bien vous amenerai-je quelque convives de bonne humeur. Je suis dans mon jour de gaîté !

Emilie (à part à Lisette).

Lisette ! tu l'entends.

Volmar.

A revoir ma bonne amie, sans rancune. .

(77 salue Dormeuil de la main, reprend son chapeau et ses papiers, et oublie le portefeuille. Il sort. Lisette sort un moment après lui. )

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